Archive for juillet, 2015

L’encoprétique : un « emmerdeur emmerdé » (*)

juillet 24, 2015 - 3:40 No Comments

À la demande de certains professionnels, vous trouverez ici mon point de vue sur l’encoprésie et ma façon d’aborder le problème.

Attention, ce billet s’adresse surtout aux soignants, oreilles chastes s’abstenir :-)

Le langage non-verbal de l’encoprétique transféré vers le langage verbal est tout ce qu’il y a de plus cru puisque scatologique.

Ma façon d’aborder ce trouble tourne autour de ce transfert de langage pour qu’il y ait une véritable prise de conscience de l’enjeu interactif tant au niveau de l’enfant qu’au niveau de l’entourage affectif. Cette approche thérapeutique directe (et évidemment contrôlée à chaque étape de soin) a l’avantage d’aller droit au but pour couper-court à un dialogue scatologique particulièrement agressif et tout aussi direct bien que non-verbal. En réalité ce dialogue non-verbal de l’encoprésie est clairement matérialisé par les excréments tout en étant masqué sournoisement pour rendre l’interaction complexe, ce qui permet à l’enfant de garder un pouvoir énorme : « faire ou ne pas faire ».

Il ne faut pas oublier que l’enfant naît en découvrant assez vite qu’il a des pouvoirs. Ses pouvoirs se situent principalement au niveau de ses orifices : c’est lui qui au final, et quel que soit le comportement de l’entourage, peut décider de goûter, de manger, de parler, d’écouter, de regarder, d’uriner, de déféquer ou pas…

L’encoprésie correspond à un mauvais contrôle fécal chez l’enfant de plus de 4 ans. Elle implique un regard médical, pédiatrique et/ou psychiatrique pour un diagnostic différentiel entre les aspects organique, fonctionnel et réactionnel. Il est aussi primordial de tenir compte de l’âge : une encoprésie à l’âge de 5 ans n’implique pas forcément une même approche qu’à l’âge de 10 ans. Il faut différencier les encoprésies primaire et secondaire, rétentive et non rétentive. De même une encoprésie qui fait suite à un abus sexuel ne doit pas être abordé de la même manière que dans le cas d’un « enfant tyran »…

Lorsque les troubles organiques sont écartés (ce qui est pratiquement toujours le cas) un suivi psychothérapeutique s’impose. Mais par qui ? Par un professionnel qui a l’habitude de prendre en charge ce genre de problème mais plus précisément un spécialiste du langage non-verbal. En effet l’encoprésie est un langage du corps et il faut mettre des mots sur ce langage du corps.
L’un de ces professionnels peut être le psychomotricien. Il peut apporter quelque chose d’intéressant en tant que personne formée et habituée aux interactions non-verbales pouvant repérer des désordres de tensions neuromotrices (paratonie, hypertonie, hypotonie, etc.) et/ou affectivo-motrices (réactions hypertoniques, troubles du Schéma Corporel, de l’Image du Corps, etc.)
Le psychomotricien n’oubliera pas de faire un bilan neuro-moteur ciblé sur les capacités de contrôle tonique de l’axe et de la ceinture pelvienne en particulier. Bien souvent l’encoprétique contrôle mal cette région, ne sait pas tendre et détendre l’axe et la partie inférieure du corps, un peu comme s’il n’investissait pas la région pelvienne. Mais alors pourquoi ? Tout semble une question de vécu plus qu’une incapacité neuromotrice.
Le plus efficace me semble être un travail de prise de conscience pour l’enfant et ses parents en évitant de « tourner autour du pot » (c’est le moment de le dire).

Le langage cru verbal doit faire écho au langage corporel tout aussi direct, tout aussi cru :

Quand on a écarté les rares problèmes physiologiques, on repère le rapport d’agressivité car ce trouble peut correspondre à une « agressivité active » (et non passive comme dans l’énurésie)
Alors que, face aux tensions relationnelles, l’énurétique « laisse pisser » , l’encoprétique au contraire « emmerde ». N’oublions pas que pour déféquer il faut pousser donc agir et non laisser aller comme quand on urine.

Mais en réalité, l’encoprétique est un « emmerdeur emmerdé ». Il est donc important de rencontrer aussi les parents pour repérer comment l’entourage affectif « emmerde » l’enfant. Parallèlement à cette prise de conscience pour les parents, il faut arriver à dire aussi à l’enfant qu’il peut utiliser sa bouche au lieu de son anus pour exprimer son mécontentement. CQFD (*)

Étant donné que le thérapeute agit face à cette pathologie comme un tiers paternant, Il est possible que l’efficacité soit renforcée si le thérapeute est de sexe masculin surtout si l’encoprétique est un garçon (transfert d’identité), ce qui est souvent le cas, évidemment (la prévalence est de 3 garçons pour une fille). Un regard psychanalytique peut nous amener à considérer l’excrément comme un symbole phallique. Ce symbole matérialise un pouvoir de l’enfant. Il déstabilise les parents qui se trouvent particulièrement démunis, particulièrement « emmerdés ». Face à cette situation, les parents essaient tout mais évidemment ne réussissent rien. Ils n’arrivent pas à avoir le pouvoir et se retrouvent dans un « dialogue de merde », éventuellement aussi entre eux, ce qui donne un « boulevard de pouvoir » à l’enfant qui a réussi à trouver « la faille », comme l’a dit si bien dans ses écrits Bruno Castets (*). Évidemment, l’encoprésie renvoie au complexe d’Œdipe. Je pense que je n’ai pas besoin de détailler sur ce point.

Ma façon de procéder en 3 étapes :

1- rencontre de l’enfant avec les deux parents pour un entretien qui permet de cerner le problème en repérant la vision et les manières d’agir et de réagir de chacun. Je m’arrange toujours pour observer furtivement les réactions de l’enfant comme le sourire en coin au moment où l’encoprésie est évoquée, le moment où certains mots ou phrases sont prononcés.

2 – bilan avec l’enfant seul (entretien et tests neuro-moteurs) ce qui permet d’avoir un profil psychomoteur qui mesure la capacité de contrôle tonique,

3 – nouvel entretien avec les parents et l’enfant pour faire un compte-rendu de la situation. Je m’adapte dans mon discours en fonction du trouble observé et de l’âge de l’enfant mais je n’hésite pas à utiliser un langage cru pour être d’autant plus percutant et clair face à ce marasme de communication largement imbibé de perversité. Le but est de stopper le lien pervers en transférant le langage non-verbale (action de salir sa culotte) en langage verbal (du style « c’est ta manière de leur dire : « je vous emmerde ! » Mais, ce serait plus simple de parler avec ta bouche plutôt qu’avec ton anus. »). Évidemment, l’enfant, qui avait le sourire en coin au premier entretien, montre à ce stade un peu plus de gravité dans son expression.
Je mets aussi l’accent sur le comportement inadapté des parents qui souvent n’ont pas une ligne de conduite commune. L’attitude oscille entre une agressivité verbale et/ou physique (exemple : mettre le slip sale sur la tête de l’enfant, oui oui, ça existe), une trop grande permissivité ou un désintérêt, tout ce qui « emmerde » en fait l’enfant. En réponse à ces attitudes parentales, l’enfant va utiliser l’encoprésie pour perturber et attirer l’attention des parents (au lieu de le mettre dans le panier à linge sale, il va par exemple cacher son slip souillé sous le lit, le but étant… qu’il soit retrouvé à un moment ou à un autre : une perversion de haute voltige !)

Il n’y a pas forcément de quatrième étape de prise en charge. Je laisse la famille repartir avec cette nouvelle vision des choses. Ils ne reprennent contact que s’ils le souhaitent un peu plus tard, ce qui est très rare.

Il faut se dire aussi qu’en ce qui me concerne, la prise en charge de l’encoprésie de l’enfant rentre le plus souvent dans un contexte de troubles associés si bien que, continuant à le suivre pour ses autres problèmes, je peux avoir connaissance de l’évolution de la situation. Presque toujours les parents reviennent en disant qu’il n’y a plus d’encoprésie pratiquement du jour au lendemain.
Je me dis que le fait d’oser parler de façon aussi crue devant les parents et surtout devant l’enfant y est certainement pour beaucoup.

J’ai évidemment pris soin d’expliquer qu’il n’est pas poli de parler aussi crûment mais que la situation m’y oblige pour aller droit au but, tenir le même langage que l’enfant et éviter de « tourner autour du pot. »

Face à l’encoprésie, il faut en somme un discours propre et net face à ce qui ne l’est pas.

(*)Je ne fais ici que reprendre les propos crus du Dr Bruno Castets dans ses cours. C’était l’un de mes profs de psychiatrie. Il a écrit des livres très intéressants et très faciles à lire (« L’insaisissable ou un autre visage de la psychiatrie », »La loi, l’enfant et la mort », « La faille »…)

Les dangers du bisphénol A dans le gel hydroalcoolique

juillet 23, 2015 - 9:29 No Comments

On marche sur la tête dans notre société de consommation :

Pour éviter d’être contaminé par la grippe A/H1N1 ou autres bactéries résistantes, l’OMS, appuyée par le marketing pharmaceutique, nous a conseillé d’utiliser du gel antibactérien à tire-larigot. Sauf que ces gels contiennent des cochonneries comme des produits à base de glycol, du triclosan, du bisphénol A, ce produit qui était utilisé dans la fabrication des biberons et maintenant reconnu comme perturbateur endocrinien. En utiliser de façon régulière serait donc plus néfaste que bon. C’est en tous les cas le résultat d’une étude de l’Université du Missouri publiée dans la revue Plos One.

L’Association Santé Environnement France (ASEF) avait déjà réagi en 2013, conseillant de rester au bon vieux procédé de l’eau associée au savon qui a l’avantage de nettoyer, de laver, d’assainir contrairement à ces produits hydroalcooliques qui se contentent de désinfecter au point de créer un terrain stimulant la résistance de certaines bactéries. Un comble.

Pourquoi faire simple quand on peut se compliquer la vie. On marche sur la tête, je vous le dis !!!

Psychomotricité : son histoire et son développement dans le monde

juillet 20, 2015 - 6:51 No Comments

Vous voulez connaître l’histoire de la psychomoticité et son développement à travers le monde ? Rien de mieux que de lire l’article mis en lien ci-dessous ; il a été concocté par Gérard Hermant, une personne, que dis-je un ami que je connais et apprécie depuis… 40 ans (aïe !). Il maîtrise le sujet comme personne puisqu’il a baigné dedans toute sa vie et poursuit son œuvre de développement :

>>>> La psychomotricité dans le monde <<<<

Merci Gérard.