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septembre 4, 2016 - 11:00 No Comments

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Rupture de stock de Sinemet

décembre 5, 2018 - 12:08 No Comments

À l’attention des professionnels de santé en manque d’informations et … des patients ne pouvant plus avoir du Sinemet (antiparkinsonien)

Étant donné que je viens de constater qu’une neurologue demandait à ses collègues sur les réseaux sociaux quelle dose de Modopar donner en remplacement du Sinemet (c’est flippant n’est-ce pas ?), je me dis que le mieux est que les patients soient aussi informés ;)

=> cliquer sur le lien ci-dessous

Rupture de stock de Sinemet : recommandations de l’ANSM

Mouvement du cormoran vs bavage parkinsonien

décembre 2, 2018 - 8:08 No Comments

Comment définir l’hypersialorrhée parkinsonienne ?

Même si nous parlons d’hypersialorrhée dans la maladie de Parkinson, il faut savoir qu’en dehors de l’effet éventuel de certains médicaments, ce n’est pas dû à une trop grande production de salive mais par une diminution de la capacité à déglutir.
La fréquence et surtout l’efficacité de déglutition peuvent être largement altérées dans la maladie de Parkinson du fait d’un enrayement dans le circuit extrapyramidal (mouvements automatisés).

Que faire ?

Pour compenser le manque d’efficacité extrapyramidal, il faut se servir du circuit pyramidal (mouvement volontaire) qui, lui, passe par le cortex et peut garder une meilleure efficacité en cas de MPI. Oui, on dit bien que « le parkinsonien doit penser son geste ». C’est dur à vivre mais c’est ainsi.

L’aide de l’orthophoniste

En séances d’orthophonie, plein de mouvements sont possibles. Il faut juste que l’orthophoniste garde la cible de compensation d’un mouvement automatisé inefficace.

Ne pas oublier aussi de tonifier le lingual supérieur car, si le patient a toujours eu une déglutition atypique, c’est d’autant plus difficile d’améliorer la déglutition.

Le « mouvement du cormoran »

Comme je ne vis pas loin de mer, j’ai observé comment les cormorans déglutissaient de gros poissons.

Je demande donc à mes patients souffrant de trouble de la déglutition d’appliquer un mouvement volontaire que j’ai appelé : le « mouvement du cormoran ». Il vaut ce qu’il vaut mais au-moins le trop plein de salive dans la bouche peut être évacué.

Pour en savoir plus, allez voir ces deux rapports très bien rédigés par l’auteur Jean-Pierre Lagadec que j’ai félicité au passage car je n’aurais pas mieux fait :

Le mouvement du cormoran (gp29)

Les dysphagies parkinsoniennes (gp29)

Que dire des techniques radicales utilisées par certains médecins ?

Pour diminuer l’hypersialorrhée, certains médecins ont recours à des techniques radicales : toxine botulique, atropine, allopathie en tous genres, cryothérapie, etc. (*) C’est logique me direz-vous car ils ont été surtout formés dans ce sens (les mauvaises langues diraient formatés dans ce sens). Mais, si je m’adresse aux orthophonistes (et autres professionnels chargés d’améliorer la dynamique de la sphère haute), je dois dire qu’ils ne faut pas qu’ils se laissent berner par certains miroirs aux l’alouettes provoquant souvent des effets secondaires tels que sècheresse de la bouche plus problématique. Si la nature a prévu de nous mettre de la salive dans la bouche, ce n’est pas pour rien, screugneugneu !

(*) Ces techniques médicales radicales me font penser à ce que j’ai pu vivre à Montréal il y a quelques années. J’avais subi quelques jours auparavant des températures négatives extrêmes (jusqu’à – 46 ºC de température éolienne à Québec en janvier, une exception semble-t-il). Je suis allé dans une pharmacie comme on en fait qu’en Amérique du Nord. L’asiatique qui tenait la boutique m’a donné un médicament qui, dès la première prise (et du coup la dernière) m’avait stoppé l’écoulement nasal pourtant si bénéfique pour nettoyer le nez. Je ne vous souhaite pas d’avoir le nez complètement sec sous température négative extrême. C’est du béton !

Comment agir avec un enfant tyran ?

novembre 26, 2018 - 2:59 No Comments

1 – Préambule

Dans le but de constituer un dossier sur le sujet, le journal Ouest-France me propose de répondre à la question suivante :
« comment agissez-vous avec un enfant tyran ? »

…. Un sujet intéressant et bien dans l’air du temps car il semblerait que ce genre d’enfants soient plus nombreux que par le passé.

Si je m’appuie sur mon expérience professionnelle, je ne peux que le confirmer. Je rencontre depuis une bonne quinzaine d’années davantage d’enfants tyrans (et aussi d’enfants rois).

2 – Comment expliquer l’augmentation du nombre d’enfants tyrans ?

Chacun peut développer sa théorie pour tenter d’expliquer le phénomène. Ce n’est pas si simple mais il faut au-moins observer les éléments suivants :

A – La modification des interactions sociales

Certains professionnels s’appuient exclusivement sur le changement social. Il est vrai que l’enfant actuel est bombardé de sollicitations diverses bien plus que par le passé à partir de supports nombreux, variés et surtout chacun peut se servir à sa guise ce qui est nouveau (d’où les expressions nouvelles de « zapping », de « chat », de « e-commerce », etc.).

La « génération bouton »

C’est ainsi que j’ai toujours appelé la génération Y (celle qui est née entre 1980 et 2000) car elle a grandi avec un environnement de boutons sur des supports variés permettant d’accéder à tout et n’importe quoi. C’est la génération de mes propres enfants. Ce sont eux qui m’ont appris à bidouiller avec les boutons du clavier d’un ordinateur et autres appareils plus ou moins complexes sans trop chercher à réfléchir et surtout sans lire une notice pour sortir d’une impasse.

La « génération slide »

J’appelle ainsi la génération Z actuelle car non seulement elle accède à sa guise mais en plus elle zappe, elle peut passer facilement à autre chose d’un coup de doigt sur un écran, d’un claquement de doigt en somme.

L’accès facile à de nouvelles données est telle qu’en cas de problème (beaucoup moins fréquent qu’au début de l’avènement des nouvelles technologies), c’est le drame et l’incompréhension car cette génération Z est moins conditionnée aux erreurs et frustrations.

L’occupation devient hyperactive, interactive et variée sur de nombreux supports ce qui n’empêche pas, par ambivalence, la fixation monothématique jusqu’à plus d’heure sur un écran pour naviguer, jouer ou dialoguer…

Cependant cette nouvelle génération ne crée pas pour autant exclusivement une population réagissant mal aux frustrations. La jeunesse actuelle n’est pas pour autant exclusivement constituées d’enfants ayant développé des mauvais penchants pour devenir tyrans, rois ou je ne sais quoi encore. Il faut chercher aussi d’autres raisons à la multiplication de ces travers comportementaux :

B – La modification du modèle parental

Il ne faut pas oublier qu’une personne construit sa personnalité à travers le regard des autres, l’enfant à travers notamment le regard des personnes chargées affectivement, donc au premier chef de ses parents.

Au long de ma vie professionnelle, j’ai pu observer un réel changement dans l’organigramme familial.

Pour se construire harmonieusement, l’enfant doit logiquement trouver en face de lui une charge affective à la fois maternante et paternante. C’est dans ce cadre qu’il pourra s’adapter au monde qui l’entoure. De plus, il ne faut pas oublier que, quand le cadre est bien tracé, l’enfant se sent en sécurité à l’intérieur et développe moins d’angoisse car il peut beaucoup plus facilement repérer son champ de liberté et les limites. Pour cela, il faut donc lui laisser une liberté à l’intérieur du cadre de vie, lui créer en quelle sorte une forme de « forteresse dorée » (pour ne pas dire « prison dorée ») sécurisante et adaptée au monde qui l’entoure.

Le partage des rôles parentaux s’équilibre le plus souvent de la manière suivante : la mère est surtout maternante mais aussi paternante et le père surtout paternant mais aussi maternant. Bien évidemment, en cas de rôles inversés ou en présence de parents du même sexe ou encore dans une famille monoparentale, l’équilibre est tout aussi possible mais à la seule condition qu’il y ait à la fois un regard maternant et paternant sur l’enfant.

Or, ces derniers temps, dans notre société occidentale, l’image du père s’est modifiée, une évolution qui fait sans doute écho à l’émancipation de la femme et de la mère. C’est logique. Mais ce glissement conduit certains pères à l’abandon de leur rôle paternant. Le pire est quand ils ne savent pas comment agir ou s’installent dans l’ombre de la mère qui arrivent alors à dire une phrase du style : « pourtant, je l’ai dit à mon mari qu’il doit agir de cette façon ! » .
Je peux comprendre qu’une mère puisse s’exprimer ainsi dans mon bureau pour analyser ensemble la situation, mais lorsque c’est dit devant l’enfant, on est garanti que l’autorité paternelle se trouve particulièrement fragilisée. De plus, quand on connaît un peu la psychologie de l’homme et le point de vue psychanalytique, on se dit qu’il y a un sacré malaise.

Je n’entendais jamais ce genre de choses il y a trente ou quarante ans. On ne se permettait pas de mettre en cause l’autorité du père. Je ne dis pas que c’était mieux avant mais au-moins l’enfant ne risquait pas de sortir du cadre de son statut d’enfant.

L’un de mes professeurs de psychiatrie, le Dr Bruno Castets, disait que si l’enfant voit un désaccord du couple dans la conduite à tenir pour son éducation, il s’engouffre dans la faille (ce mot étant le titre de l’un de ses livres) ce qui le met dans une position de force. Et c’est ainsi qu’il peut devenir un parfait tyran (l’homophone « tirant » pourrait ici aussi convenir car l’enfant tire les ficelles comme bon lui semble et déstabilise d’autant plus les parents puisqu’ils n’accordent pas bien leurs violons).

Il y a trente ou quarante ans j’entendais plutôt certaines mères dire à leur enfant : « arrête, sinon je vais le dire à ton père ! »
Ce n’était pas mieux car elle détruisaient leurs propres capacités paternantes mais au-moins un cadre d’autorité était observé.

Que faire ?

Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière face au même type de communication. Il faut donc s’adapter, trouver la bonne façon d’agir pour les amener à avoir un comportement adapté.

Les grandes lignes d’attitude face à l’enfant qui se comporte comme un tyran doivent être connues. Pour le reste, il ne faut pas chercher une recette mais s’adapter à chaque cas particulier.

L’enfant quel qu’il soit a construit au fil du temps une mémoire de communication chargée de souvenirs positifs et négatifs. Il agit et réagit en fonction de cette mémoire et de l’interlocuteur. C’est ce qui fait la complexité et l’intérêt de toute forme de communication. C’est ce qui me passionne aussi professionnellement parce que ce n’est pas simple.

Dans une interaction, il y a au-moins deux acteurs et chacun ne sait pas à l’avance comment l’autre va se comporter. C’est aussi pourquoi nous communiquons et y trouvons un intérêt. Nous allons chercher chez l’autre ses réactions. Et comme le disait Paul Watzlawick : « on ne peut pas ne pas communiquer« . Même le silence est une façon de répondre. Il faut s’adapter à chaque personne et à chaque instant. Or, en dehors des professionnels dans ce domaine, ce n’est pas appris à l’école. Alors chacun agit et réagit en fonction de sa personnalité, de ses impressions, de son histoire, de son statut, de son environnement, de ses lectures (pas toujours d’un niveau suffisant ou réductrices), etc.

L’enfant n’est pas un ange

Tout d’abord, il faut savoir qu’un enfant n’est pas un ange et qu’il ne doit pas l’être si nous voulons qu’il soit adapté au monde. Freud voyait l’enfant comme un « pervers polymorphe » , non pas comme un sujet malsain mais comme quelqu’un qui cherche à se satisfaire pour pouvoir exister. Sa personnalité doit en fait s’affirmer au fil du temps mais dans le respect mutuel.

Un enfant qui se présente comme un tyran doit saisir en premier lieu qu’on cherche à le respecter mais qu’il doit agir de même. On peut espérer qu’il pourra avancer dans ce sens par effet miroir.
Et vous pensez bien que, dans mon approche thérapeutique, si je suis devant un couple de parents qui n’est pas en harmonie au niveau des conduites à tenir par rapport à l’éducation, je cherche à les rencontrer tous les deux pour mettre en place une cohérence. Je leur dis alors que leur enfant doit être devant trois personnes : deux personnes physiques (le père et la mère avec leur personnalité propre qui doit être respecté) et une personne morale (le couple qui doit être cohérent). Un enfant peut être plus facilement tyran devant une personne physique que devant une personne morale cohérente qui insuffle la notion de respect mutuel.

La place du père

Il me faut souvent faire des ronds de jambes pour amener le père à prendre conscience de son rôle très important face à son enfant tyran. Il peut être d’abord sur la défensive, ce qui est logique car il a peur de perdre encore plus son image de père garant de stabilité. Il me faut d’abord le rassurer pour montrer que le but n’est pas de pointer du doigt des erreurs du passé mais de construire le présent et l’avenir, de donner de l’importance au père. Quand on connaît un peu la psychologie de l’homme, lui donner de l’importance le glorifie. En tant que soignant, nous pouvons partir de ce précepte pour l’amener développer les meilleurs attitudes face à l’enfant.

Ne pas oublier que l’enfant a un besoin vital de reconnaissance. Il ne peut vivre sans rapports affectifs, bons ou mauvais, peu importe. Il met tout dans le même panier. Or, un enfant tyran prend toute la place dans la famille. Ses mauvais comportements sont systématiquement pointés du doigt. C’est ainsi qu’il est reconnu et là, il l’est parfaitement. Il ne peut et ne veut surtout pas s’en défaire de peur de ne plus être reconnu. Conscient de cet état de fait, les parents peuvent apprendre à inverser la donne en se désintéressant des mauvais travers de l’enfant et en s’intéressant aux bons.

Il ne s’agit pas de rejeter l’enfant mais de rejeter certains de ses comportements, une nuance essentielle.

Conclusion

Ce n’est pas l’enfant tyran lui-même que nous devons rejeter : ce serait lui donner encore plus d’importance et il risquerait de renforcer encore plus son image de tyran pour pouvoir exister.

Ce n’est que le comportement de tyran que nous devons rejeter, non pas en le combattant mais en nous y désintéressant à partir du moment ou l’on sait que l’enfant est bien informé sur le fait que, si nous rejetons ce genre d’attitude, nous ne le rejetons pas lui-même pour autant.

Pour finir, ne jamais dire qu’un enfant est tyran parce que les parents l’éduquent mal car ce n’est pas toujours vrai. Il y a juste des enfants plus difficiles que d’autres. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des clones, c’est tant mieux et c’est ce qui fait le charme de la communication.

Propos sur la dopamine, l’apomorphine et la morphine

novembre 17, 2018 - 6:15 No Comments

Certains patients souffrant de la maladie de Parkinson portent une pompe à apomorphine, cette molécule étant administrée par voie digestive.

En tant que chercheur et praticien notamment spécialiste en neuro-stimulation, le Professeur Marc Vérin (*) constate qu’actuellement c’est la pompe à apomorphine qui semble la plus efficace quand on a épuisé tous les autres moyens de traitement de la maladie de Parkinson. Il l’explique par le fait que cette molécule a une formule chimique (C17H17NO2·HCl·1/2H2O) proche de la dopamine (C8H11NO2) [et donc de la lévodopa (C9H11NO4) qui en est son précurseur et qui entre dans la composition de médicaments administrés par voie orale (Modopar, Sinemet, Stalevo)].

Finalement l’apomorphine est aussi assez proche de la morphine (C17H19NO3) (**), du moins peut-on imaginer une possible interaction entre les éléments si les deux molécules sont administrées.

Je l’ai expliqué assez récemment à une collègue orthophoniste qui s’étonnait des effets néfastes de la morphine donnée à l’un de ses patients portant une pompe à apomorphine. Je lui ai dit qu’il y avait certainement là un effet détonnant et qu’il fallait sans doute que les médecins se coordonnent par rapport aux prescriptions des uns et des autres sauf si la morphine n’était pas administrée sur le long terme. (N’étant pas un spécialiste dans ce domaine pointu, ce propos est à affiner avec des férus de la pharmacopée).

(*) Le Professeur Marc Vérin est chef du service de neurologie au CHU Pontchaillou de Rennes, spécialiste de la maladie de Parkinson, pratiquant notamment la neuro-stimulation. Il a créé et dirige une unité de recherche unique en France : «Comportement et Noyaux gris Centraux».

(**) En réalité, tout est une question de nuance et de réactions variables selon les porteurs de cette pathologie comme la plupart des produits prescrits et c’est bien le pourquoi chaque patient a son protocole de soin spécifique. Le médecin prescripteur doit apprendre à connaître les effets sur chaque patient pour affiner le traitement. Une tâche souvent ardue évidemment puisque, de plus, la maladie de chacun évolue et de façon particulièrement variable.

Quand le soignant devient médicament

septembre 28, 2018 - 10:18 1 Comment

Comme je viens d’avoir eu vent de la prescription suivante (mais on peut voir fleurir des idées du même style) :

« faire pratiquer en urgence une rééducation orthophonique méthode LSVT 2 séances par semaine »
,

je me demande, du coup, si les génériques sont possibles dans ce cas.

De plus, je pense que le médecin aurait dû au-moins prescrire :

« 2 LSVT/sem à jeun le matin pdt 1 mois »

Ok je sors…

P. S. : En plus, tout le monde sait que cette méthode n’a d’efficacité reconnue que si la dose est de 4/sem…

Purée ! Que faire ? :

C’est simple : refuser la prescription car non conforme à la convention (ça m’arrive et je n’ai jamais eu de médecins refusant de se plier à cette règle).

La prescription doit être la suivante : « bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire ».

Oui, il faut relever la tête et montrer que nous ne sommes pas de simples exécutants mais bien des professionnels au pouvoir diagnostic dans notre domaine et libre dans notre programme pour mener à bien le soin.
Mais il faudrait bien sûr que chaque professionnel tienne le même son de cloche pour que ce genre de dérapage n’existe pas, car il s’agit bien d’un dérapage… de pouvoir.

Certains serait peut-être tenté de dire que je réagis de la sorte parce que je suis un homme dans un monde de femme. Je ne le pense pas car j’en connais certaines qui sont plus virulentes que moi. Mais je constate que ce sont surtout celles qui, comme moi, ont déjà pas mal roulé leur bosse et qui ne se laissent pas démonter.

Encourageons les débutants pour qu’ils aillent dans le même sens dans l’intérêt d’une bonne conduite de soin.

Sans ajout d’additif !

août 21, 2018 - 9:36 No Comments

Ils auraient même dû écrire « sans ajout d’additif ajouté en plus » .
Partiraient-ils du principe que tout le monde ne sait pas ce que veut dire « additif » en oubliant que plus il y a de mots moins l’info est claire.

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J’aime beaucoup aussi les « bla-bla-bla …. conformément à la législation. » C’est sans doute pour se distinguer de ceux qui sont hors la loi ou alors prendrait-on les consommateurs pour des quiches ? Pas faux, pour certains….

Le robot m’a tuer (*) !

juillet 28, 2018 - 10:37 No Comments

Une analyse à partager avec vous chers collègues à qui on fait croire de plus en plus qu’une bonne analyse de situation doit comporter des courbes, des écarts-types et autres échelles de valeur. À partager aussi, par la même occasion, avec les scientifiques de tous poils, les informaticiens et autres branchés sur la pensée binaire.

Ah, ces algorithmes !

Je sens que les algorithmes, sous prétexte de nous faciliter la vie, vont aussi de plus en plus nous semer le trouble car ils peuvent conduire notre pensée sur des chemins que notre conscience n’avait imaginé.

Prenons cet exemple :

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Extrait des Pages Jaunes : j’ai été salarié de cette fondation pendant une dizaine d’années. Vous n’y trouverez rien sur les fondations de constructions, sur la consolidation des sols… pas même sur le traitement sanitaire des terrains ! Elle ne ne se donne pour fonction que le traitement de la santé mentale !

Ah, ces robots !

Il y encore peu d’années les erreurs informatiques correspondaient en réalité à des erreurs humaines mais l’intelligence artificielle se développant, on peut constater que cette « intelligence » prend de plus en plus de liberté jusqu’à programmer elle-même ce que l’homme n’a pas décidé devant sa machine. Si vous pensez que j’exagère, renseignez-vous par exemple sur le « deep learning » …

Récemment une erreur informatique a rayé des tablettes un médecin empêchant le remboursement des soins de tous ses patients et il semble que ce soit la croix et la bannière pour rectifier le tir. Ubuesque, je vous le dis et ce n’est que pour citer un exemple !

Alors bonjour quand les robots prendront le pouvoir puisqu’on en parle de plus en plus. Lorsqu’ils nous enverront une sonde sur Mercure au lieu de l’envoyer sur Mars sous prétexte que les deux mots commencent par la même lettre, on aura de quoi s’inquiéter.

Ah ! Quand l’homme se comporte comme un robot !

Le pire sera quand notre pensée deviendra elle-même algorithmique, robotisée. Je me demande si nous n’en prenons pas le chemin, du moins les analyses de situations sont-elles de plus en plus scientifiques, mathématiques, chiffrées, calibrées jusqu’à la limite du raisonnable, voire jusqu’à en perdre la raison.
Nous passons sous silence de plus en plus l’analyse discursive du sujet (ce sujet pouvant être une personne) pour ne donner que des valeurs mathématiques de l’objet (cet objet pouvant être une personne).
Vous voyez le malaise !

Les raisons de le déraison

Je pense que la raison vient du fait que ce sont les doués en maths qui ont pris le pouvoir depuis seulement la deuxième partie du XXe siècle, plus exactement lors du basculement de la valeur du bac littéraire (le fameux « bac philo ») vers celui du bac scientifique (ancien « maths élem »). C’est en effet à partir de 1968 qu’ont été créées les sections A (philo et lettres), B (économie et social), C (maths et physique) et D (maths et sciences de la nature) et E (maths et technique), insufflant par la même occasion une valeur supérieure aux bacs scientifiques.
Les édiles ont du même coup changé de camp.
Les sections ont changé de nom depuis mais les considérations restent les mêmes : on considère toujours que la crème est au niveau scientifique.

Certains grands penseurs vont même jusqu’à dire que tout est mathématique.
Si c’est vrai, j’aurais tendance à dire que tout dépend de la définition que l’on donne de ce mot car l’inverse est tout aussi vrai. En effet, pour pouvoir proposer un développement mathématique, on s’appuie en principe sur une hypothèse ce qui limite le champ du possible ! On développe donc quelque chose à partir d’une erreur possible.

Gaston Bachelard [philosophe français(1884-1962)] ne disait-il pas : « il n’y a pas de vérités premières : il n’y a que des erreurs premières » .
J’aime beaucoup cette humble pensée.

Les conséquences de la pensée robotisée

On arrive à la situation suivante : on sait de moins en moins discuter, peser le pour et le contre pour arriver à mieux cerner le sujet. On se rassure à coup de chiffres, d’échelles de valeur, de courbes et d’écart-types. Le sujet est devenu un objet d’étude, ce qui est plutôt gênant quand il s’agit d’une personne car on peut en arriver à oublier des paramètres de sa vie qui ne peuvent être saisis qu’à partir d’une analyse discursive.
Pourtant tout le monde sait que rien n’est noir ou blanc.


(*) : non, non, les ronchons, il n’y a pas ici de faute d’orthographe ! C’est devenu une figure de style que seuls connaissent ceux qui s’intéressent aux sujets de la vie, si triste soit-elle parfois, n’est-ce pas Omar…

Quand le « dys » (ou autre « handicapé ») devient pire qu’une bête de foire.

avril 12, 2018 - 10:31 No Comments

Préambule

Tout le monde connaît cette situation qui consistait autrefois (mais il n’y a pas encore si longtemps) à montrer dans les champs de foire des « bêtes curieuses » qui n’étaient pourtant qu’une particularité ethnique parmi l’espèce humaine. Les gens venaient se délecter de ce qu’ils considéraient comme ayant d’affreux atours.

À cette même époque, nous parquions aussi en asile tout individu qui ne correspondait pas au « standard psycho-socialo-corporel. »

Notre société a évolué depuis me direz-vous ?

Et bien pas vraiment en fin de compte car la standardisation continue et de plus belle.

On n’enferme plus de la même façon la personne « hors-standard », pour ne la montrer sur les champs de foire que ponctuellement, mais on lui demande de tout faire pour correspondre au plus près à la valeur standard pré-calibrée.

La démarche se veut scientifique, voulant dire sérieuse, si bien que les professionnels qui s’en occupent ont acquis de nouveaux réflexes pour objectiver la situation, le patient quittant le statut de sujet pour devenir un objet d’analyse.

De ce fait, un compte-rendu de situation n’a de valeur depuis quelques années que par ses chiffres, ses écarts-types, ses courbes montrant les disparités, l’éloignement par rapport à un idéal de valeur. J’ai assez de bouteille professionnelle pour dire que c’est bien pire qu’avant. Pas de place pour le hors-standard dans la société actuelle. Et tant pis pour celui qui ne peut pas correspondre à la valeur-type. On va le contraindre non seulement à se montrer à tout un panel de spécialistes, comme la bête de foire, mais on va le contorsionner pour qu’il puisse gommer ce qu’il est pour devenir ce qu’il ne sera sans doute jamais.

D’où me vient cette vision des choses ?

Ce sont surtout des adultes consultant pour leurs propres troubles neurologiques (ou autres) qui m’ont amené à écrire ce billet.
Ils supportent évidemment mal de se retrouver auditionnés, interrogés, évalués, calibrés mais ont aussi du mal à l’avouer.
C’est pourquoi, dans mes consultations, je fais tout pour essayer de ne pas donner l’impression d’un interrogatoire, « comme par la Gestapo » disait une patiente au retour de consultation dans un centre de soins (si une personne a cette impression, il faut l’entendre et adapter son comportement en conséquence, n’est-ce pas ?).

L’exemple du « dys »

Un « dys » (dysphasique, dyslexique, dyscalculique, dysgraphique, etc.) se caractérise par le fait d’être porteur d’un trouble d-u-r-a-b-l-e.

Dans sa vie, il aura en principe vu un tas de spécialistes qui auront tracé des courbes, auront noirci des pages de rapports pour mettre le doigt sur les disparités, les discordances, les dichotomies, etc., donneront un tas de travail supplémentaire surtout si l’évolution n’est pas assez positive.

Les tenants de l’éducation familiale et scolaire auront insufflé d’autant plus le besoin d’aller voir ailleurs d’autres spécialistes (jusqu’à ceux utilisant une méthode miracle au titre ronflant, le praticien rencontré étant reconnu spécialiste en la matière après avoir payé très cher une formation de … quelques heures !) pour tenter enfin de trouver la clé non pas du mieux-être mais du mieux-paraître.

Il y aura bien sûr un sentiment d’échec pour tout le monde au bout du chemin conduisant au rangement dans la classe du « handicap » accompagné du double sentiment d’avoir tout essayé pour éviter cette étiquette et le goût amer de l’échec de standardisation.

Que dire des parents ?

On peut évidemment comprendre les parents responsables au premier chef de l’éducation de leur enfant face aux enjeux sociaux de plus en plus difficiles (accès à l’emploi, reconnaissance sociale, épanouissement personnel, etc.).

Que dire de l’enfant (et de l’adolescent) ?

L’enfant n’a conscience de son trouble qu’à travers le regard de l’autre et en particulier l’analyse de l’adulte. Il sera de ce fait très sensible à l’image qu’on va lui renvoyer, notamment en tant que soignant, réagissant soit positivement ou s’enfonçant dans son trouble. En clair : « ça passe ou ça casse. » De ce fait, il est bon de se rappeler que le soignant doit non seulement travailler sur le trouble mais aussi mettre en avant les valeurs du patient qu’il soit enfant, adolescent ou adulte.

Que dire des patients adultes ?

Les adultes consultent souvent pour des raisons de perte de capacités. Face à ce constat de ne plus être ce qu’ils ont été, ils peuvent être prêts à tous les sacrifices pour parvenir à recouvrer un potentiel, souvent aussi poussés par l’angoisse des aidants.

Mais que dire des professionnels ?

Tous les corps de métiers qui gravitent surtout autour l’enfant (enseignement, médecine, etc.) deviennent de plus en plus anxiogènes. Ils proposent, voire imposent un parcours d’aide et de soins digne d’un champ de bataille, le remplissage de dossiers de plus en plus complexes et vont jusqu’à reprocher de façon directe ou indirecte aux parents de ne pas en faire assez (histoire de se décharger de sa propre responsabilité ou du moins de son propre échec de standardisation …), alors que ces professionnels devraient avant tout épauler, rassurer, calmer l’ardeur de standardisation pour s’intéresser au sujet et non à l’objet d’étude.

Pour finir sur une note positive…

Heureusement nous voyons des « dys » (et autres « handicapés ») portés par un formidable élan de résilience, non pas de résignation face à la différence mais une énergie d’épanouissement qui force le respect de ceux qui sont standardisés.
C’est bien là une ligne de conduite dont il faut s’inspirer pour aider au mieux les personnes simplement… différentes.

Parité, égalité ou différence

février 25, 2018 - 5:45 No Comments

Vu dans le magazine Elle du 02/02/2018 avec le titre « le père est une mère comme les autres », histoire, n’est-ce pas, de respecter la tendance à lisser les différences.

L’article n’est pas inintéressant mais, en regardant les photos d’illustration, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a toujours un fond de malaise social.

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Pourquoi donc encore de nos jours considérer qu’un père qui, par exemple, change la couche du bébé, se transforme en mère ? Il reste un père à part entière, que diable, tout comme une mère qui utilise une perceuse, reste aussi une mère ! Comment peut-on prôner une égalité, une parité ou je ne sais quoi encore en maintenant sur le fond ce cloisonnement. Quel paradoxe !

Mais en fait, pour comprendre ce que je veux dire, je n’ai pas besoin de faire des commentaires, il suffit d’imaginer, pour faire écho, l’article suivant :

« la mère est un père comme les autres » illustré de photos de mères avec une perceuse, une tondeuse ou mieux assise dans un fauteuil à lire le journal ou à regarder la télé en sirotant une bière et en se grattant l’entre-jambe.

Comme quoi les clichés ont la peau très, très dure avant que la société trouve (et même sur certains plans retrouve) une respectabilité mutuelle qu’elle a perdu en voulant lisser à tout prix les différences au lieu de miser toute l’énergie sur les vraies incohérences sociales comme les inégalités de salaires mais aussi de droits dans l’éducation, etc.

Mais sans doute faut-il passer par là pour enfin oublier par exemple l’écriture inclusive et plutôt trouver un vrai équilibre social entre les homme-e-s (euh ! Non, là ça ne fonctionne pas), enfin entre les hommes et les femmes, quoi !

Gutturalisation contre les fausses routes

décembre 24, 2017 - 5:23 No Comments

Cadeau de Noël : à l’attention des collègues orthophonistes face à la prise en charge de fausses routes.

Présentation

Récemment, je me suis levé une nuit et me suis lancé à écrire sur mon smartphone ce petit texte. Je le reconnais volontairement farfelu. Mais j’aime souvent mettre une touche humoristique dans mes rééducations pour éviter l’aspect fastidieux et/ou rébarbatif.
La lecture de cette prose est destinée à renforcer notamment la dynamique du lingual supérieur ce qui contribue largement à actionner la fermeture glottique, permettant ainsi de lutter contre les fausses routes dans le cas notamment de dégénérescences neuromotrices comme dans les syndromes parkinsoniens ou autres pathologies touchant le dynamisme ou plus exactement l’harmonisation de la sphère haute. Vous constaterez que le texte est surtout formé du phonème /k/ (préféré au /g/ pour éviter de mettre les cordes vocales en souffrance en voix projetée) parce qu’en le prononçant, une action spécifique gutturale se produit qui dynamise le lingual supérieur. Chacun sait que ce muscle a un rôle très important dans la déglutition. En effet, sa rétraction arrière forme le bolus alimentaire, ce qui bascule aussi l’épiglotte sur la trachée par « effet airbag ». Et comme la nature est bien faite, le voile du palais est lui aussi titillé pour faciliter sa réaction de fermeture.

Comment faire lire cette prose ?

Bien des écrits et méthodes mettent l’accent sur l’intensité, ce qui est une bonne chose bien sûr mais il existe un autre critère tout aussi important voire plus, c’est la mélodie.
Pourquoi ?
Parce que le travail de mélodie amène à la maîtrise de la variation du mouvement c’est-à-dire la balance entre la tension et la détente.
Il ne faut pas oublier que l’harmonie gestuelle n’est possible que par cette maîtrise de la tension ET de la détente.
Il faut donc amener la personne à déclamer le texte d’une voix suffisamment forte et claire, exagérément mélodieuse en jouant sur les variations vocales et en insistant caricaturalement surtout sur les phonèmes gutturaux et le /k/ en particulier.
En fonction de la situation, le patient suit pas à pas votre vocalisation ou se lance lui-même dans la déclaration. On peut aussi stimuler la mémoire du texte. Il y a beaucoup d’intérêt à enregistrer la production car il faut souvent mettre en doute les compétences audio-phonatoires du patient :

Le capitaine Haddock sur sa coque

Le capitaine Haddock caracole sous le foc qui claque et crie à l’équipage au milieu du lac de Carcassonne :

- « Souquez ferme la drisse grise, cette grosse corde au crochet pour l’étarquer et que l’ancre s’accroche, sacrebleu ! »

- « Mais la coque, dans le lac est au sec, capitaine Haddock ! » lui glisse en cœur l’équipage.

Le capitaine Haddock, sous le choc, écarquille les yeux et constate donc que la coque est au sec dans le lac. Il affale le foc.

- « Cocorico ! Si c’est comme ça je me casse ! » crie le gros coq, mascotte de toute la clique.

C’est là qu’à côté sous une barque un gros crapaud s’esclaffe :

- « Quouuua ? Mais le lac n’est pas sec dans mon grand trou creux ! »

Certains n’en croient rien et se moquent de cette histoire du capitaine Haddock sur une coque dans un lac sec à Carcassonne.
Qui croire ?
En tous cas, quel cas cocasse !

À vos plumes pour inventer d’autres textes ;)

Documentations

Vous pouvez trouver d’autres documents d’information autour des problèmes de fausses routes en cliquant sur les lignes suivantes :

>>>>Risque majeur en cas de trouble parkinsonien<<<<

>>>> La dysphagie parkinsonienne (écrit de Jean-Pierre Lagadec-gp29.net)<<<<