Archive for mars, 2015

Quand un pro-Monsanto dit qu’on peut boire du glyphosate mais refuse d’en boire

mars 31, 2015 - 12:50 No Comments

Une vidéo qui vaut bien des discours. Tout est dit quand vous avez :

- d’un côté Patrick Moore qui prétend que le glyphosate (vous savez le fameux Roundup de Monsanto) n’est pas dangereux pour l’homme et qu’on peut même en boire,

- d’un autre côté un journaliste qui propose justement à ce lobbyiste de boire devant l’antenne de Canal+ cette potion prétendue non cancérigène.

J’imagine un autre scénario :

- Patrick Moore : Blablabla…on peut boire du glyphosate sans danger… blablabla
- Le journaliste : Justement, j’en ai. Vous en voulez ?
- Patrick Moore : Euh ! Non, je me sens un peu barbouillé.
- Le journaliste : Justement, il paraît que ça chasse bien les vers !

La « monométhodose infectieuse » selon Marcel

mars 22, 2015 - 5:58 No Comments

Qu’est-ce qu’un soignant sensé est censé soigner ?

UbR : Qu’appelez-vous « monométhodose infectieuse » ?

Marcel : Depuis bien longtemps dans ma vie professionnelle, j’ai repéré une maladie de soignant qui a sans doute tendance à se développer de plus en plus. Je lui donne le nom de « monométhodose infectieuse ».

C’est une maladie qui s’attrape lors de stages de formation autour d’une seule et même méthode de travail. Il s’agit d’un trouble insidieux qui semble d’autant plus toucher la population jeune, sans doute encore fragile professionnellement et souhaitant s’appuyer sur une technique de travail qui guide et rassure.

Cette maladie s’installe sournoisement et envahit l’individu au point d’atteindre le discernement, le raisonnement, l’adaptation et donc le soin approprié.

Forcément, cette pathologie vient largement perturber la capacité d’initiative du praticien : il risque de ne plus pouvoir agir correctement, de ne plus tenir compte des besoins immédiats et spécifiques du patient qu’il est censé soigner.

Le soigné devient objet de soin et non plus sujet.

Quand un malade n’est plus considéré comme sujet mais comme objet de traitement, c’est un comble n’est-ce pas ?

Cette maladie est d’autant plus virulente et insidieuse que le praticien ne s’en aperçoit pas, bien au contraire. Il a même l’impression que tout va bien depuis qu’il utilise cette méthode.
C’est elle qui décide en lui faisant suivre un protocole de soin, c’est à dire un cheminement obligatoire de prise en charge.
Un comble encore une fois.

Le praticien sort masqué en somme. Il ne peut pas être jugé dans sa pratique car il suit LA méthode.

UbR : Si le soin échoue, sera-ce la méthode qui sera en cause ?

Marcel : Que nenni ! Ce sera le patient lui-même car il n’aura pas su s’adapter à une technique qui a fait ses preuves. En tous les cas le praticien s’en sortira blanchi.

UbR : Comment se déclare la maladie ?

Marcel : Elle se déclare lors d’une formation spécifique autour d’une méthode présentée comme originale et surtout censée être unique et exclusive au point de porter un nom permettant l’exclusivité avec un petit ® pour protéger la marque de fabrique.
Bien évidemment cette formation, bien rodée sur le plan marketing, a un coût mais le praticien sort de là avec un diplôme « es bidule chouette » lui donnant l’impression d’être féru en la matière, même s’il lui faudra faire une remise à niveau, qui a un coût elle aussi bien sûr, pour continuer à bénéficier de l’estampille de la méthode et pour être inscrit sur la liste de la corporation.
Et le tour est joué.
Bien entendu, les tenants de la méthode auront pris soin de se protéger en interdisant la diffusion des techniques utilisées, du fameux protocole de soin, faisant fi de l’éthique professionnelle et prétextant qu’il est impossible d’utiliser ces moyens sans une formation spécifique. Évidemment, à leurs yeux, les autres professionnels ne peuvent être qu’incompétents dans le domaine même si toutes les méthodes ne font souvent qu’associer des techniques déjà utilisées en y mettant une touche personnelle, voire une originalité pour justifier le dépôt de la marque.
Le pire est certainement d’ailleurs d’avoir été formé par des personnes qui ne connaissent que cette méthode.

UbR : Toutes les méthodes présentent-elles le même risque ?

Marcel : Non bien sûr. Seules celles qui correspondent à certains critères sont à risque.

UbR : Quels peuvent être ces critères ?

Marcel : La liste est longue mais quand une méthode rassemble un grand nombre des critères suivants, on peut réellement se méfier :

La méthode qui :

1 – s’appuie sur une idée originale à la base souvent intéressante pour asseoir sa particularité, sa popularité voire son exclusivité,

2 – propose une formation bien orchestrée pouvant être courte mais relativement chère, voire très chère, laissant croire à une exclusivité dans le sérieux et l’efficacité,

3 – s’est organisé pour objectiver son efficacité en interne, c’est-à-dire par des membres déjà formés à cette même méthode, donnant lieu à des diffusions multiples sous forme d’articles et de livres avec graphiques à l’appui,

4 – fait signer un contrat interdisant aux stagiaires la diffusion d’informations (la préservation de la propriété intellectuelle primant sur l’éthique de soin. Enfin voyons ! Il ne faut pas non plus risquer de donner l’impression d’avoir simplement récolté des techniques déjà utilisées ailleurs),

5 – organise des stages et surtout des remises à niveau en présence de formateurs exclusivement formés à la méthode,

6 – décerne en fin de parcours un pseudo-diplôme au nom suffisamment ronflant pour épater la galerie,

7 – établie une liste des personnes déjà formées en leur imposant des remises à niveau sous peine de se voir rayé de la liste,

8 – fait un matraquage médiatique surtout auprès des hautes sphères décisionnelles, pour mieux vendre sa marchandise mettant en avant notamment les trois premiers critères énoncés ci-dessus, c’est-à-dire les trois « o » : originalité, orchestration, objectivation,

9 – chemin et succès faisant, cherche à développer le concept dans d’autres domaines, vers d’autres professions et d’autres troubles au risque de s’éloigner un peu trop du champ d’action efficace à la base et de laisser percevoir finalement une anguille sous roche (succès quand tu nous tiens…).

UbR : Comment se soigner ?

Marcel : Même si elle peut être virulente, envahissante, engluante, sclérosante, cette maladie se soigne très bien. Elle sera combattue par d’autres approches thérapeutiques complémentaires voire d’autres méthodes soit similaires, soit même aux antipodes. Une prise de conscience et un certain recul thérapeutique s’installera rapidement permettant enfin l’adaptation praticien/patient et non plus méthode/patient.

UbR : connaissez-vous vraiment des méthodes qui répondent à tous ces critères que vous venez d’énumérer ?

Marcel : oui, bien sûr !

UbR : N’exagérez-vous pas le tableau ?

Marcel : J’aimerais bien.

UbR : Comment éviter la propagation du virus ?

Marcel : En en parlant autour de vous et en partageant cet article. ;)

NDLR : propos qui n’engagent que Marcel, mais qu’en pensez-vous ?