Quand l’enfant lit ou écrit en miroir

mai 16, 2016 - 6:22 No Comments

Les perceptions et productions en miroir sont fréquemment observées notamment par les psychomotriciens qui sont amenés à suivre ce genre de troubles. Ce n’est pas un gros problème sur le long terme car ces enfants s’en sortent toujours à partir du moment où il n’y a pas de troubles associés qui cristallisent le phénomène (manque de confiance, etc.). Il est donc très important que les adultes qui s’occupent de l’enfant n’aient pas une démarche de focalisation sur le trouble, tout au plus des moyens pour fixer la perception (ex : «b » comme bébé dans le ventre de la maman… à condition de repérer le sens de lecture, etc.).

Le pédagogue ne doit en aucun cas :
- amener ces enfants à travailler les lettres miroir dans le même moment car ils ont justement cette plasticité de voir les lettres en miroir (il ne faut réserver cette démarche que dans le suivi rééducatif et encore avec beaucoup de doigté),
- dire que « la lettre est à l’envers », pour la même raison.
En clair, il faut amener l’enfant trop doué pour voir les formes en miroir à ne plus reconnaître la symétrie des formes (exactement comme l’adulte qui est obligé de réfléchir pour constater que 3 et ɛ sont les mêmes formes). On ne lui a jamais appris cette symétrie et c’est tant mieux.

Moralité : apprendre c’est aussi désapprendre : qu’un triangle ait la pointe en haut ou en bas, nous disons toujours que c’est un triangle mais ce n’est pas le cas pour les chiffres et les lettres.
L’enfant doit s’y conformer aussi psychologiquement : si un enfant me dit qu’il a fait un chiffre ou une lettre à l’envers, je lui réponds : « non, c’est un gribouillis ! » ou s’il me dit qu’il a fait son 3 à l’envers, je lui dis la réalité : il vient d’écrire une lettre grecque (le « 3 à l’envers » n’existe pas dans notre code de lecture ….)

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