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Le tremblement essentiel vu de l’intérieur

février 8, 2019 - 10:41 No Comments

(Billet en cours d’élaboration. Que vous soyez ou non porteur de ce genre de tremblement, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou des messages privés (en cliquant sur « contacts » tout la haut à droite dans la barre de tâche) pour contribuer à rendre le propos encore plus pertinent et surtout utile. C’est en tous les cas son but.)

Introduction

Je ne sais pas si le fait d’avoir toujours été gêné par un tremblement essentiel depuis mon jeune âge m’a amené à m’orienter vers mes choix professionnels mais ce n’est sans doute pas étranger. En tous les cas, je n’en avais pas conscience au début. Peu importe.

Par contre, rétrospectivement, je peux dire que mes formations m’ont finalement servi à mieux comprendre, à mieux combattre, à mieux accepter le trouble et que ce trouble m’a certainement aidé aussi à comprendre et aider mes patients, même en dehors de ce genre de pathologie.

Alors, en raison de cette double expérience endogène-exogène, je me dis qu’il peut être temps et utile que je donne, sans prétention aucune, un petit aperçu de ma vision sur le « tremblement essentiel vu de l’intérieur ».

Définition

Le tremblement essentiel (TE) est une pathologie du mouvement d’origine neurologique et génétique. Contrairement à d’autres formes qui se manifestent au repos, comme dans la maladie de Parkinson, celui-ci apparaît dans l’action et peut se manifester à n’importe quel endroit du corps, aussi bien au niveau distal (mains, pieds) qu’au niveau axial (tête), si bien qu’en fonction du niveau d’atteinte, il peut y avoir différentes formes de perturbations (écriture, articulation, voix, etc.)

Un trouble mal connu

Selon l’Aptes (**), « le diagnostic n’est porté que chez 25% des cas avant 40 ans ».

Le tremblement essentiel est si mal connu, et surtout si mal reconnu, que je ne connais pas de mot pour identifier le porteur de ce genre de trouble. On doit se contenter d’une expression du genre : « la personne porteuse d’un tremblement essentiel ».
Pour faire plus court et pallier ce manque, je parlerai du « tremboteur ». Pour ceux qui se demandent pourquoi je n’utilise pas plutôt le mot « tremblotant », je réponds que je préfère réserver celui-ci au tremblement de repos pouvant être observé (mais pas systématiquement, qu’on se le dise !) dans la maladie de Parkinson.
En clair : le porteur du tremblement essentiel est un « trembloteur » car son trouble apparaît dans l’action alors que le porteur de la maladie de Parkinson peut être « tremblotant » car son trouble est présent au repos. Inutile de préciser bien sûr qu’il n’y a rien de péjoratif en ces vocables personnels.

Ratio

Le tremblement essentiel est familial dans plus de la moitié des cas et atteint autant les femmes que les hommes parfois dès l’enfance.

Cause

Sa cause reste inconnue d’où le terme « essentiel » (*).
Même si nous avons observé une altération des cellules de Purkinje dans le cervelet chez plus de la moitié des cas, même si nous avons observé aussi des mutations génétiques (notamment au niveau du récepteur D3) dans 50 à 70% des cas, nous ne connaissons pas l’origine de ce genre de trouble.

Prévalence

Ce serait la pathologie neuromotrice la plus fréquente puisqu’elle concernerait 1 personne sur 200 (300 000 en France dont 10/100 de manière sévère) avec des degrés d’atteinte et d’évolution variables.

Je ne sais pas comment on a pu établir ce genre d’évaluation car il y a une grande disparité entre les signes invalidants et les manifestations légères qui échappent certainement aux statistiques. Des amalgames sont aussi possibles avec d’autres formes de tremblements (parkinsonien, émotionnel ou liés à la consommation excessive de certaines substances : alcool, drogues, médicaments, café, etc.)

Les troubles légers non répertoriés

Si les cas les plus évidents peuvent être facilement quantifiés, il n’en est pas de même pour les perturbations plus légères. Un certain nombre de personnes ne savent pas qu’elles sont atteintes de cette pathologie. Et je suis sûr aussi qu’un grand nombre de médecins ne s’orientent pas vers ce genre de diagnostic, préférant se contenter d’imaginer autre chose comme une hypersensibilité d’autant plus qu’en dehors de troubles invalidants, ils pensent le plus souvent qu’il n’est pas nécessaire de donner un traitement. Conclusion : le diagnostic d’un tremblement essentiel peu invalidant n’est pas fait.

Tout est une question de niveau car en réalité tout le monde tremble mais… plus ou moins :

Le tremblement : une réalité physiologique

Chez n’importe quel sujet, quand un muscle est contracté, il existe ce que nous appelons un tonus d’action caractérisé par un tremblement. Lorsqu’il est au repos nous parlons de tonus d’état objectivable toujours par un tremblement. C’est une réalité physiologique. La situation pathologique n’est qu’une augmentation voire une irrégularité de cette oscillation musculaire pouvant être objectivé en Hertz. Alors que dans le tremblement de repos observable dans la maladie de Parkinson la valeur oscillera entre 4 et 8 Hz maximum, dans le tremblement d’action du TE la valeur se situera au-dessus (entre 8 et 12 Hz).

Diagnostic différentiel

Il faudrait pouvoir diagnostiquer le tremblement essentiel à partir de la présence d’un tremblement d’action en dehors d’une situation de stress. Ce n’est pas toujours évident si le sujet semble hyperémotif. N’a-t-il pas développé une hyperémotivité à partir de sa fragilité neuro-motrice ou inversement ? Tout est possible. Il peut y avoir une passerelle entre les deux. D’où l’importance d’un examen clinique approfondi.

(…)

Le diagnostic de tremblement essentiel peut être confirmé par un neurologue après examen clinique et tests appropriés : EMG, etc.

Test de Flexion-Rotation-Extension Lente (FREL)

(…)

Le regard d’autrui

Les personnes qui ne connaissent pas le tremblement essentiel (et même certains tremboteurs) s’en font une image bien souvent fausse.

Je pense que l’erreur d’analyse est inversement proportionnelle à l’importance du trouble. Je veux dire par là que moins le trouble est invalidant plus l’erreur d’analyse peut être présente. C’est assez logique car, face à une gestuelle particulièrement invalidante, on tombe plus facilement dans une logique neuro-motrice.

À l’inverse, plus le trouble est discret, plus on peut s’éloigner de cette logique pour tomber dans le piège de raisons psychologiques évoquées beaucoup trop facilement. Le drame est quand le tremboteur arrive à s’en persuader lui-même. Il se retrouve alors d’autant plus fragilisé car ne trouve évidemment pas de moyen d’améliorer la situation, bien au contraire.

En temps que porteur du tremblement essentiel, qui, heureusement pour moi, se manifeste le plus souvent de façon assez discrète, je dois dire que ma première formation professionnelle, celle de psychomotricien, m’a beaucoup aidé. Les cours sur le sujet m’ont d’abord permis de mettre un nom sur ce genre de trouble, donc de mieux comprendre et de « vivre avec », de prendre du recul, une distance par rapport au regard de beaucoup de personnes qui ne peuvent pas s’empêcher d’inventer de manière empirique des raisons et surtout celles-ci :

1- Souvent les gens pensent que c’est dû à une hyperémotivité tentant même d’en persuader le porteur du trouble…

• Heureusement, chaque individu souffrant de cette affection peut avoir pris conscience que le tremblement est bien présent indépendamment de l’émotion, même si celle-ci peut l’augmenter.

• Malheureusement, il doit se contenter de cette analyse introspective ne pouvant compter sur personne (même pas forcément sur les professionnels de santé démunis et passant de ce fait sous silence la situation, le plus souvent par ignorance, même dans les milieux spécialisés).

• en conséquence, s’il ne s’arme pas contre le préjugé, il peut se retrouver fragilisé dans sa relation au monde et c’est là qu’une hyperémotivité peut se construire, conduisant à une augmentation exponentielle du trouble devenant non seulement neuro-moteur mais du coup aussi affectivo-moteur.

2 – Comme l’être humain ne peut s’empêcher de se faire des films, même face à des pathologies idiopathiques, c’est-à-dire dont on ne connaît pas la cause, une autre analyse tout aussi empirique peut amener les gens à imaginer que ce tremblement vient d’une consommation excessive d’alcool. Un comble quand on sait que l’alcool à un effet inverse sur ce genre de pathologie. Je ne conseille pas pour autant d’abuser de la bouteille pour diminuer les troubles sous peine à la longue de développer un autre tremblement… lié celui-ci à une consommation excessive d’alcool ! Cependant, on peut imaginer que certains tremboteurs puissent trouver dans l’alcool, de manière inconsciente, un moyen de parvenir à effacer du moins dans l’instant le tremblement essentiel. Qui sait ? Dans ce cas, la dette d’alcool entraînera le renforcement des tremblements et le tremboteur rentrera dans un cercle infernal…

Il faut reconnaître que le regard d’autrui peut être perturbant d’où l’importance du travail psycho-corporel sur soi pour s’en détacher.

Notre vie de trembloteur

Tant qu’il n’y a pas de nom à ce trouble et d’autant plus si les manifestations s’expriment de manière sournoise (ce qui tend d’autant plus à ne pas porter le diagnostic), je pense que le porteur du trouble ne se fait une idée qu’à partir du regard d’autrui, celui-ci ne se faisant une idée lui-même qu’à partir du résultat de l’action, ce qui est logique puisqu’il n’est pas dans le corps de l’autre. Il verra par exemple que la tâche a été mal maîtrisée ou longue à accomplir mais n’est pas en mesure d’évaluer le surcontrôle et la fatigue.
Dès l’enfance et d’autant plus dans notre société occidentale actuelle, on nous demande d’être à la fois rapide et efficace. Le trembloteur ne peut pas associer ces deux critères, alors :

- soit il agit rapidement, quand son organisation gestuelle le lui permet (eh oui, les troubles peuvent être fluctuants et ne préviennent pas à l’avance !) mais le résultat n’est pas « beau, nickel, propre »,

- soit il prend le temps de surcontrôler le geste, si la maîtrise est possible, pour réussir la tâche au risque de se montrer trop lent aux yeux d’autrui.

Dans tous les cas, chaque geste, même le plus anodin, est source de tâtonnements, d’approche plus ou moins hasardeuse et donc de fatigue voire d’épuisement physique et moral, d’autant plus quand il faut une maîtrise fine, comme simplement fermer le bouton de sa chemise…

Toute personne porteuse de ce genre de particularité a des souvenirs, pas toujours réjouissants mais parfois cocasses. Voici un exemple qui en dit long, je crois, mais qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres :

Je me souviens d’un enfant qui devait avoir environ sept ans. Assis sur sa chaise en face de moi, il m’a tout d’un coup fixé avec des yeux ronds en disant :

- « Pourquoi tu trembles ? Tu as peur de moi ?… »

On ne se connaissait pas. Ce n’était pas un enfant croisé par hasard mais un… nouveau patient !
Bon départ pour un suivi thérapeutique n’est-ce pas ?
Eh oui, les enfants peuvent avoir un regard direct, sans détour, sans faux-fuyant et finalement… plutôt sain ! C’était à moi, à partir de là, d’expliquer la situation. Reste à savoir si un enfant de cet âge peut comprendre que, dans le cas présent, ce n’était pas une question d’émotion. Je me dis que oui, peut-être mieux qu’un adulte qui a développé des préjugés avec le temps.

À chaque fois que je présente cet exemple, on me fait ce commentaire :
- « C’est mignon ! »

Oui, c’est vrai, c’est mignon parce que c’est frais, c’est de l’innocence enfantine au sens noble du terme. Alors on ne peut qu’avoir un regard amusé sur cette situation cocasse.
Eh oui, bien sûr, c’est comme ça qu’il faut sans doute voir la chose. Toutefois, cet exemple en dit long sur le regard d’autrui qui se prend très tôt les pieds dans des préjugés.
Si l’être humain n’est pas doué dans un domaine, c’est bien dans celui de la lecture psycho-corporelle. Sans doute du fait que c’est un être pensant, trop pensant en fait. Cet exemple est la preuve qu’il apprend très tôt à se conditionner à des clichés.

Finalement mon tremblement essentiel, parce qu’il est le plus souvent relativement discret, m’a plutôt servi que desservi dans mon travail professionnel car j’ai pu, surtout au fil du temps, en parler principalement aux personnes souffrant de troubles neuromoteurs. Je me suis rendu compte que mon tremblement pouvait être un moteur de persévérance (il n’y a pas le choix si nous voulons réussir la tâche à accomplir), d’abnégation, d’efficacité et de partage. J’ai aussi appris par moi-même, mais aussi grâce à mes formations professionnelles, à prendre une distance par rapport au trouble pour qu’il ne soit pas au centre de la communication. J’ai surtout appris à me détacher le mieux possible du regard d’autrui et même à oublier le phénomène…. jusqu’à une certaine limite bien sûr car c’est parfois quand vous ne vous y attendez pas que la bête se réveille et vous fait foirer ce que vous avez entrepris gestuellement.
Le pire pour moi est la survenue de « spikes » (pointes-ondes apparaissant sur les électro-myogrammes), ces mouvements brusques incontrôlables.

Curieusement diraient surtout ceux qui n’ont pas ce genre de trouble, j’aime aussi me lancer des défis. C’est alors que j’entreprends une activité qui demande une parfaite dextérité (soudure électronique, dessins fins, peinture à l’huile au détail, etc.).

Les dommages collatéraux

Il faut bien se dire qu’il n’y a pas que le tremblement dans la vie du trembloteur. Il y a des dommages collatéraux toujours présents ou variables en fonction du sujet et/ou du moment. Ce trembloteur en vivant toujours dans sa vie de trembloteur peut même ne pas avoir conscience des liens entre le tremblement et les troubles annexes. À vrai dire le tremblement n’est que la partie visible du trouble. C’est ce qui s’exprime visuellement aux yeux de tous un peu comme l’arbre qui cache la forêt. Même le porteur du trouble peut très bien ne pas percevoir le lien de cause à effet. De fait, il n’est pas forcément évident de voir le tremblement essentiel comme cause de fatigabilité, d’irritabilité, de lenteur, de désorganisation de tâches à accomplir, de fragilité intestinale, de discordance pneumo-phonique, de fébrilité cardiaque, de mal-être psycho-corporel, de dévalorisation, d’anxiété voire de phobie sociale, de dépression, etc.

Les stratégies de compensation

‌Au fil du temps, nous avons appris souvent de manière intuitive à développer des stratégies de compensation (utiliser par exemple une règle carrée plutôt que plate pour ne pas rater sa cible avec la pointe du crayon, main posée sur l’avant-bras pour avoir une écriture moins tremblée,…). Mais tout ceci ne vient pas pour autant effacer le tremblement.

Quel soin thérapeutique proposer si besoin ?

Certaines personnes peuvent voir leur trouble largement diminuer voire peut-être disparaître comme par enchantement grâce à certaines formes de médications mais seulement jusqu’à la médication suivante. À l’instar d’autres formes de troubles neuromoteurs, comme dans la maladie de Parkinson, il n’y a pas de remèdes miracles pour supprimer le tremblement essentiel, l’objectif doit être surtout de s’armer soi-même face au trouble, « faire avec » comme on dit.
Mais certaines situations sont telles qu’un suivi thérapeutique peut ou doit être proposé :

- soit parce que le tremblement est particulièrement invalidant,

- soit parce que la personne en souffre psychologiquement.

De ce fait, en fonction des besoins, les indications thérapeutiques ne seront pas les mêmes :

La médication

Certaines substances peuvent être proposées par les médecins pour plus ou moins diminuer, voire supprimer le tremblement notamment une médication de la classe des bêtabloquants (propranolol par exemple), ce qui peut être intéressant surtout quand le trouble est particulièrement invalidant.

Je n’ai personnellement jamais essayé ce genre de choses et n’ai aucunement l’intention d’essayer. Disons simplement que mon trouble étant gérable, je peux m’en passer.

La psychomotricité

Ce n’est pas parce que j’en ai la formation mais, à mon sens, un suivi psychomoteur peut être proposé pour au moins deux raisons :

- la première est liée au fait que le psychomotricien est justement là pour faire en sorte que le sujet apprenne par lui-même à gérer son tonus,

- deuxièmement, il est évident que cette pathologie neuro-motrice peut avoir des incidences plus ou moins grandes sur le plan de l’Image de Soi.

C’est justement sur ce lien corps-esprit que le psychomotricien a appris à travailler en utilisant différentes approches, la relaxation thérapeutique étant particulièrement indiquée dans le cas présent.

J’ai eu le privilège de suivre une formation dans le domaine de la relaxation en étudiant et en pratiquant toute forme d’approches que ce soit statiques ou dynamiques (en servant au passage de cobaye pour le CNRS sous la direction du Pr Zazzo).

Fort de cette expérience, je privilégie les techniques utilisant le contrôle tonique car c’est le seul moyen d’objectiver le relâchement neuromusculaire (Soubiran, Wintrebert,…) ce qui revient à dire que je place au second plan les méthodes qui n’objectivent pas le relâchement par le contrôle du praticien.
Il en est ainsi de la sophrologie qui a pourtant tellement le vent en poupe qu’on pourrait nous faire croire que ce n’est pas une méthode de relaxation parmi les autres…
Elle peut être intéressante comme toutes les autres mais, du fait de l’absence de contrôle tonique, ne permet pas d’objectiver le relâchement ce qui est particulièrement gênant d’un point de vue thérapeutique dans le cas de tremblement essentiel.
Comment voulez-vous par exemple soigner une paratonie (***) sans objectivation des tensions ?
Seul le contrôle tonique pratiqué par un professionnel de santé formé à ce genre de chose, donc au premier chef le psychomotricien, peut conduire à écarter ce genre de trouble qui a un effet particulièrement néfaste sur le tremblement essentiel.
Ma formation de psychomotricien m’a justement appris à avoir une efficacité pouvant aller jusqu’à un contrôle de compensation grâce notamment à la relaxation : je suis par exemple plutôt efficace au tir à la carabine (beaucoup moins au pistolet, encore moins au tir à l’arc car il faut maintenir une contraction pour bander l’arc). Je peux parvenir aussi à enlever une écharde avec une aiguille sans rendre la zone en charpie à condition de me laisser le temps et les bonnes conditions pour maîtriser au mieux le geste fin.

Les raisons de ma possible réussite viennent du fait tout d’abord que mon tremblement est, comme je l’ai déjà dit, le plus souvent modéré mais j’ai développé aussi des stratégies de compensation (pose de l’autre main sur l’avant-bras, détente motrice, calme, respiration, concentration, persuasion de réussite, défi personnel, etc…).
Je sais aussi me fixer des limites car à certains moments ce serait peine perdu que d’essayer.
Ce que je crains le plus ce sont ces fameux « spikes« , ces mouvements soudains, violents et absolument imprévisibles.
Je ne compte plus les moments où j’ai projeté une soudure en dehors de la cible ;) .
Des tas de raisons qu’il est inutile de développer ici ont eu une influence sur mon parcours professionnel. Vous pensez bien qu’il m’a fallu faire des coupes franches au niveau des choix d’orientations… Dans le domaine de la santé, la seringue ou le bistouri trop peu pour moi, évidemment…

La kinésithérapie

Elle peut aider mais à condition surtout de privilégier la décontraction, le relâchement musculaire, en aucun cas trop de renforcement car plus la fatigue s’installe plus le trouble est présent et sur ce plan il n’y a pas d’habituation. En clair, ce n’est pas parce que le sujet renforce le travail musculaire que le trouble diminue bien au contraire à cause de la fatigabilité neuro-musculaire.
Mais bien évidemment, comme pour n’importe qui, l’activité physique ne peut être que bénéfique pour l’organisme même si ce n’est pas elle qui diminuera les troubles.

L’ergothérapie

Elle sera indiquée surtout en cas de trouble particulièrement invalidant pour trouver des moyens d’aménagement pratique afin de faciliter les gestes de la vie quotidienne (plans de travail, outils adaptés,…). C’est bien là le rôle de l’ergothérapeute agissant en lien et en complément avec d’autres approches de soin.

La psychothérapie

L’approche psychothérapeutique peut être indiquée dans le cas de fragilisation de l’Image de Soi, quand une tendance dépressive accompagne les troubles, quand le contact avec le monde extérieur pose problème, quand la personne se replie sur elle-même. Mais il faut que le psychothérapeute soit formé sur le lien psycho-corporel pour mener à bien l’aide attendue.

L’orthophonie

Elle sera intéressante surtout dans le cas de trouble de production vocale quand la voix se fait chevrotante, que la production verbale manque de fluidité, quand la concordance pneumo-phonique fait défaut, plus globalement dans le cas de mal-être de communication principalement oral même si le porteur de ce genre de pathologie peut être gêné aussi dans la communication écrite, le graphisme pouvant être dégradé plus ou moins fortement. Mais dans la mesure du possible, il faut laisser d’autres professionnels s’occuper de ce genre de chose et en priorité le psychomotricien. En effet, si la rééducation de l’écriture est inscrite dans la nomenclature des orthophonistes, ce n’est pour autant qu’ils en ont véritablement les compétences. Je le sais car j’ai longtemps enseigné cette rééducation en centre de formation universitaire…

Autres propositions d’aide

Certaines propositions peuvent apporter leur concours. Même si elles n’ont pas de visée thérapeutique elles peuvent faire du bien.
Je pense notamment à deux formes d’activités :

-1- celles qui ont la particularité de modifier le milieu et donc le lien corps/espace en provoquant le relâchement neuro musculaire : activités aquatiques, hammam, sona… (Attention malgré tout à l’effet du froid qui augmente naturellement le tremblement musculaire, d’autant plus dans le cas de tremblement essentiel)

-2 – celles ancrées de manière souple et tranquille sur le sensori-moteur, le vécu corporel, le regard sur soi en lien et en harmonie avec le monde extérieur : gym douce, si gong, tai-chi, do’in, yoga, …)

En quoi ces deux formes d’activités ont de l’intérêt ?

Elles modifient le lien entre deux systèmes, le Système Nerveux Central (SNC) et le Système Nerveux Périphérique (SNP). Je qualifie souvent le Système Nerveux Périphérique comme étant un autre cerveau au même titre qu’on arrive à considérer le système digestif comme étant le « deuxième cerveau ». Ce SNP serait donc un « troisième cerveau » sans considération d’ordre numérique par importance. Simplement la deuxième place est prise par la littérature. Il ne faut pas non plus partir du principe qu’il n’existe que trois cerveaux.

On peut dire que nous avons plusieurs cerveaux

À partir du moment où nous définissons le cerveau comme étant une interconnexion intrinsèque complexe de cellules en lien avec des systèmes extrinsèques, nous en avons donc plusieurs, tout aussi importants les uns que les autres.

La force d’équilibration organise la vie

Tout organisme vivant peut être défini comme un ensemble de réseaux de systèmes plus ou moins complexes. Plus cet être vivant est élaboré plus les cerveaux sont importants à la fois en complexité, en nombre et en réseaux d’interconnexion. Plus globalement, le vivant se maintient par une mouvance perpétuelle d’ »équilibration » c’est-à-dire une énergie permanente entre les systèmes. C’est aussi une force de vie née de l’oscillation permanente entre les dépenses et les recharges énergétiques. La vie se caractérise par une dépense et une recharge de systèmes. C’est un équilibre permanent entre les deux, plus précisément une force permanente pour maintenir un équilibre entre les deux. C’est en cela que je dis que l’équilibration caractérise la vie et plus la cohésion entre les systèmes est bien réglée, plus l’équilibre est stable. Plus la vie est correctement maintenue, moins nous observons de défauts de fonctionnement. En conséquence, plus l’être vivant est complexe, plus les risques de dysfonctionnement existent, même à minima, c’est mathématique. Mais plus aussi les possibilités d’auto-corrections sont possibles du fait des interconnexions complexes. C’est la raison d’être de toute forme de rééducation. Rééduquer c’est se servir de la force de vie, c’est jongler avec les multiples systèmes en interconnexion, c’est améliorer les rapports entre les multiples cerveaux. En réalité, nous pouvons appeler ces systèmes de différentes manières du moment que nous leur accordons l’importance qui convient. Comme ce n’est pas toujours le cas, comme il y a toujours eu un clivage entre ce qui est appelé communément « cerveau » et le reste, il est bon de reconnaître d’autres cerveaux ailleurs qu’au niveau de ce boîtier le plus volumineux.

Les notions de force de vie et d’équilibration sont intéressantes à faire découvrir aux patients ayant perdu des capacités. Elles positivent psychologiquement ce qui est loin d’être négligeable par rapport au traitement de n’importe quelle pathologie.

Le stress comme bête noire

Comme il nous faut malgré tout exister dans ce monde de brutes et aussi parce qu’on ne peut pas faire autrement, ceux qui voudraient nous normaliser en nous stressant, en nous poussant au changement, en nous demandant de mieux faire, d’être plus rapides, plus efficaces, etc. peuvent constater assez vite que c’est peine perdue car la vie est faite d’une multitude de gestes souvent fins qu’il nous faut en permanence maîtriser. Certes, nous avons une telle habitude que nous pouvons arriver à oublier cet état de fait, à oublier la différence. Lorsque nous essayons nous-même de correspondre au profil normalisé c’est au prix d’un effort et d’une fatigue plus ou moins sournoise. En fonction des sujets et des moments, il peut nous arriver aussi de lâcher prise, plus précisément de lâcher l’emprise en imposant au monde nos travers. C’est dans la logique d’organisation de notre mieux-être car on ne peut justement pas gommer le trouble par un coup de baguette magique. Il nous faut au contraire accepter de fonctionner plus ou moins autrement, accepter de vivre avec les troubles et les dommages collatéraux pour mieux avancer car l’anti-stress est l’une des principales pierres d’angle de nos réussites alors que le stress et la fatigue sont nos principaux ennemis.

Quand nos troubles se font envahissants

Il arrive parfois, le plus souvent sans trop savoir pourquoi , que les troubles se font particulièrement envahissants et sur une durée impossible à déterminer. C’est à géométrie variable dirons-nous. Bien sûr, nous pouvons imaginer comme facteur déclenchant un ensemble de paramètres (comme la fatigue, le stress, des dérangements métaboliques dont on ignore la nature, etc.) qui, associés sur le même instant, font en quelque sorte bouillir la marmite. Et c’est là que tout part en vrille sans qu’il soit possible de stopper le phénomène.
Quand ça déborde, ça ne peut que déborder, n’est-ce pas.
Il faut s’armer de patience et attendre l’arrêt du débordement.
Heureusement pour moi, ce genre de tsunami ne s’est pas déclenché trop souvent jusqu’à présent dans ma vie. C’est par contre impressionnant car rien ne peut empêcher le processus un peu comme une crise d’épilepsie sans la perte de conscience.
À vrai dire qu’est-ce donc ? Une crise de tétanie, de spasmophilie ? Appelez ça comme vous voulez si c’est rassurant pour vous de mettre un mot sur un évènement qui échappe à la science concernant le tremblement essentiel.
C’est simplement à mon sens le vase de la tremblote qui déborde. Mais alors, pour être plus précis, plus scientifique, plus médical, nous pourrions alors parler par exemple d’une « crise de tétanie idiopathique dans le cadre d’un tremblement essentiel ». « Idiopathique », « essentiel » : il faudrait prendre toujours soin d’adjoindre ce genre d’adjectifs pour préciser que « ce que nous savons c’est que nous ne savons pas vraiment d’où ça vient ». Ce genre de vocables pourrait permettre de couper court à toute interprétation un peu trop rapide et glissant par défaut, comme toujours dans ce cas, vers un dérèglement psychologique, une mauvaise maîtrise de soi, cette fameuse manière de dire au porteur du trouble qu’il ne sait pas gérer la situation, qu’il est un « mauvais malade ». Une bien bonne façon d’enfoncer le clou n’est-ce pas ?…

Conclusion

Bien que le tremblement essentiel soit la pathologie neuromotrice la plus courante, il n’est que peu étudié, peu présenté, peu décelé surtout en ce qui concerne les cas les plus légers.
En réalité, il existe une confusion avec d’autres manifestations, principalement de cause émotionnelle, ce qui n’arrange pas l’affaire du porteur du trouble qui se voit responsable de ce qui lui arrive alors qu’il n’en est rien.
Dans cette situation d’erreur de diagnostic, la sensibilité émotionnelle risque d’être mise à mal ce qui éloigne d’autant plus la vision d’une cause neuro-motrice et … renforce l’idée que le sujet gère mal ses émotions.

De toute évidence, il est important de faire un diagnostic différentiel pour orienter l’aide.

Elle pourra être médicamenteuse au niveau des cas de tremblement essentiel invalidant.

Un diagnostic mettant en avant des causes neuro-motrices aura tendance à rassurer le sujet qui pourra se dire que tout ne vient pas d’une mauvaise gestion émotionnelle.

Il gagnera en sérénité pour s’armer contre ce mauvais démon neuro-moteur qui n’en fait qu’à sa tête. Il apprendra à s’adapter à tous les cas de figure, oscillant entre la recherche de maîtrise de la situation et le lâcher-prise dans les situations les plus scabreuses. Autant il est intéressant de se montrer et de montrer qu’on peut malgré tout y arriver, autant il est inutile de s’accrocher à l’impossible.

Personnellement je dois dire que ma formation de psychomotricien m’a beaucoup aidé à maîtriser la bête.

————–

(*) La médecine a toujours su se sortir des impasses par voltiges linguistiques en se servant de mots plus ou moins complexes comme « essentiel » qui finalement signifie que la cause reste inconnue. Il en est de même pour le terme « idiopathique » employé pour la maladie de Parkinson. Pour trouver un billet sur le sujet, cliquer sur la ligne suivante :
« cause idiopathique » => cause psychologique ? Pas automatique

(**) Aptes = association des personnes concernées par le tremblement essentiel. (www.aptes.org)

(***) Je privilégie la définition qui considère la paratonie comme étant « une impossibilité ou une grande difficulté à résoudre volontairement une tension musculaire. » Cette formule a l’avantage d’être précise et concise car chaque mot compte. Elle respecte le point de vue de son auteur, le Pr Dupré , dans sa description, en 1911, de ce qu’il a appelé la « débilité motrice » (qui soit dit en passant n’a rien à voir avec la débilité intellectuelle, même si celle-ci n’exclut pas l’autre.)

Mouvement du cormoran vs bavage parkinsonien

décembre 2, 2018 - 8:08 No Comments

Comment définir l’hypersialorrhée parkinsonienne ?

Même si nous parlons d’hypersialorrhée dans la maladie de Parkinson, il faut savoir qu’en dehors de l’effet éventuel de certains médicaments, ce n’est pas dû à une trop grande production de salive mais par une diminution de la capacité à déglutir.
La fréquence et surtout l’efficacité de déglutition peuvent être largement altérées dans la maladie de Parkinson du fait d’un enrayement dans le circuit extrapyramidal (mouvements automatisés).

Que faire ?

Pour compenser le manque d’efficacité extrapyramidal, il faut se servir du circuit pyramidal (mouvement volontaire) qui, lui, passe par le cortex et peut garder une meilleure efficacité en cas de MPI. Oui, on dit bien que « le parkinsonien doit penser son geste ». C’est dur à vivre mais c’est ainsi.

L’aide de l’orthophoniste

En séances d’orthophonie, plein de mouvements sont possibles. Il faut juste que l’orthophoniste garde la cible de compensation d’un mouvement automatisé inefficace.

Ne pas oublier aussi de tonifier le lingual supérieur car, si le patient a toujours eu une déglutition atypique, c’est d’autant plus difficile d’améliorer la déglutition.

Le « mouvement du cormoran »

Comme je ne vis pas loin de mer, j’ai observé comment les cormorans déglutissaient de gros poissons.

Je demande donc à mes patients souffrant de trouble de la déglutition d’appliquer un mouvement volontaire que j’ai appelé : le « mouvement du cormoran ». Il vaut ce qu’il vaut mais au-moins le trop plein de salive dans la bouche peut être évacué.

Pour en savoir plus, allez voir ces deux rapports très bien rédigés par l’auteur Jean-Pierre Lagadec que j’ai félicité au passage car je n’aurais pas mieux fait :

Le mouvement du cormoran (gp29)

Les dysphagies parkinsoniennes (gp29)

Que dire des techniques radicales utilisées par certains médecins ?

Pour diminuer l’hypersialorrhée, certains médecins ont recours à des techniques radicales : toxine botulique, atropine, allopathie en tous genres, cryothérapie, etc. (*) C’est logique me direz-vous car ils ont été surtout formés dans ce sens (les mauvaises langues diraient formatés dans ce sens). Mais, si je m’adresse aux orthophonistes (et autres professionnels chargés d’améliorer la dynamique de la sphère haute), je dois dire qu’ils ne faut pas qu’ils se laissent berner par certains miroirs aux l’alouettes provoquant souvent des effets secondaires tels que sècheresse de la bouche plus problématique. Si la nature a prévu de nous mettre de la salive dans la bouche, ce n’est pas pour rien, screugneugneu !

(*) Ces techniques médicales radicales me font penser à ce que j’ai pu vivre à Montréal il y a quelques années. J’avais subi quelques jours auparavant des températures négatives extrêmes (jusqu’à – 46 ºC de température éolienne à Québec en janvier, une exception semble-t-il). Je suis allé dans une pharmacie comme on en fait qu’en Amérique du Nord. L’asiatique qui tenait la boutique m’a donné un médicament qui, dès la première prise (et du coup la dernière) m’avait stoppé l’écoulement nasal pourtant si bénéfique pour nettoyer le nez. Je ne vous souhaite pas d’avoir le nez complètement sec sous température négative extrême. C’est du béton !

Comment agir avec un enfant tyran ?

novembre 26, 2018 - 2:59 No Comments

1 – Préambule

Dans le but de constituer un dossier sur le sujet, le journal Ouest-France me propose de répondre à la question suivante :
« comment agissez-vous avec un enfant tyran ? »

…. Un sujet intéressant et bien dans l’air du temps car il semblerait que ce genre d’enfants soient plus nombreux que par le passé.

Si je m’appuie sur mon expérience professionnelle, je ne peux que le confirmer. Je rencontre depuis une bonne quinzaine d’années davantage d’enfants tyrans (et aussi d’enfants rois).

2 – Comment expliquer l’augmentation du nombre d’enfants tyrans ?

Chacun peut développer sa théorie pour tenter d’expliquer le phénomène. Ce n’est pas si simple mais il faut au-moins observer les éléments suivants :

A – La modification des interactions sociales

Certains professionnels s’appuient exclusivement sur le changement social. Il est vrai que l’enfant actuel est bombardé de sollicitations diverses bien plus que par le passé à partir de supports nombreux, variés et surtout chacun peut se servir à sa guise ce qui est nouveau (d’où les expressions nouvelles de « zapping », de « chat », de « e-commerce », etc.).

La « génération bouton »

C’est ainsi que j’ai toujours appelé la génération Y (celle qui est née entre 1980 et 2000) car elle a grandi avec un environnement de boutons sur des supports variés permettant d’accéder à tout et n’importe quoi. C’est la génération de mes propres enfants. Ce sont eux qui m’ont appris à bidouiller avec les boutons du clavier d’un ordinateur et autres appareils plus ou moins complexes sans trop chercher à réfléchir et surtout sans lire une notice pour sortir d’une impasse.

La « génération slide »

J’appelle ainsi la génération Z actuelle car non seulement elle accède à sa guise mais en plus elle zappe, elle peut passer facilement à autre chose d’un coup de doigt sur un écran, d’un claquement de doigt en somme.

L’accès facile à de nouvelles données est telle qu’en cas de problème (beaucoup moins fréquent qu’au début de l’avènement des nouvelles technologies), c’est le drame et l’incompréhension car cette génération Z est moins conditionnée aux erreurs et frustrations.

L’occupation devient hyperactive, interactive et variée sur de nombreux supports ce qui n’empêche pas, par ambivalence, la fixation monothématique jusqu’à plus d’heure sur un écran pour naviguer, jouer ou dialoguer…

Cependant cette nouvelle génération ne crée pas pour autant exclusivement une population réagissant mal aux frustrations. La jeunesse actuelle n’est pas pour autant exclusivement constituées d’enfants ayant développé des mauvais penchants pour devenir tyrans, rois ou je ne sais quoi encore. Il faut chercher aussi d’autres raisons à la multiplication de ces travers comportementaux :

B – La modification du modèle parental

Il ne faut pas oublier qu’une personne construit sa personnalité à travers le regard des autres, l’enfant à travers notamment le regard des personnes chargées affectivement, donc au premier chef de ses parents.

Au long de ma vie professionnelle, j’ai pu observer un réel changement dans l’organigramme familial.

Pour se construire harmonieusement, l’enfant doit logiquement trouver en face de lui une charge affective à la fois maternante et paternante. C’est dans ce cadre qu’il pourra s’adapter au monde qui l’entoure. De plus, il ne faut pas oublier que, quand le cadre est bien tracé, l’enfant se sent en sécurité à l’intérieur et développe moins d’angoisse car il peut beaucoup plus facilement repérer son champ de liberté et les limites. Pour cela, il faut donc lui laisser une liberté à l’intérieur du cadre de vie, lui créer en quelle sorte une forme de « forteresse dorée » (pour ne pas dire « prison dorée ») sécurisante et adaptée au monde qui l’entoure.

Le partage des rôles parentaux s’équilibre le plus souvent de la manière suivante : la mère est surtout maternante mais aussi paternante et le père surtout paternant mais aussi maternant. Bien évidemment, en cas de rôles inversés ou en présence de parents du même sexe ou encore dans une famille monoparentale, l’équilibre est tout aussi possible mais à la seule condition qu’il y ait à la fois un regard maternant et paternant sur l’enfant.

Or, ces derniers temps, dans notre société occidentale, l’image du père s’est modifiée, une évolution qui fait sans doute écho à l’émancipation de la femme et de la mère. C’est logique. Mais ce glissement conduit certains pères à l’abandon de leur rôle paternant. Le pire est quand ils ne savent pas comment agir ou s’installent dans l’ombre de la mère qui arrivent alors à dire une phrase du style : « pourtant, je l’ai dit à mon mari qu’il doit agir de cette façon ! » .
Je peux comprendre qu’une mère puisse s’exprimer ainsi dans mon bureau pour analyser ensemble la situation, mais lorsque c’est dit devant l’enfant, on est garanti que l’autorité paternelle se trouve particulièrement fragilisée. De plus, quand on connaît un peu la psychologie de l’homme et le point de vue psychanalytique, on se dit qu’il y a un sacré malaise.

Je n’entendais jamais ce genre de choses il y a trente ou quarante ans. On ne se permettait pas de mettre en cause l’autorité du père. Je ne dis pas que c’était mieux avant mais au-moins l’enfant ne risquait pas de sortir du cadre de son statut d’enfant.

L’un de mes professeurs de psychiatrie, le Dr Bruno Castets, disait que si l’enfant voit un désaccord du couple dans la conduite à tenir pour son éducation, il s’engouffre dans la faille (ce mot étant le titre de l’un de ses livres) ce qui le met dans une position de force. Et c’est ainsi qu’il peut devenir un parfait tyran (l’homophone « tirant » pourrait ici aussi convenir car l’enfant tire les ficelles comme bon lui semble et déstabilise d’autant plus les parents puisqu’ils n’accordent pas bien leurs violons).

Il y a trente ou quarante ans j’entendais plutôt certaines mères dire à leur enfant : « arrête, sinon je vais le dire à ton père ! »
Ce n’était pas mieux car elle détruisaient leurs propres capacités paternantes mais au-moins un cadre d’autorité était observé.

Que faire ?

Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière face au même type de communication. Il faut donc s’adapter, trouver la bonne façon d’agir pour les amener à avoir un comportement adapté.

Les grandes lignes d’attitude face à l’enfant qui se comporte comme un tyran doivent être connues. Pour le reste, il ne faut pas chercher une recette mais s’adapter à chaque cas particulier.

L’enfant quel qu’il soit a construit au fil du temps une mémoire de communication chargée de souvenirs positifs et négatifs. Il agit et réagit en fonction de cette mémoire et de l’interlocuteur. C’est ce qui fait la complexité et l’intérêt de toute forme de communication. C’est ce qui me passionne aussi professionnellement parce que ce n’est pas simple.

Dans une interaction, il y a au-moins deux acteurs et chacun ne sait pas à l’avance comment l’autre va se comporter. C’est aussi pourquoi nous communiquons et y trouvons un intérêt. Nous allons chercher chez l’autre ses réactions. Et comme le disait Paul Watzlawick : « on ne peut pas ne pas communiquer« . Même le silence est une façon de répondre. Il faut s’adapter à chaque personne et à chaque instant. Or, en dehors des professionnels dans ce domaine, ce n’est pas appris à l’école. Alors chacun agit et réagit en fonction de sa personnalité, de ses impressions, de son histoire, de son statut, de son environnement, de ses lectures (pas toujours d’un niveau suffisant ou réductrices), etc.

L’enfant n’est pas un ange

Tout d’abord, il faut savoir qu’un enfant n’est pas un ange et qu’il ne doit pas l’être si nous voulons qu’il soit adapté au monde. Freud voyait l’enfant comme un « pervers polymorphe » , non pas comme un sujet malsain mais comme quelqu’un qui cherche à se satisfaire pour pouvoir exister. Sa personnalité doit en fait s’affirmer au fil du temps mais dans le respect mutuel.

Un enfant qui se présente comme un tyran doit saisir en premier lieu qu’on cherche à le respecter mais qu’il doit agir de même. On peut espérer qu’il pourra avancer dans ce sens par effet miroir.
Et vous pensez bien que, dans mon approche thérapeutique, si je suis devant un couple de parents qui n’est pas en harmonie au niveau des conduites à tenir par rapport à l’éducation, je cherche à les rencontrer tous les deux pour mettre en place une cohérence. Je leur dis alors que leur enfant doit être devant trois personnes : deux personnes physiques (le père et la mère avec leur personnalité propre qui doit être respecté) et une personne morale (le couple qui doit être cohérent). Un enfant peut être plus facilement tyran devant une personne physique que devant une personne morale cohérente qui insuffle la notion de respect mutuel.

La place du père

Il me faut souvent faire des ronds de jambes pour amener le père à prendre conscience de son rôle très important face à son enfant tyran. Il peut être d’abord sur la défensive, ce qui est logique car il a peur de perdre encore plus son image de père garant de stabilité. Il me faut d’abord le rassurer pour montrer que le but n’est pas de pointer du doigt des erreurs du passé mais de construire le présent et l’avenir, de donner de l’importance au père. Quand on connaît un peu la psychologie de l’homme, lui donner de l’importance le glorifie. En tant que soignant, nous pouvons partir de ce précepte pour l’amener développer les meilleurs attitudes face à l’enfant.

Ne pas oublier que l’enfant a un besoin vital de reconnaissance. Il ne peut vivre sans rapports affectifs, bons ou mauvais, peu importe. Il met tout dans le même panier. Or, un enfant tyran prend toute la place dans la famille. Ses mauvais comportements sont systématiquement pointés du doigt. C’est ainsi qu’il est reconnu et là, il l’est parfaitement. Il ne peut et ne veut surtout pas s’en défaire de peur de ne plus être reconnu. Conscient de cet état de fait, les parents peuvent apprendre à inverser la donne en se désintéressant des mauvais travers de l’enfant et en s’intéressant aux bons.

Il ne s’agit pas de rejeter l’enfant mais de rejeter certains de ses comportements, une nuance essentielle.

Conclusion

Ce n’est pas l’enfant tyran lui-même que nous devons rejeter : ce serait lui donner encore plus d’importance et il risquerait de renforcer encore plus son image de tyran pour pouvoir exister.

Ce n’est que le comportement de tyran que nous devons rejeter, non pas en le combattant mais en nous y désintéressant à partir du moment ou l’on sait que l’enfant est bien informé sur le fait que, si nous rejetons ce genre d’attitude, nous ne le rejetons pas lui-même pour autant.

Pour finir, ne jamais dire qu’un enfant est tyran parce que les parents l’éduquent mal car ce n’est pas toujours vrai. Il y a juste des enfants plus difficiles que d’autres. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des clones, c’est tant mieux et c’est ce qui fait le charme de la communication.

Propos sur la dopamine, l’apomorphine et la morphine

novembre 17, 2018 - 6:15 No Comments

Certains patients souffrant de la maladie de Parkinson portent une pompe à apomorphine, cette molécule étant administrée par voie digestive.

En tant que chercheur et praticien notamment spécialiste en neuro-stimulation, le Professeur Marc Vérin (*) constate qu’actuellement c’est la pompe à apomorphine qui semble la plus efficace quand on a épuisé tous les autres moyens de traitement de la maladie de Parkinson. Il l’explique par le fait que cette molécule a une formule chimique (C17H17NO2·HCl·1/2H2O) proche de la dopamine (C8H11NO2) [et donc de la lévodopa (C9H11NO4) qui en est son précurseur et qui entre dans la composition de médicaments administrés par voie orale (Modopar, Sinemet, Stalevo)].

Finalement l’apomorphine est aussi assez proche de la morphine (C17H19NO3) (**), du moins peut-on imaginer une possible interaction entre les éléments si les deux molécules sont administrées.

Je l’ai expliqué assez récemment à une collègue orthophoniste qui s’étonnait des effets néfastes de la morphine donnée à l’un de ses patients portant une pompe à apomorphine. Je lui ai dit qu’il y avait certainement là un effet détonnant et qu’il fallait sans doute que les médecins se coordonnent par rapport aux prescriptions des uns et des autres sauf si la morphine n’était pas administrée sur le long terme. (N’étant pas un spécialiste dans ce domaine pointu, ce propos est à affiner avec des férus de la pharmacopée).

(*) Le Professeur Marc Vérin est chef du service de neurologie au CHU Pontchaillou de Rennes, spécialiste de la maladie de Parkinson, pratiquant notamment la neuro-stimulation. Il a créé et dirige une unité de recherche unique en France : «Comportement et Noyaux gris Centraux».

(**) En réalité, tout est une question de nuance et de réactions variables selon les porteurs de cette pathologie comme la plupart des produits prescrits et c’est bien le pourquoi chaque patient a son protocole de soin spécifique. Le médecin prescripteur doit apprendre à connaître les effets sur chaque patient pour affiner le traitement. Une tâche souvent ardue évidemment puisque, de plus, la maladie de chacun évolue et de façon particulièrement variable.

Quand le « dys » (ou autre « handicapé ») devient pire qu’une bête de foire.

avril 12, 2018 - 10:31 No Comments

Préambule

Tout le monde connaît cette situation qui consistait autrefois (mais il n’y a pas encore si longtemps) à montrer dans les champs de foire des « bêtes curieuses » qui n’étaient pourtant qu’une particularité ethnique parmi l’espèce humaine. Les gens venaient se délecter de ce qu’ils considéraient comme ayant d’affreux atours.

À cette même époque, nous parquions aussi en asile tout individu qui ne correspondait pas au « standard psycho-socialo-corporel. »

Notre société a évolué depuis me direz-vous ?

Et bien pas vraiment en fin de compte car la standardisation continue et de plus belle.

On n’enferme plus de la même façon la personne « hors-standard », pour ne la montrer sur les champs de foire que ponctuellement, mais on lui demande de tout faire pour correspondre au plus près à la valeur standard pré-calibrée.

La démarche se veut scientifique, voulant dire sérieuse, si bien que les professionnels qui s’en occupent ont acquis de nouveaux réflexes pour objectiver la situation, le patient quittant le statut de sujet pour devenir un objet d’analyse.

De ce fait, un compte-rendu de situation n’a de valeur depuis quelques années que par ses chiffres, ses écarts-types, ses courbes montrant les disparités, l’éloignement par rapport à un idéal de valeur. J’ai assez de bouteille professionnelle pour dire que c’est bien pire qu’avant. Pas de place pour le hors-standard dans la société actuelle. Et tant pis pour celui qui ne peut pas correspondre à la valeur-type. On va le contraindre non seulement à se montrer à tout un panel de spécialistes, comme la bête de foire, mais on va le contorsionner pour qu’il puisse gommer ce qu’il est pour devenir ce qu’il ne sera sans doute jamais.

D’où me vient cette vision des choses ?

Ce sont surtout des adultes consultant pour leurs propres troubles neurologiques (ou autres) qui m’ont amené à écrire ce billet.
Ils supportent évidemment mal de se retrouver auditionnés, interrogés, évalués, calibrés mais ont aussi du mal à l’avouer.
C’est pourquoi, dans mes consultations, je fais tout pour essayer de ne pas donner l’impression d’un interrogatoire, « comme par la Gestapo » disait une patiente au retour de consultation dans un centre de soins (si une personne a cette impression, il faut l’entendre et adapter son comportement en conséquence, n’est-ce pas ?).

L’exemple du « dys »

Un « dys » (dysphasique, dyslexique, dyscalculique, dysgraphique, etc.) se caractérise par le fait d’être porteur d’un trouble d-u-r-a-b-l-e.

Dans sa vie, il aura en principe vu un tas de spécialistes qui auront tracé des courbes, auront noirci des pages de rapports pour mettre le doigt sur les disparités, les discordances, les dichotomies, etc., donneront un tas de travail supplémentaire surtout si l’évolution n’est pas assez positive.

Les tenants de l’éducation familiale et scolaire auront insufflé d’autant plus le besoin d’aller voir ailleurs d’autres spécialistes (jusqu’à ceux utilisant une méthode miracle au titre ronflant, le praticien rencontré étant reconnu spécialiste en la matière après avoir payé très cher une formation de … quelques heures !) pour tenter enfin de trouver la clé non pas du mieux-être mais du mieux-paraître.

Il y aura bien sûr un sentiment d’échec pour tout le monde au bout du chemin conduisant au rangement dans la classe du « handicap » accompagné du double sentiment d’avoir tout essayé pour éviter cette étiquette et le goût amer de l’échec de standardisation.

Que dire des parents ?

On peut évidemment comprendre les parents responsables au premier chef de l’éducation de leur enfant face aux enjeux sociaux de plus en plus difficiles (accès à l’emploi, reconnaissance sociale, épanouissement personnel, etc.).

Que dire de l’enfant (et de l’adolescent) ?

L’enfant n’a conscience de son trouble qu’à travers le regard de l’autre et en particulier l’analyse de l’adulte. Il sera de ce fait très sensible à l’image qu’on va lui renvoyer, notamment en tant que soignant, réagissant soit positivement ou s’enfonçant dans son trouble. En clair : « ça passe ou ça casse. » De ce fait, il est bon de se rappeler que le soignant doit non seulement travailler sur le trouble mais aussi mettre en avant les valeurs du patient qu’il soit enfant, adolescent ou adulte.

Que dire des patients adultes ?

Les adultes consultent souvent pour des raisons de perte de capacités. Face à ce constat de ne plus être ce qu’ils ont été, ils peuvent être prêts à tous les sacrifices pour parvenir à recouvrer un potentiel, souvent aussi poussés par l’angoisse des aidants.

Mais que dire des professionnels ?

Tous les corps de métiers qui gravitent surtout autour l’enfant (enseignement, médecine, etc.) deviennent de plus en plus anxiogènes. Ils proposent, voire imposent un parcours d’aide et de soins digne d’un champ de bataille, le remplissage de dossiers de plus en plus complexes et vont jusqu’à reprocher de façon directe ou indirecte aux parents de ne pas en faire assez (histoire de se décharger de sa propre responsabilité ou du moins de son propre échec de standardisation …), alors que ces professionnels devraient avant tout épauler, rassurer, calmer l’ardeur de standardisation pour s’intéresser au sujet et non à l’objet d’étude.

Pour finir sur une note positive…

Heureusement nous voyons des « dys » (et autres « handicapés ») portés par un formidable élan de résilience, non pas de résignation face à la différence mais une énergie d’épanouissement qui force le respect de ceux qui sont standardisés.
C’est bien là une ligne de conduite dont il faut s’inspirer pour aider au mieux les personnes simplement… différentes.

Parité, égalité ou différence

février 25, 2018 - 5:45 No Comments

Vu dans le magazine Elle du 02/02/2018 avec le titre « le père est une mère comme les autres », histoire, n’est-ce pas, de respecter la tendance à lisser les différences.

L’article n’est pas inintéressant mais, en regardant les photos d’illustration, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a toujours un fond de malaise social.

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Pourquoi donc encore de nos jours considérer qu’un père qui, par exemple, change la couche du bébé, se transforme en mère ? Il reste un père à part entière, que diable, tout comme une mère qui utilise une perceuse, reste aussi une mère ! Comment peut-on prôner une égalité, une parité ou je ne sais quoi encore en maintenant sur le fond ce cloisonnement. Quel paradoxe !

Mais en fait, pour comprendre ce que je veux dire, je n’ai pas besoin de faire des commentaires, il suffit d’imaginer, pour faire écho, l’article suivant :

« la mère est un père comme les autres » illustré de photos de mères avec une perceuse, une tondeuse ou mieux assise dans un fauteuil à lire le journal ou à regarder la télé en sirotant une bière et en se grattant l’entre-jambe.

Comme quoi les clichés ont la peau très, très dure avant que la société trouve (et même sur certains plans retrouve) une respectabilité mutuelle qu’elle a perdu en voulant lisser à tout prix les différences au lieu de miser toute l’énergie sur les vraies incohérences sociales comme les inégalités de salaires mais aussi de droits dans l’éducation, etc.

Mais sans doute faut-il passer par là pour enfin oublier par exemple l’écriture inclusive et plutôt trouver un vrai équilibre social entre les homme-e-s (euh ! Non, là ça ne fonctionne pas), enfin entre les hommes et les femmes, quoi !

Gutturalisation contre les fausses routes

décembre 24, 2017 - 5:23 No Comments

Cadeau de Noël : à l’attention des collègues orthophonistes face à la prise en charge de fausses routes.

Présentation

Récemment, je me suis levé une nuit et me suis lancé à écrire sur mon smartphone ce petit texte. Je le reconnais volontairement farfelu. Mais j’aime souvent mettre une touche humoristique dans mes rééducations pour éviter l’aspect fastidieux et/ou rébarbatif.
La lecture de cette prose est destinée à renforcer notamment la dynamique du lingual supérieur ce qui contribue largement à actionner la fermeture glottique, permettant ainsi de lutter contre les fausses routes dans le cas notamment de dégénérescences neuromotrices comme dans les syndromes parkinsoniens ou autres pathologies touchant le dynamisme ou plus exactement l’harmonisation de la sphère haute. Vous constaterez que le texte est surtout formé du phonème /k/ (préféré au /g/ pour éviter de mettre les cordes vocales en souffrance en voix projetée) parce qu’en le prononçant, une action spécifique gutturale se produit qui dynamise le lingual supérieur. Chacun sait que ce muscle a un rôle très important dans la déglutition. En effet, sa rétraction arrière forme le bolus alimentaire, ce qui bascule aussi l’épiglotte sur la trachée par « effet airbag ». Et comme la nature est bien faite, le voile du palais est lui aussi titillé pour faciliter sa réaction de fermeture.

Comment faire lire cette prose ?

Bien des écrits et méthodes mettent l’accent sur l’intensité, ce qui est une bonne chose bien sûr mais il existe un autre critère tout aussi important voire plus, c’est la mélodie.
Pourquoi ?
Parce que le travail de mélodie amène à la maîtrise de la variation du mouvement c’est-à-dire la balance entre la tension et la détente.
Il ne faut pas oublier que l’harmonie gestuelle n’est possible que par cette maîtrise de la tension ET de la détente.
Il faut donc amener la personne à déclamer le texte d’une voix suffisamment forte et claire, exagérément mélodieuse en jouant sur les variations vocales et en insistant caricaturalement surtout sur les phonèmes gutturaux et le /k/ en particulier.
En fonction de la situation, le patient suit pas à pas votre vocalisation ou se lance lui-même dans la déclaration. On peut aussi stimuler la mémoire du texte. Il y a beaucoup d’intérêt à enregistrer la production car il faut souvent mettre en doute les compétences audio-phonatoires du patient :

Le capitaine Haddock sur sa coque

Le capitaine Haddock caracole sous le foc qui claque et crie à l’équipage au milieu du lac de Carcassonne :

- « Souquez ferme la drisse grise, cette grosse corde au crochet pour l’étarquer et que l’ancre s’accroche, sacrebleu ! »

- « Mais la coque, dans le lac est au sec, capitaine Haddock ! » lui glisse en cœur l’équipage.

Le capitaine Haddock, sous le choc, écarquille les yeux et constate donc que la coque est au sec dans le lac. Il affale le foc.

- « Cocorico ! Si c’est comme ça je me casse ! » crie le gros coq, mascotte de toute la clique.

C’est là qu’à côté sous une barque un gros crapaud s’esclaffe :

- « Quouuua ? Mais le lac n’est pas sec dans mon grand trou creux ! »

Certains n’en croient rien et se moquent de cette histoire du capitaine Haddock sur une coque dans un lac sec à Carcassonne.
Qui croire ?
En tous cas, quel cas cocasse !

À vos plumes pour inventer d’autres textes ;)

Documentations

Vous pouvez trouver d’autres documents d’information autour des problèmes de fausses routes en cliquant sur les lignes suivantes :

>>>>Risque majeur en cas de trouble parkinsonien<<<<

>>>> La dysphagie parkinsonienne (écrit de Jean-Pierre Lagadec-gp29.net)<<<<

Maladie de Parkinson : le scandale du non-suivi orthophonique

mai 6, 2017 - 2:07 No Comments

Quel est le risque majeur dans la maladie de Parkinson ?

Dans le cas d’un syndrome parkinsonien (MPI et pathologies apparentées), la prise en charge orthophonique de toute forme de difficultés touchant la sphère haute (troubles de la voix, de l’articulation, de la mastication, de la déglutition, de la respiration, etc.) a toute son importance pour limiter le risque notamment de pneumopathie d’inhalation, l’une des principales causes de décès à terme en cas de non-stimulation (cette stimulation devant inclure dans son programme tension ET détente neuro-musculaire).
Je l’ai martelé pendant si longtemps en fac et dans les conférences que j’aimerais qu’on ne se limite plus à 5 à 6 % de consultations orthophoniques !!!
Tout ceci ne veut pas dire que tous les parkinsoniens doivent voir l’orthophoniste mais dès que la sphère haute s’enraye : oui et sans attendre. Et, croyez-moi, il n’y a pas qu’une méthode pour améliorer les choses (même si certaines voudraient prétendre le contraire) : les orthophonistes ont bien des techniques variées et ciblées dans leurs sacs pour améliorer les choses.
Il faut qu’on se le dise et que l’information circule car l’espérance de vie parkinsonienne est plus entre les mains de l’orthophoniste que bien d’autres approches.

Pourquoi avancer le mot « scandale » ?

Comme l’autruche, l’être humain a tendance à ne voir que le visible. Et la médecine, au sens large du terme, peut tomber dans le même travers pour n’agir qu’en fonction de ce qui est observable.

Par exemple un médecin peut avoir :

- le bon réflexe d’orienter un parkinsonien, qui marche avec difficulté, vers un kiné.
-> C’est normal : le plus grand risque étant la chute (conduisant à la douleur mais rarement au décès),

- ignorer l’importance d’un suivi orthophonique sous prétexte que le patient qui toussait souvent « ne tousse plus et donc va mieux » (oui, oui, cette réflexion existe, je l’ai rencontrée), alors que, sauf miracle, la réalité est inverse, le patient ayant perdu la capacité d’expectorer.
-> Ce n’est pas normal : le plus grand risque étant les encombrements (conduisant aux infections et trop souvent au décès).

Bien sûr, du côté du médecin, le scandale n’existe qu’à partir du moment où il rechigne à prescrire de l’orthophonie en pleine conscience de ces risques.

Du côté orthophonique, le scandale existe à partir du manque d’information et de formation sur le sujet. Le pire est que souvent quelques indications suffisent déjà à apporter des améliorations.

Alors nous, formateurs, professionnels de la chose, engageons notre responsabilité. C’est le pourquoi de ce billet.

Un résumé de situation sur le sujet est consultable ici :

La dysphagie parkinsonienne (écrit de Jean-Pierre Lagadec-gp29.net)

Maladie de Parkinson et hyperémotivité

février 26, 2017 - 11:07 No Comments

Éloge de l’émotivité

Avoir une émotivité est une bonne chose car ne pas en avoir est source d’inadaptation.
Une personne que rien n’émeut ne sent pas les choses, ne peut pas faire preuve d’empathie, ne peut pas se mettre à la place de l’autre, souffre d’une incapacité de décentration. Il ignore les états d’âme de l’autre et peut même en arriver à s’ignorer lui-même. Le trouble glisse vers un dérangement psychiatrique dans l’univers psychotique.

Tout est bien sûr une question de dose car trop d’émotivité vient perturber l’équilibre de la personne. Elle souffre alors d’une grande sensibilité aux stress, réagit émotionnellement à la moindre perturbation. Cette hyperémotivité s’exprime par des manifestations variées dont elle n’a plus le contrôle.

Hyperémotivité et maladie de Parkinson

Le traitement anti-parkinsonien permet un apport dopaminergique qui vient booster différentes aires du cerveau dont la zone limbique d’où une éventuelle hypersensibilité émotionnelle liée à cet apport médicamenteux et non à une fragilité psychologique de la personne ! La situation est telle que les malades qui souffrent de ce genre de troubles tardent à en parler et en priorité les hommes qui supportent encore moins de devenir sensibles.

En clair, l’hyperémotivité constatée chez la personne qui souffre d’une pathologie parkinsonienne est en principe liée à la médication. Qu’on se le dise et qu’on le dise car nous pouvons ainsi largement rassurer le sujet et son entourage. En effet, en l’absence de connaissance de cet état de fait, le réflexe est en principe de faire le lien entre hyperémotivité et dépression. Et, comme je le dis souvent, c’est particulièrement déprimant de s’imaginer pleinement responsable de sa propre dépression. Alors que quand on apprend qu’un médicament peut en être responsable, c’est plutôt rassurant, anti-déprime même.

L’analyse doit être la même par rapport à d’éventuels comportements déviants d’addictions au jeu et/ou au sexe liés cette fois à l’hyperstimulation dopaminergique de la zone frontale.

Un ajustement médicamenteux par le neurologue améliore en principe ces soucis d’humeur (au sens psychiatrique du terme) car tous les parkinsoniens ne réagissent pas de la même manière par rapport notamment à certains agonistes dopaminergiques (Requip, etc.).

Quand la LSVT® fait son marché

février 20, 2017 - 3:21 No Comments

PRÉSENTATION :

La LSVT® est une méthode américaine qui utilise la rééducation intensive pour aider les patients souffrants de la Maladie de Parkinson.

Une rééducation intensive apporte-t-elle une amélioration ?

Bien sûr ! N’importe quel « coach » (terme approprié bien dans la tendance sociale actuelle) vous dira que toute activité intensive apporte une amélioration.

Dans notre société, quand on parle d’activité, on peut faire référence au domaine intellectuel mais aussi et surtout au domaine physique.

Dans le cas présent, les progrès sont facilement mesurables en s’appuyant sur des courbes respectant les critères de fiabilité et de validité. C’est d’une logique statistique implacable.

Mesurer le bien-être est beaucoup plus difficile évidemment voire impossible. Mais notre société de consommation se préoccupe plus de la fonction que de l’être. C’est pourquoi le « coaching » a le vent en poupe et… nos centres médicaux-psychologiques sont de plus en plus débordés. Entre parenthèse, il nous faudrait peut-être un Ministère du « Bien-Être » comme au Boutant ;)

Est-ce que la LSVT® n’a d’intérêt que par le fait que c’est une rééducation intensive ?

Non, bien sûr, d’une part les personnes qui n’ont que peu de connaissances sur la maladie de Parkinson trouvent un intérêt dans les stages de formation, d’autre part l’entraînement vocal présentent un réel apport dès le début de la pathologie quand la sphère haute présente des signes de manque de dynamisme ce qui évite une dégradation dramatique de cette zone pouvant conduire à des troubles tels que la pneumopathie d’inhalation et au décès en cas de dégradation majeure. Je martèle toujours que trop peu de personnes souffrant d’un syndrome parkinsonien bénéficient d’une aide orthophonique. Cette aide n’est pas pour le confort, c’est carrément vital.

La rééducation intensive proposée par la LSVT® est-elle une panacée ?

La maladie de Parkinson se caractérise par une rétraction neuro-musculaire plus ou moins importante, une hypertonie notamment axiale, donc de la sphère haute pouvant entraîner une discordance pneumo-phonique par perte de l’amplitude de différence entre la tension et la détente, la base même de l’harmonie gestuelle. Seulement, on a tendance à oublier la prise de conscience du relâchement en ne s’axant que sur le renforcement alors que l’hypertonie est déjà trop forte.

La LSVT® semble ne pas assez prendre en compte un élément essentiel pour améliorer le mouvement : la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire, la diminution des réactions paratoniques, la relaxation psychomotrice (*). Encore faut-il avoir une formation sur ce plan mais c’est ce qui semble manquer aux tenants de cette méthode qui au passage ne réservent leur programme qu’à ceux qui auront suivi leur formation moyennant finance (**).

Pourquoi dire que la LSVT® fait son marché ?

J’ai longtemps enseigné la maladie de Parkinson au centre de formation en orthophonie à Nantes et je dois dire que la façon de la LSVT® de transmettre un savoir qu’aux seuls initiés (attitude louable sur le plan commercial, me direz-vous) en verrouillant de manière si habile toute diffusion me pose un sacré problème eu regard de notre éthique européenne, de notre façon de concevoir la transmission du savoir pour la santé de tous.

Observez l’organisation marketing de la méthode et vous verrez que tout est parfaitement rôdé sur ce plan mais à mon sens business et santé ne font pas bon ménage.

Je veux bien entendre que la méthode LSVT® ne met pas le profit au premier plan mais encore faudrait-il que les tenants de cette technique m’en apporte la preuve… en me montrant au détail leur programme de formation par exemple.

Je veux bien qu’il faille une formation pour s’initier à une technique, il n’en demeure pas moins que ceux qui se retrouvent sur la liste de formation après seulement 12 heures d’initiation et qui recrachent au bassinet au bout de deux ans au maximum pour rester sur la liste des techniciens LSVT® ne se transforment pas pour autant en seuls spécialistes de la maladie de Parkinson.

En clair, arrêtons de tout faire tourner autour de la LSVT®. Il y a bien d’autres approches tout aussi intéressantes, même si elles font moins de tapage pour se mettre en haut du panier.

On me demande parfois quelles sont « les autres méthodes qui marchent » ?

D’abord, plutôt que méthode, je préfère parler de technique ou d’approche.

Prenons juste un exemple : Il est clair que la LSVT® mise sur le renforcement moteur. C’est intéressant. Elle agit comme un « coach » sportif. Mais l’harmonie gestuelle ne se fait pas que par renforcement. Il faut qu’il y ait une échelle de différence tension/détente. Tout bon coach le sait. Alors, si le parkinsonien dysarthrique est paratonique (ce qui est plus que fréquent), il faut lui faire découvrir ou redécouvrir le relâchement volontaire pour que le mouvement retrouve mieux son naturel et son économie. Cet élément n’est pas dans le protocole LSVT®. Si à partir de là, les tenants de la méthode LSVT® l’ajoute dans leur programme, dites bien que c’est ma Propriété Intellectuelle ;)

Ce ne sont pas les méthodes exclusives qui nous font avancer mais les formations variées qui nous permettent de mieux nous adapter à chaque cas spécifique.

Personnellement, je suis allé même chercher en dehors des sentiers occidentaux… Mes formations vont de techniques asiatiques à d’autres plus occidentales telles que la relaxation thérapeutique pour parler d’autres choses que ce qui est fait en LSVT®. J’utilise aussi des techniques qui s’apparentent à ce qui se fait en LSVT® sans en porter le nom.

Encore une fois, je n’ai rien contre cette approche intensive et je n’ai rien contre le fait que certains de mes patients aillent voir des collègues LSVT®. Je ne pêche pas pour ma chapelle.

Une rééducation intensive peut avoir son intérêt surtout dans des cas spécifiques, notamment pour les MPI débutantes avec perte d’énergie axiale.

Je me méfie par contre de ce genre d’entraînement dans les cas de Parkinson Plus (représentant tout de même environ 15 % des pathologies parkinsoniennes) lorsque l’axe est bien trop hypertonique. Il est tout de même gênant d’ajouter la dysphonie à la dysarthrie… (genre de choses que j’ai rencontré après rééducation LSVT®)

Sans nier, en aucun cas, l’efficacité de la LSVT®, vous voyez bien que d’autres approches ou techniques sont possibles voire essentielles. Comme quoi, il ne faut jamais se contenter de méthodes mais chercher, se former, douter, avancer, corriger, s’adapter à chaque cas.

Pourquoi ne pas suivre qu’une méthode ?

Il est certain que tout ce que nous avons appris en formations ou en stages, si possible de manières variées, nous apprend à adapter le soin à la singularité du patient et à son état du jour. D’où l’importance de varier les formations.

Mettre en place un protocole de soin sans tenir compte de l’état du jour sous prétexte de suivre une méthode à la lettre me chagrine voire me révolte.

Un soignant ne doit être en aucun cas un répétiteur. Ce n’est pas un trouble qu’il a face à lui mais un patient porteur d’un trouble.

Mais alors pourquoi les courbes de résultats montrent une efficacité de la méthode LSVT® ?

Tout vient de la rééducation intensive. Créez n’importe quelle méthode sur le plan moteur ou neuro-moteur basée sur le conditionnement intensif et vous obtiendrez rapidement des résultats tangibles. Ce n’est pas un scoop.

Il est vrai que le reconditionnement de la mobilité de la sphère haute a toute son importance (parfois vitale) dans le cas de maladie de Parkinson et j’ai confiance dans n’importe quel professionnel intéressé par cet engagement thérapeutique, formé à la méthode LSVT® ou autres approches, peu importe pourvu qu’on s’intéresse au sujet (et non à l’objet) présent dans le cabinet.

Pourquoi certains parkinsoniens sont prêts à faire des kilomètres pour suivre cette méthodes ?

N’importe quelle personne atteinte d’une pathologie est à l’affût de tout ce qui peut améliorer son état et c’est logique. Mais il faut savoir aussi qu’une personne atteinte d’un syndrome parkinsonien peut avoir une fragilité frontale. De ce fait le discernement, le recul nécessaire peut être altéré poussant le sujet à imaginer qu’une seule méthode suffira à améliorer leur état. Il fonce donc tête baissée.

Il y a une certaine logique face à la situation de dégradation du potentiel, mais il serait bon et sain de ne pas en profiter commercialement en laissant croire que la seule issue est d’utiliser LA méthode qui a le vent en poupe.

Il en est de même du côté des professionnels de santé qui, même dans le cas de recherche d’augmentation du nombre de patients, ont tout intérêt à ne pas se contraindre à une seule méthode de travail. Il en va de leur crédibilité professionnelle et de leur adaptation à la singularité de chaque patient.

Pourtant, en lisant les commentaires à vision unilatérale LSVT® sur les réseaux sociaux, je me dis que l’élan marketing touche tous les domaines même l’orthophonie…

Quel est enfin le risque sous-jacent dans le fait d’utiliser exclusivement une méthode intensive ?

La Sécurité Sociale pourrait finir par entrer dans le jeu en accordant une prolongation de soin (avec parcimonie) que dans le cas de résultats objectivés sur un instant suffisamment court ! Sympa dans le cas de troubles dégénératifs n’est-ce pas ! Ça se fait déjà ailleurs comme… aux États Unis (tiens, tiens… d’où vient donc la LSVT® ?)

Que faire si vous n’êtes pas estampillé LSVT® ?

Faîtes confiance à votre formation professionnelle, adaptez-vous au patient en face de vous et si vous pensez manquer de techniques, faîtes comme beaucoup d’orthophonistes savent faire : formez-vous dans la diversité, allez spécifiquement piocher toute info sur le travail vocal en misant au besoin sur l’intensif, histoire de faire un traitement style « générique de LSVT®  » (***).
En effet, jusqu’à preuve du contraire, la LSVT® n’a pas le monopole du travail intensif ou alors dès demain je m’en vais déposer le brevet de l’invention de la roue.
Je n’ai personnellement pas attendu l’arrivée de cette méthode sur le marché pour proposer un travail vocal intensif et je ne suis pas évidemment le seul… (*****)

J’y ajoute une touche personnelle issue de ma formation de psychomotricien : le travail sur la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire.

Que faire encore ?

Demander à une personne formée LSVT® de donner des exemples d’exercices… ah, non ça ce n’est pas possible en fait, elle s’est engagée à ne pas transmettre des infos… copyright oblige… même si les tenants de cette méthode ne sont pas gênés d’aller chercher des idées ailleurs, les auteurs de ces idées-ci ayant la présence d’esprit de mettre davantage en avant l’éthique professionnelle que la protection intellectuelle).

CONCLUSION

La LSVT® est une méthode de conditionnement pour objectiver des résultats rapides. Elle a certes son efficacité mais aussi ses limites. Bien d’autres approches sont intéressantes, voire complémentaires, sans avoir forcément une estampille de protection de la marque !

De grâce, chers collègues, méfiez-vous du miroir aux alouettes, ne tombez pas dans le travers de l’hyper-technicité. Je ne voudrais pas que vous souffriez de « monométhodose infectieuse » (***) en vous cachant derrière un protocole de soins qui transforme le patient non pas en sujet mais en objet de traitement, même si c’est sécurisant puisqu’en cas d’échec on peut toujours se rassurer en disant que c’est le patient qui ne s’est pas adapté à une technique qui a fait ses preuves d’efficacité, courbes à l’appui. La bonne aubaine quand on sait qu’il y a autant de parkinsoniens que de maladies de Parkinson !

Je critique surtout l’élan marketing qui veut laisser croire qu’il n’y a que la LSVT® qui marche. C’est très prétentieux de le dire et de l’écrire, pour ne pas dire litigieux…

P. S. :
Ai-je poussé le curseur un peu trop loin ?

J’aimerais bien mais c’est surtout pour secouer le cocotier et récolter les bons fruits. Alors maintenant, à vos critiques ;)

(*) une prise en charge psychomotrice peut répondre à ce besoin mais qui en a l’idée ?…

(**) Voici ce qu’étaient les tarifs de formation LSVT® LOUD (destinée aux orthophonistes) les 13 et 14 octobre 2016 à Paris (pour seulement 12 H 30 en deux jours) :

-> 595 € pour les petits nouveaux (pas 599 c’est réservé au domaine commercial, voyons ! Mais pas 600 non plus, c’est trop cher.)

-> 310 € pour la personne déjà certifiée pour pouvoir rester sur la liste de certification qui n’est valable que pour deux ans !
[Les tenants de cette méthode :
- soit pensent que les stagiaires ont des pertes importantes de mémoire (une perte de plus de 50% en deux ans, c'est mathématique),
- soit proposent plus de 50 % de nouveautés tous les deux ans (c'est mathématique),
- soit veulent que les certifiés crachent à nouveau au bassinet pour conserver l'estampille LSVT® mais ce serait être mauvaise langue que de l'imaginer.]

-> 410 € pour les étudiants (un rabais s’impose mais papa-maman peuvent peut-être payer).

Il faut dire que maintenant il existe aussi la LSVT BIG® pour les kinés (et ergos) dans les mêmes conditions d’organisation. La démonstration que j’ai vue s’apparente au taï-chi-chuan sans en porter le nom ; une présentation si mécanique occultant sa source essentielle de respiration et de détente mais c’est vrai que c’était un exposé très rapide…
Toujours avec l’idée d’une rééducation intensive avec évidemment l’estampille LSVT®, je me demande si on ne va pas nous pondre la même chose à destination des orthoptistes, des neuro-psychologues, des psychomotriciens, … (bien que ceux-ci soient difficilement « 
méthodables« , on ne les a pas, en principe, formatés dans ce sens)
D’autres méthodes ont déjà brûlé ainsi leurs ailes par le passé. Permettez-moi de taire leur nom…

(***) C.f. : le billet suivant :
la monométhodose infectieuse

(****) voir le billet suivant :
Quand le soignant devient médicament

(*****) par exemple Johnson et Pring ont proposé une méthode de stimulation intensive des fonctions laryngo-respiratoires, de la prosodie, de l’articulation en 1990 alors que la LSVT® date de 1994. Et bien d’autres travaux datent d’avant 1994 comme ceux de Downie et al. (1981), Scott et Caird (1983), Hanson et Metter (1983), Robertson et Thomson (1984), Rubow et Swift (1985), Le Dorze et al. (1992), Adams et Lang (1992)… pour ne lister que certains de ceux cités dans le livre la maladie de Parkinson dirigé par le Pr André Rascol (p. 227 et suivantes, Acanthe, Masson, Paris, 1998).