Archive for the ‘Les coups de gueule’ Category

Quand le soignant devient médicament

septembre 28, 2018 - 10:18 1 Comment

Comme je viens d’avoir eu vent de la prescription suivante (mais on peut voir fleurir des idées du même style) :

« faire pratiquer en urgence une rééducation orthophonique méthode LSVT 2 séances par semaine »
,

je me demande, du coup, si les génériques sont possibles dans ce cas.

De plus, je pense que le médecin aurait dû au-moins prescrire :

« 2 LSVT/sem à jeun le matin pdt 1 mois »

Ok je sors…

P. S. : En plus, tout le monde sait que cette méthode n’a d’efficacité reconnue que si la dose est de 4/sem…

Purée ! Que faire ? :

C’est simple : refuser la prescription car non conforme à la convention (ça m’arrive et je n’ai jamais eu de médecins refusant de se plier à cette règle).

La prescription doit être la suivante : « bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire ».

Oui, il faut relever la tête et montrer que nous ne sommes pas de simples exécutants mais bien des professionnels au pouvoir diagnostic dans notre domaine et libre dans notre programme pour mener à bien le soin.
Mais il faudrait bien sûr que chaque professionnel tienne le même son de cloche pour que ce genre de dérapage n’existe pas, car il s’agit bien d’un dérapage… de pouvoir.

Certains serait peut-être tenté de dire que je réagis de la sorte parce que je suis un homme dans un monde de femme. Je ne le pense pas car j’en connais certaines qui sont plus virulentes que moi. Mais je constate que ce sont surtout celles qui, comme moi, ont déjà pas mal roulé leur bosse et qui ne se laissent pas démonter.

Encourageons les débutants pour qu’ils aillent dans le même sens dans l’intérêt d’une bonne conduite de soin.

Non à la fiction sur fond d’attentat au Bataclan

décembre 24, 2017 - 11:48 No Comments

Quand la course à l’Audimat conduit à se repaître coûte que coûte du malheur du monde, on atteint les sommets d’une déviance morale, une forme de perversion particulièrement néfaste socialement.
Aux tenants du projet aveuglés par l’envie, demandons-leur d’ouvrir les yeux à la décence, au respect et à la retenue.

Pour que France2 renonce à son projet de téléfilm sur fond d’attentat au Bataclan :
Signez la pétition en cliquant sur la ligne suivante :

>>> accès à la pétition : non à la fiction sur fond d’attentat au Bataclan<<<

Quand les médias font leur marché de la polémique

décembre 17, 2017 - 4:11 No Comments

Méfiance ! Les médias ont de plus en plus tendance à se délecter de la polémique autour du « comportementalement correct » pour attirer l’attention et non pour le bien social. Et actuellement les exemples sont particulièrement nombreux autour du racisme, du sexisme, du féminisme, etc. En se laissant guider par ces sujets de polémique qui n’ont qu’un intérêt financier pour les médias, notre société risque de glisser vers un sectarisme malsain.

Exemple : quand le mélioratif est transposé en péjoratif

Prenons l’exemple le plus récent :

20171217-160519.jpg
(Photo : SIPA)

Notre nouvelle miss France 2018 (Maëva Coucke) a osé employer l’expression « crinière de lionne » (*) en référence à la chevelure de miss France 2017 (Alycia Aylies). Tout le monde sait qu’en la circonstance, le vocable était certainement mélioratif et non péjoratif ce qui n’a pas empêché certains médias d’en profiter pour attiser une polémique malvenue, alors que, quand les critères de canons de beautés se font sur des choix capillaires aussi variés, c’est plutôt sain et rassurant, ne donnant pas lieu à polémiquer et encore moins à en faire tout un article, pour ne pas dire un fromage. Point barre !

(*) : les polémistes obtus n’auront pas oublié de rester au sens premier de l’expression en ne manquant pas de préciser qu’une lionne n’a pas de crinière, en oubliant donc qu’il est question ici d’espèce humaine et je suis bien placé pour dire que certaines ont une sacrément belle crinière ! ;)

Quand la LSVT® fait son marché

février 20, 2017 - 3:21 No Comments

PRÉSENTATION :

La LSVT® est une méthode américaine qui utilise la rééducation intensive pour aider les patients souffrants de la Maladie de Parkinson.

Une rééducation intensive apporte-t-elle une amélioration ?

Bien sûr ! N’importe quel « coach » (terme approprié bien dans la tendance sociale actuelle) vous dira que toute activité intensive apporte une amélioration.

Dans notre société, quand on parle d’activité, on peut faire référence au domaine intellectuel mais aussi et surtout au domaine physique.

Dans le cas présent, les progrès sont facilement mesurables en s’appuyant sur des courbes respectant les critères de fiabilité et de validité. C’est d’une logique statistique implacable.

Mesurer le bien-être est beaucoup plus difficile évidemment voire impossible. Mais notre société de consommation se préoccupe plus de la fonction que de l’être. C’est pourquoi le « coaching » a le vent en poupe et… nos centres médicaux-psychologiques sont de plus en plus débordés. Entre parenthèse, il nous faudrait peut-être un Ministère du « Bien-Être » comme au Boutant ;)

Est-ce que la LSVT® n’a d’intérêt que par le fait que c’est une rééducation intensive ?

Non, bien sûr, d’une part les personnes qui n’ont que peu de connaissances sur la maladie de Parkinson trouvent un intérêt dans les stages de formation, d’autre part l’entraînement vocal présentent un réel apport dès le début de la pathologie quand la sphère haute présente des signes de manque de dynamisme ce qui évite une dégradation dramatique de cette zone pouvant conduire à des troubles tels que la pneumopathie d’inhalation et au décès en cas de dégradation majeure. Je martèle toujours que trop peu de personnes souffrant d’un syndrome parkinsonien bénéficient d’une aide orthophonique. Cette aide n’est pas pour le confort, c’est carrément vital.

La rééducation intensive proposée par la LSVT® est-elle une panacée ?

La maladie de Parkinson se caractérise par une rétraction neuro-musculaire plus ou moins importante, une hypertonie notamment axiale, donc de la sphère haute pouvant entraîner une discordance pneumo-phonique par perte de l’amplitude de différence entre la tension et la détente, la base même de l’harmonie gestuelle. Seulement, on a tendance à oublier la prise de conscience du relâchement en ne s’axant que sur le renforcement alors que l’hypertonie est déjà trop forte.

La LSVT® semble ne pas assez prendre en compte un élément essentiel pour améliorer le mouvement : la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire, la diminution des réactions paratoniques, la relaxation psychomotrice (*). Encore faut-il avoir une formation sur ce plan mais c’est ce qui semble manquer aux tenants de cette méthode qui au passage ne réservent leur programme qu’à ceux qui auront suivi leur formation moyennant finance (**).

Pourquoi dire que la LSVT® fait son marché ?

J’ai longtemps enseigné la maladie de Parkinson au centre de formation en orthophonie à Nantes et je dois dire que la façon de la LSVT® de transmettre un savoir qu’aux seuls initiés (attitude louable sur le plan commercial, me direz-vous) en verrouillant de manière si habile toute diffusion me pose un sacré problème eu regard de notre éthique européenne, de notre façon de concevoir la transmission du savoir pour la santé de tous.

Observez l’organisation marketing de la méthode et vous verrez que tout est parfaitement rôdé sur ce plan mais à mon sens business et santé ne font pas bon ménage.

Je veux bien entendre que la méthode LSVT® ne met pas le profit au premier plan mais encore faudrait-il que les tenants de cette technique m’en apporte la preuve… en me montrant au détail leur programme de formation par exemple.

Je veux bien qu’il faille une formation pour s’initier à une technique, il n’en demeure pas moins que ceux qui se retrouvent sur la liste de formation après seulement 12 heures d’initiation et qui recrachent au bassinet au bout de deux ans au maximum pour rester sur la liste des techniciens LSVT® ne se transforment pas pour autant en seuls spécialistes de la maladie de Parkinson.

En clair, arrêtons de tout faire tourner autour de la LSVT®. Il y a bien d’autres approches tout aussi intéressantes, même si elles font moins de tapage pour se mettre en haut du panier.

On me demande parfois quelles sont « les autres méthodes qui marchent » ?

D’abord, plutôt que méthode, je préfère parler de technique ou d’approche.

Prenons juste un exemple : Il est clair que la LSVT® mise sur le renforcement moteur. C’est intéressant. Elle agit comme un « coach » sportif. Mais l’harmonie gestuelle ne se fait pas que par renforcement. Il faut qu’il y ait une échelle de différence tension/détente. Tout bon coach le sait. Alors, si le parkinsonien dysarthrique est paratonique (ce qui est plus que fréquent), il faut lui faire découvrir ou redécouvrir le relâchement volontaire pour que le mouvement retrouve mieux son naturel et son économie. Cet élément n’est pas dans le protocole LSVT®. Si à partir de là, les tenants de la méthode LSVT® l’ajoute dans leur programme, dites bien que c’est ma Propriété Intellectuelle ;)

Ce ne sont pas les méthodes exclusives qui nous font avancer mais les formations variées qui nous permettent de mieux nous adapter à chaque cas spécifique.

Personnellement, je suis allé même chercher en dehors des sentiers occidentaux… Mes formations vont de techniques asiatiques à d’autres plus occidentales telles que la relaxation thérapeutique pour parler d’autres choses que ce qui est fait en LSVT®. J’utilise aussi des techniques qui s’apparentent à ce qui se fait en LSVT® sans en porter le nom.

Encore une fois, je n’ai rien contre cette approche intensive et je n’ai rien contre le fait que certains de mes patients aillent voir des collègues LSVT®. Je ne pêche pas pour ma chapelle.

Une rééducation intensive peut avoir son intérêt surtout dans des cas spécifiques, notamment pour les MPI débutantes avec perte d’énergie axiale.

Je me méfie par contre de ce genre d’entraînement dans les cas de Parkinson Plus (représentant tout de même environ 15 % des pathologies parkinsoniennes) lorsque l’axe est bien trop hypertonique. Il est tout de même gênant d’ajouter la dysphonie à la dysarthrie… (genre de choses que j’ai rencontré après rééducation LSVT®)

Sans nier, en aucun cas, l’efficacité de la LSVT®, vous voyez bien que d’autres approches ou techniques sont possibles voire essentielles. Comme quoi, il ne faut jamais se contenter de méthodes mais chercher, se former, douter, avancer, corriger, s’adapter à chaque cas.

Pourquoi ne pas suivre qu’une méthode ?

Il est certain que tout ce que nous avons appris en formations ou en stages, si possible de manières variées, nous apprend à adapter le soin à la singularité du patient et à son état du jour. D’où l’importance de varier les formations.

Mettre en place un protocole de soin sans tenir compte de l’état du jour sous prétexte de suivre une méthode à la lettre me chagrine voire me révolte.

Un soignant ne doit être en aucun cas un répétiteur. Ce n’est pas un trouble qu’il a face à lui mais un patient porteur d’un trouble.

Mais alors pourquoi les courbes de résultats montrent une efficacité de la méthode LSVT® ?

Tout vient de la rééducation intensive. Créez n’importe quelle méthode sur le plan moteur ou neuro-moteur basée sur le conditionnement intensif et vous obtiendrez rapidement des résultats tangibles. Ce n’est pas un scoop.

Il est vrai que le reconditionnement de la mobilité de la sphère haute a toute son importance (parfois vitale) dans le cas de maladie de Parkinson et j’ai confiance dans n’importe quel professionnel intéressé par cet engagement thérapeutique, formé à la méthode LSVT® ou autres approches, peu importe pourvu qu’on s’intéresse au sujet (et non à l’objet) présent dans le cabinet.

Pourquoi certains parkinsoniens sont prêts à faire des kilomètres pour suivre cette méthodes ?

N’importe quelle personne atteinte d’une pathologie est à l’affût de tout ce qui peut améliorer son état et c’est logique. Mais il faut savoir aussi qu’une personne atteinte d’un syndrome parkinsonien peut avoir une fragilité frontale. De ce fait le discernement, le recul nécessaire peut être altéré poussant le sujet à imaginer qu’une seule méthode suffira à améliorer leur état. Il fonce donc tête baissée.

Il y a une certaine logique face à la situation de dégradation du potentiel, mais il serait bon et sain de ne pas en profiter commercialement en laissant croire que la seule issue est d’utiliser LA méthode qui a le vent en poupe.

Il en est de même du côté des professionnels de santé qui, même dans le cas de recherche d’augmentation du nombre de patients, ont tout intérêt à ne pas se contraindre à une seule méthode de travail. Il en va de leur crédibilité professionnelle et de leur adaptation à la singularité de chaque patient.

Pourtant, en lisant les commentaires à vision unilatérale LSVT® sur les réseaux sociaux, je me dis que l’élan marketing touche tous les domaines même l’orthophonie…

Quel est enfin le risque sous-jacent dans le fait d’utiliser exclusivement une méthode intensive ?

La Sécurité Sociale pourrait finir par entrer dans le jeu en accordant une prolongation de soin (avec parcimonie) que dans le cas de résultats objectivés sur un instant suffisamment court ! Sympa dans le cas de troubles dégénératifs n’est-ce pas ! Ça se fait déjà ailleurs comme… aux États Unis (tiens, tiens… d’où vient donc la LSVT® ?)

Que faire si vous n’êtes pas estampillé LSVT® ?

Faîtes confiance à votre formation professionnelle, adaptez-vous au patient en face de vous et si vous pensez manquer de techniques, faîtes comme beaucoup d’orthophonistes savent faire : formez-vous dans la diversité, allez spécifiquement piocher toute info sur le travail vocal en misant au besoin sur l’intensif, histoire de faire un traitement style « générique de LSVT®  » (***).
En effet, jusqu’à preuve du contraire, la LSVT® n’a pas le monopole du travail intensif ou alors dès demain je m’en vais déposer le brevet de l’invention de la roue.
Je n’ai personnellement pas attendu l’arrivée de cette méthode sur le marché pour proposer un travail vocal intensif et je ne suis pas évidemment le seul… (*****)

J’y ajoute une touche personnelle issue de ma formation de psychomotricien : le travail sur la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire.

Que faire encore ?

Demander à une personne formée LSVT® de donner des exemples d’exercices… ah, non ça ce n’est pas possible en fait, elle s’est engagée à ne pas transmettre des infos… copyright oblige… même si les tenants de cette méthode ne sont pas gênés d’aller chercher des idées ailleurs, les auteurs de ces idées-ci ayant la présence d’esprit de mettre davantage en avant l’éthique professionnelle que la protection intellectuelle).

CONCLUSION

La LSVT® est une méthode de conditionnement pour objectiver des résultats rapides. Elle a certes son efficacité mais aussi ses limites. Bien d’autres approches sont intéressantes, voire complémentaires, sans avoir forcément une estampille de protection de la marque !

De grâce, chers collègues, méfiez-vous du miroir aux alouettes, ne tombez pas dans le travers de l’hyper-technicité. Je ne voudrais pas que vous souffriez de « monométhodose infectieuse » (***) en vous cachant derrière un protocole de soins qui transforme le patient non pas en sujet mais en objet de traitement, même si c’est sécurisant puisqu’en cas d’échec on peut toujours se rassurer en disant que c’est le patient qui ne s’est pas adapté à une technique qui a fait ses preuves d’efficacité, courbes à l’appui. La bonne aubaine quand on sait qu’il y a autant de parkinsoniens que de maladies de Parkinson !

Je critique surtout l’élan marketing qui veut laisser croire qu’il n’y a que la LSVT® qui marche. C’est très prétentieux de le dire et de l’écrire, pour ne pas dire litigieux…

P. S. :
Ai-je poussé le curseur un peu trop loin ?

J’aimerais bien mais c’est surtout pour secouer le cocotier et récolter les bons fruits. Alors maintenant, à vos critiques ;)

(*) une prise en charge psychomotrice peut répondre à ce besoin mais qui en a l’idée ?…

(**) Voici ce qu’étaient les tarifs de formation LSVT® LOUD (destinée aux orthophonistes) les 13 et 14 octobre 2016 à Paris (pour seulement 12 H 30 en deux jours) :

-> 595 € pour les petits nouveaux (pas 599 c’est réservé au domaine commercial, voyons ! Mais pas 600 non plus, c’est trop cher.)

-> 310 € pour la personne déjà certifiée pour pouvoir rester sur la liste de certification qui n’est valable que pour deux ans !
[Les tenants de cette méthode :
- soit pensent que les stagiaires ont des pertes importantes de mémoire (une perte de plus de 50% en deux ans, c'est mathématique),
- soit proposent plus de 50 % de nouveautés tous les deux ans (c'est mathématique),
- soit veulent que les certifiés crachent à nouveau au bassinet pour conserver l'estampille LSVT® mais ce serait être mauvaise langue que de l'imaginer.]

-> 410 € pour les étudiants (un rabais s’impose mais papa-maman peuvent peut-être payer).

Il faut dire que maintenant il existe aussi la LSVT BIG® pour les kinés (et ergos) dans les mêmes conditions d’organisation. La démonstration que j’ai vue s’apparente au taï-chi-chuan sans en porter le nom ; une présentation si mécanique occultant sa source essentielle de respiration et de détente mais c’est vrai que c’était un exposé très rapide…
Toujours avec l’idée d’une rééducation intensive avec évidemment l’estampille LSVT®, je me demande si on ne va pas nous pondre la même chose à destination des orthoptistes, des neuro-psychologues, des psychomotriciens, … (bien que ceux-ci soient difficilement « 
méthodables« , on ne les a pas, en principe, formatés dans ce sens)
D’autres méthodes ont déjà brûlé ainsi leurs ailes par le passé. Permettez-moi de taire leur nom…

(***) C.f. : le billet suivant :
la monométhodose infectieuse

(****) voir le billet suivant :
Quand le soignant devient médicament

(*****) par exemple Johnson et Pring ont proposé une méthode de stimulation intensive des fonctions laryngo-respiratoires, de la prosodie, de l’articulation en 1990 alors que la LSVT® date de 1994. Et bien d’autres travaux datent d’avant 1994 comme ceux de Downie et al. (1981), Scott et Caird (1983), Hanson et Metter (1983), Robertson et Thomson (1984), Rubow et Swift (1985), Le Dorze et al. (1992), Adams et Lang (1992)… pour ne lister que certains de ceux cités dans le livre la maladie de Parkinson dirigé par le Pr André Rascol (p. 227 et suivantes, Acanthe, Masson, Paris, 1998).

« Cause idiopathique « => cause psychologique ? C’est pas automatique.

octobre 27, 2016 - 9:41 No Comments


« Il n’y a pas de vérités premières :
il n’y a que des erreurs premières »
Gaston Bachelard (1884-1962)

Qu’est-ce qu’une « cause idiopathique » ?

La médecine, notamment occidentale, essaie toujours de garder la tête haute en évitant de se montrer impuissante face à certaines pathologies. Elle peut utiliser des termes très scientifiques et surtout très hermétiques pour expliquer la cause comme « idiopathique », plus court mais aussi plus pompeux que « dont on ne connaît pas la cause »… D’où la pirouette de l’expression « cause idiopathique » utilisée dans le titre : on vous donne au-moins une réponse logique sur une question fondamentale. En quelque sorte, le médecin vous dit : « je connais la cause, c’est une cause inconnue ! » ;)

Et la cause psychologique ?

Une autre arme infaillible est de rendre responsable le malade de son propre trouble en lui annonçant que la cause est psychologique, histoire de se défausser en tant que professionnel du soin et de retourner le patient contre lui-même, ce qui risque de ne pas arranger les choses mais qui offre l’avantage d’être « scientifiquement vraisemblable ».
En effet, on peut scientifiquement dire, par exemple, que tout le monde est plus ou moins stressé, que sur une échelle de 0 à 10, le curseur mis sur 0 est impossible (hors décès). De plus, il est vrai que le mauvais stress n’arrange jamais la santé, tout le monde le sait : un boulevard de vérité dans la recherche d’une réponse scientifique, fiable.

Ceci étant, le médecin qui annonce qu’un problème par exemple de peau est lié au stress, s’assure de dire une lapalissade du moins tant qu’il n’ajoute pas le mot « psychologique ».
Tout le monde sait que la peau (organe le plus important du corps humain) est très sensible au stress : le coup de soleil est, par exemple, lié au stress,… celui des rayons du soleil.

Heureusement, le bon sens pousse le plus souvent le médecin à éviter de dire de façon directe que le problème est psychologique, ce qui ne l’empêche pas de prescrire éventuellement une médication qui va dans ce sens. Il sait trop bien qu’il n’a pas intérêt à condamner psychologiquement son patient s’il veut le revoir.

Ceci étant, bien des pathologies ont certainement une cause première psychologique (j’avais lu un jour 5/6 des consultations médicales mais je me suis toujours demandé sur quelle base scientifique on avait pu s’appuyer pour déterminer cette proportion, alors contentons-nous de supposer : beaucoup !).

Il est cependant malvenu de dire qu’une pathologie idiopathique est liée au stress psychologique. Mais pourquoi ?

Il y a au-moins deux bonnes raisons :

1 – Tout bêtement d’abord parce qu’elle est idiopathique. Il n’y a donc rien de scientifique dans ce genre d’affirmation. On ne peut pas certifier le supposé, c’est une lapalissade, je vous le dis.

Bien sûr, certains pourraient rétorquer que le stress psychologique peut être à la base de désordres organiques. C’est vrai mais, tant qu’on n’a pas de preuves, bien malin est celui qui peut certifier l’origine d’un trouble, qui de l’œuf ou de la poule est venu le premier. Certifier une théorie plutôt qu’une autre, c’est se perdre dans les méandres de l’incertitude. Après tout les théories ne soumettent que des hypothèses et non des certitudes. Il faut s’en servir pour avancer mais en aucun cas s’enfermer dans un préjugé. De plus, il ne faut pas confondre ce qui engendre un trouble et ce qui peut l’entretenir.

2 - Il faut savoir aussi que, face à des troubles dont on ne connaît pas la cause, il est malvenu, et même surtout néfaste de dire que c’est psychologique.
Pourquoi ?
Annoncer au patient, surtout incidemment sans voie d’accès vers une solution, qu’il est responsable de son propre trouble n’arrange rien, bien au contraire, sauf peut-être pour celui qui l’annonce au malade. Une manière d’écarter d’un revers de main son propre engagement face à la pathologie pour le médecin qui laisse sortir le patient avec le sentiment coupable d’avoir créer lui-même son trouble.

Un exemple : l’ulcère de l’estomac

La médecine a eu les yeux embrumés pendant bien longtemps devant les ulcères de l’estomac, se contentant de dire que cette pathologie était liée au stress et prescrivant au passage des anti-stress au risque d’augmenter le problème.
Puis en 1981, on s’est aperçu qu’une bactérie, l’helicobacter pylori, était presque toujours la vraie responsable. Aujourd’hui, en combattant cette petite bébête, 90 % des ulcères sont traités sans récidive…

Tous les stress ne sont pas psychologiques et la cause psychologique, c’est pas automatique ! CQFD

Un peu de « parentalisme » (*)

janvier 17, 2016 - 11:26 No Comments

Non, non je ne veux pas rentrer dans un conflit père-mère ou homme-femme, ni développer un masculinisme face au féminisme mais plutôt défendre le concept de « parentalisme » (*) :

Je remercie tout d’abord mon fils, père de quatre enfants en bas âge et qui se démène tous les jours pour allier travail et rôle parental (en y parvenant très bien). Je suis en admiration. C’est lui qui m’a fait découvrir un article intéressant sur le net paru dans huffingtonpost.fr (**), intitulé « un papa n’est ni un baby-sitter ni un assistant, c’est un parent » (Rachel Toalson bloggeuse pour Crash Test Parents – Racheltoalson.com).

Si nous voulons que les pères s’impliquent davantage dans l’éducation des enfants, il faut leur laisser une vrai place. Bien sûr, c’est aussi à lui de prendre sa place sans attendre qu’on lui la donne. Il a une responsabilité parentale qu’il doit assumer.

On entend trop souvent l’attente à ce que le père « participe à… » Eh bien non ! Ce n’est pas ce qu’il faut dire. Le père ne doit se contenter de rester sur le côté. Ce n’est pas un subalterne. D’autant plus que lorsque l’on connaît un peu la psychologie de l’homme, ne lui laisser qu’une part de participation implique qu’il risque de rentrer en conflit ou qu’il lâche prise. C’est une question de pouvoir. Un homme a besoin de sentir un pouvoir pour exister, plus qu’une femme sans doute ; il paraît que c’est une question de testostérone… ;)

En clair, on ne doit pas considérer que c’est la mère qui élève son enfant et le père qui participe.
Si c’est bien la mère qui met au monde l’enfant, celui-ci ne doit pas être ensuite « Sa chose » avec un père qui n’est là que pour accompagner et cautionner une fusion, un symbole maternel phallique et exclusif (pour tenir
un discours psychanalytique).

Les deux parents se répartissent des rôles. Ils ont chacun leur personnalité, leur image, leur façon d’agir et de réagir. Chacun doit respecter l’autre, trouver ensemble une ligne de conduite harmonieuse, transmettre une image de père et de mère différente et complémentaire aux yeux de l’enfant. Chacune de ces images a son importance. Elles sont différentes et donc non comparables.

Au fil du temps, je vois de plus en plus de pères qui ne trouvent pas leur place dans la famille. Il ne savent plus comment agir ou réagir. Il s’ensuit par exemple une autorité paternelle absente ou inappropriée avec une mère qui est capable de dire : « pourtant, je dis à mon conjoint comment faire ». Elle ne se rend pas compte qu’elle ne lui laisse pas de liberté d’action et qu’elle casse l’image du père surtout si l’enfant entend ces propos. Et c’est alors la catastrophe. C’est ainsi que peut se construire l’enfant-roi ou l’enfant-tyran. Et il y en a de plus en plus qui consultent…

Or, il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je vois des exemples qui cassent l’image du père, de façon directe mais surtout insidieuse. (Peut-être de plus en plus d’ailleurs). Voici un exemple indirect et insidieux (histoire de prendre le plus récent) :

20160117-191038.jpg

Oui, oui. L’air de rien, il y a là un message subliminal qui glorifie la mère au détriment du père. C’est assez malsain en fait.

Chères amies, arrêtez donc de multiplier les comparaisons père-mère dans le seul but de vous auto-satisfaire et vous auto-congratuler. Je sais qu’il pourrait en être de même sur d’autres sujets concernant les hommes par rapport aux femmes… n’est-ce pas ?

Autre exemple différent mais d’actualité :
Ne croyez vous pas que les femmes seraient outrées s’il y avait un programme « Mr Bricolage et les papas ». J’imagine la volée de bois vert des féministes, à juste raison bien sûr. Or, je viens de découvrir que « Casino et les mamans » existe : un programme destiné aux femmes enceintes (là tout va bien) et… (tenez-vous bien) aux mamans d’enfants de moins de trois ans. Il est vrai qu’il n’y a sans doute que les mamans qui font les courses. Ben voyons !
Le marketing comme reflet des travers de société …

Les choses ont besoin d’évoluer sur ce plan depuis longtemps mais c’est laborieux :
Il m’a fallu par exemple batailler ferme il y a une trentaine d’années pour lutter contre le titre d’un programme de formation national intitulé « gymnastique maman-bébé ». J’ai réussi à contribuer à faire en sorte que cette formation devienne « gymnastique parent-bébé »
Quand j’avais pris à cette époque un « congé parental » pour élever ma fille, les collègues, pourtant professionnels de santé, me parlaient systématiquement de mon… « congé sans solde » .

Le poids des mots, le choc des idées. Ce n’est que quelques exemples. Bien des pères (et mères) pourraient en donner…

L’organisation social évolue. Des changements s’installent. Ce n’étaient pas forcément mieux ou moins bien avant. Il y a juste un glissement (sans doute trop rapide) dans notre société actuelle. Chacun doit y contribuer positivement au lieu de se camper dans une position qui casse l’image de l’autre.
Ah ! Le bienfait de l’écoute…

Les mentalités doivent évoluer avec le temps. Soyons alors tous vigilants pour que chacun se sente reconnu, pour un bon équilibre psycho-social, sans la sape de l’exclusion.

(*) Parentalisme : j’appelle ainsi tout ce qui vient défendre la cause des parents au même titre que le féminisme défend la cause des femmes.

(**) Pour lire l’article qui a motivé ce billet, cliquez sur la ligne ci-dessous :
>>>>Un papa n’est ni un baby-sitter ni un assistant c’est un parent (Rachel Toalson)
<<<<

halte à l’exercice illégal de la graphomotricité

octobre 15, 2015 - 1:06 No Comments

Pour défendre la prise en charge des troubles psychomoteurs par les professionnels ayant un décret de compétence en la matière, signez cette pétition en cliquant sur la ligne ci-dessous :

>>>> halte à l’exercice illégale de la graphomotricité (pétition) <<<<

La guerre des graines, dossiers édifiants

septembre 13, 2015 - 12:13 No Comments

Voilà au-moins un dossier qui n’endort pas les consciences contrairement à la plupart des émissions télévisuelles. Suivez ce document très bien ficelé de bout en bout si vous voulez comprendre comment quelques groupements internationaux, (comme Monsanto bien sûr) cherchent par tous les moyens à s’accaparer le « fichage et la privatisation du vivant » . Vous comprendrez pourquoi des agriculteurs, des chercheurs, des élus tirent la sonnette d’alarme et entrent en résistance (comme le maire de Grigny-sur-Rhône s’entourant de « semis désobéissants » . ;)

Dans ce documentaire, on vous dit que 72% des variétés de graines cultivées ont disparu en 100 ans pour ne privilégier que les graines vendues par les multinationales, ces graines étant F1, c’est-à-dire, hybrides et programmée pour ne pas être cultivable une seconde fois. Ces multinationales ont réussi à faire en sorte d’interdire à l’agriculteur le droit de vendre ou même de donner (!) les graines non-hybrides qu’il pourrait avoir en sa possession.

Il semble pourtant qu’il y ait des moyens pour éviter de se faire bouffer par ces multinationales qui, sous prétexte de permettre de mieux nourrir la planète, nous conduisent à la malbouffe.

Il y a déjà le scandale des pesticides (Monsanto vient de perdre des procès aux États-Unis et en France à ce propos), peut-être aurons-nous le scandale des hybrides.

En tous les cas, j’invite tous les spécialistes médicaux (notamment les chercheurs en gastro-entérologie, allergologie, oncologie, etc.) à se pencher sur le sujet car je ne serais pas étonné de voir un lien entre la consommation de produits hybrides et le développement de certaines pathologies (allergies, cancers, maladies neuro-dégénératives…).

Non, non, ce n’est pas une idée farfelue. Je pense être moi-même un spécialiste pour avoir enseigné les pathologies neuro-dégénératives pendant plusieurs années.

Vous savez par exemple que la maladie de Parkinson correspond à une dette en dopamine. Mais savez-vous que cette dopamine a comme précurseur la tyrosine, un acide aminé qu’on retrouve dans des aliments comme des graines (amande, cacahuète, courge, sésame) mais aussi dans les avocats, les bananes, les produits laitiers, etc. Et si les hybrides qu’on ingère ou qu’on fait ingérer aux animaux contribuaient à perturber notre propre chaîne de transformation digestive provoquant une pollution interne, porte ouverte à certaines pathologies…

Et paf !

Quand l’Homme cherche à contorsionner la Nature, la Nature, tôt ou tard reprend ses droits. C’est curieux par exemple de constater que, du fait de nos déversements de pesticides, des algues vertes se développent sur nos rivages. En réalité, on leur doit beaucoup car nous existons grâce à elles : dans la chaîne d’évolution des espèces vivantes, elles sont au début réussissant à transformer la toxicité de l’oxygène en chlorophylle, base de toute vie de notre flore terrestre qui a servi de première nourriture à la première faune terrestre. Elle était là bien avant la faune terrestre et donc bien avant nous.

Elle a beaucoup à nous apprendre et nous le fait savoir ! Et paf !

Certains spécialistes disent que ce documentaire a une vision partisane sur le sujet. Je laisse le soin à chacun d’en juger.

Mais, il est certain que la recherche agro-alimentaire peut aussi tirer profit d’expériences comme celle-ci :

Faire pousser des légumes sans eau :

MARRE QU’ON IGNORE LE PSYCHOMOTRICIEN (pétition)

juin 24, 2015 - 4:10 3 Comments

Que fait-on d'une brochette ?...

(Je vous laisse le soin de deviner pourquoi une brochette en bannière. Si vous ne voyez pas, lisez bien ce billet en entier.)

Chers consœurs, chers confrères, chères amies, chers amis,

Comme prévu, je lance aujourd’hui 24 juin 2015, jour de mes soixante ans (après 40 ans de ma découverte de la psychomotricité) une pétition pour réclamer plus de reconnaissance de la profession de psychomotricien(ne).

La sagesse de l’âge (il paraît qu’elle existe) m’amène à penser que ce n’est peut-être qu’un coup d’épée dans l’eau. Mais rester les bras croisés sans réagir m’est beaucoup plus difficile. Qui ne tente rien n’a rien. Si je peux aider la vague actuelle de professionnels et toutes les personnes de bonne volonté à être réactives pour protéger et développer les valeurs de la profession de psychomotricien, sans crainte, sans retenue, sans sentiment d’infériorité et sans scrupule, j’aurai au moins l’impression d’avoir fait quelque chose qui a son utilité pour la santé publique. La profession de psychomotricien n’a pas été inventée par hasard. Par exemple, à l’instar du psychanalyste qui suit lui-même une thérapie avant de pouvoir travailler, le psychomotricien a une formation psychocorporelle sur lui-même avant son diplôme. N’oublions pas que le matériel de travail le plus important du psychomotricien est sa propre entité psychocorporelle. Il a intérêt à être bien affûté pour être efficace.

Se pose-t-on par exemple la question de savoir pourquoi une approche psychomotrice peut arriver à traiter un problème d’encoprésie en une ou deux séances pendant que d’autres approches thérapeutiques tournent autour du pot (c’est le moment de le dire) ?

C’est ici tout simplement une question de langage du corps, d’interaction psychocorporelle que le psychomotricien a pu être amené à maîtriser dans sa formation.

Je crois être assez bien placé pour dire que le langage du corps est le socle de tous les langages. C’est dire l’importance de l’approche psychomotrice. Et mon petit doigt me dit que, si les actes de psychomotricité étaient remboursés par les caisses de Sécurité Sociale, il y aurait des économies. Nous n’en serions certainement pas là en ce qui concerne le soin psychocorporel de la personne. Toutes ces pseudo-thérapies, qui se servent de la fragilité de l’Image du Corps pour se donner de l’importance, seraient étouffées dans l’œuf. Tout psychomotricien qui a été obligé de ramasser un patient à la petite cuillère voit ce que je veux dire…

Il est donc temps de sortir de l’ombre, de ne plus faire preuve de trop de docilité, trop de pudeur, trop de souplesse, trop d’effacement, etc., traits de caractère formaté par la formation.

Dans l’histoire de la profession, il y a toujours eu des propositions, des réclamations, des plaintes, des combats (souvent contre des moulins à vent). Ayons une reconnaissance pour ceux qui se sont battus, comme ceux de ma génération qui avaient fait le choix de se mettre hors la loi en décidant de ne plus payer la TVA pour faire avancer le dossier et obtenir ainsi gain de cause. Ce n’est qu’un exemple mais que certains ont peut-être oublié. Oui, il y a eu aussi des combats dans l’ombre et je remercie aussi ceux-là.

Il est temps que le loup sorte du bois.

Il y a des situations et des moments où il faut se serrer les coudes alors vos commentaires, vos idées, vos critiques, votre participation à cet élan vindicatif sont bien entendu bienvenus, en vous espérant nombreux pour partager cette pétition.

Confraternellement, cordialement et amicalement.

Hubert COLOMBEL, membre fondateur de l’AFPL (Association Française des Psychomotriciens Libéraux)


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COMMENT SIGNER LA PÉTITION ? :

SIGNEZ (même de façon anonyme) que vous soyez psychomotricien(ne) ou pas. Vous aurez peut-être besoin de psychomotricité un jour…
C’est très simple, facile à faire et utile sur le plan santé publique. Il suffit de cliquer sur la ligne ci-dessous :

>>>> JE SIGNE LA PÉTITION <<<<

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COMMENT AVOIR UNE AFFICHE DE LA PÉTITION ?

••• TÉLÉCHARGEZ L’AFFICHE à partir du format PDF en cliquant sur la ligne ci-dessous :

>>>>AFFICHE PETITION PSYCHOMOT<<<<

 

••• PHOTOCOPIEZ et PLACARDEZ CETTE AFFICHE où bon vous semble.

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COMMENT COPIER LE CONTENU de CETTE PÉTITION ?
(N. B. : je ne saurais être l’auteur que d’un texte non modifié.)

••• soit sur le site de signature (Petition24),

••• soit sur l’affiche en PDF,

••• soit ci-dessous :

MARRE QU’ON IGNORE LE PSYCHOMOTRICIEN

MARRE qu’on ignore la psychomotricité,

MARRE de lire tous ces articles sur internet ou ailleurs qui omettent de parler du psychomotricien et qui occultent son rôle face à certaines pathologies,

MARRE de ces professions (ou pseudo-professions au titre plus ou moins ronflant) dont certaines n’ont aucune reconnaissance médicale et qui s’accaparent le rôle du psychomotricien sans sourciller malgré un décret de compétence qui limite l’exercice (Décret n°88-659 du 6 mai 1988),

MARRE de constater que des centres de soins n’emploient pas ou peu de psychomotriciens ou limitent leur champ d’action,

MARRE de voir le psychomotricien relégué dans des rôles subalternes tout en feignant de lui donner de l’importance (il suffit de constater l’immobilisme depuis la création d’un Diplôme d’État le 15 février… 1974 !),

MARRE qu’il n’y ait toujours pas de remboursement des actes du psychomotricien, considérant sans doute qu’il ne s’occupe que des états d’âme psychocorporels et des troubles de communication non-verbale sans importance pour l’équilibre de la personne et de la société,

MARRE de constater que des dictionnaires et correcteurs orthographiques ignorent encore les termes de « psychomotricité » et de « psychomotricien ». Non, non, nous ne sommes pas des « psychomÉtriciens » ! (Même les dictionnaires les plus connus ont mis des dizaines d’années à se mettre à jour…). N’est-ce pas la signification d’une ignorance ? (Entendez ce mot dans le sens qui convient.)

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QU’EN DIRAIENT MES MAÎTRES À PENSER ?

Dans ma démarche, je sens sur mon épaule et dans mon oreille un souffle d’encouragement par toutes ces sommités de la médecine qui ont œuvré pour développer la psychomotricité et en faire une spécificité.

Pour ne froisser personne dans cet exercice difficile qui consiste à donner des références, permettez-moi de ne citer que certains maîtres à penser que j’ai eu l’honneur et l’avantage de rencontrer pendant ma formation de psychomotricien.

Tout d’abord deux grandes figures à l’origine de la création de la profession de psychomotricien : le Pr Julian de Ajuriaguerra, bien sûr, que je suis allé écouter au Collège de France et Mme Gisèle Bonvalot-Soubiran qui est à la psychomotricité ce que Mme Borel-Maisonny est à orthophonie.
Je dois citer aussi René Zazzo qui s’est agréablement servi de la petite équipe d’étudiants que nous étions pour des analyses complètes et très intéressantes au CNRS sur les effets de la relaxation,
- le Pr Henri Barte Nhi, ses origines asiatiques l’ont sans doute tout naturellement orienté vers l’approche psychocorporelle de la maladie, j’en garde des souvenirs merveilleux et particulièrement instructifs de tables rondes en présence de cas cliniques,
- le Pr André Bourguignon, grand spécialiste du sommeil, du rêve et des troubles psychosomatiques, qui m’a fait confiance en me prenant en stage dans son service pour que je lui montre concrètement les effets de la psychomotricité sur les troubles mentaux.
J’ai toujours été fasciné par ces grands chercheurs qui gardent une âme d’enfant, un esprit ouvert, pierre s’angle de l’humilité et du savoir.
Quelle leçon de vie pour ceux qui croient tout connaître !
J’en passe et des aussi bons, bardés de diplômes ou pas… mais toujours curieux d’apprendre.

N. B. : il ne faut pas oublier que Julian de Ajuriaguerra a créé, avec René Diatkine, une « équipe de recherche et de rééducation des troubles de la psychomotricité et du langage » à l’Hôpital Sainte-Anne-Henri-Rousselle dans laquelle se retrouvaient entre autres : Nadine Galifret-Granjon, Marguerite Auzias, Jean Bergès, Irène Lézine, Giselle Soubiran, Mira Stambak, René Zazzo, Suzanne Borel-Maisonny… Que des grandes pointures à la base de la rééducation actuelle des « troubles de la psychomotricité et du langage ».

CONCLUSION :

Utilisez toutes les ficelles de communication (Facebook, Twitter, blogs, forums, etc.).
Merci de votre aide car comme le dit le SNUP qui a très vite relayé la pétition : « En unifiant les initiatives individuelles et de groupes, nous ferons plus de bruit… »
Alors :
SIGNEZ,
TÉLÉCHARGEZ,
PARTAGEZ,
PHOTOCOPIEZ,
PLACARDEZ
OÙ VOUS VOULEZ,
QU’ON ARRÊTE DE BOUFFER
LA PSYCHOMOTRICITÉ.
(*)

(*) P. S. : pour ceux qui n’auraient pas résolu l’énigme de la brochette comme bannière de la pétition : « la brochette se fait griller et on la bouffe ! » De même, la psychomot…


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(Merci à Noémie Pasteau, psychomotricienne et amie de la famille, pour m’avoir soufflé l’idée d’une réaction sur le sujet.)

Quand un pro-Monsanto dit qu’on peut boire du glyphosate mais refuse d’en boire

mars 31, 2015 - 12:50 No Comments

Une vidéo qui vaut bien des discours. Tout est dit quand vous avez :

- d’un côté Patrick Moore qui prétend que le glyphosate (vous savez le fameux Roundup de Monsanto) n’est pas dangereux pour l’homme et qu’on peut même en boire,

- d’un autre côté un journaliste qui propose justement à ce lobbyiste de boire devant l’antenne de Canal+ cette potion prétendue non cancérigène.

J’imagine un autre scénario :

- Patrick Moore : Blablabla…on peut boire du glyphosate sans danger… blablabla
- Le journaliste : Justement, j’en ai. Vous en voulez ?
- Patrick Moore : Euh ! Non, je me sens un peu barbouillé.
- Le journaliste : Justement, il paraît que ça chasse bien les vers !