Maladie de Parkinson et hyperémotivité

février 26, 2017 - 11:07 No Comments

Éloge de l’émotivité

Avoir une émotivité est une bonne chose car ne pas en avoir est source d’inadaptation.
Une personne que rien n’émeut ne sent pas les choses, ne peut pas faire preuve d’empathie, ne peut pas se mettre à la place de l’autre, souffre d’une incapacité de décentration. Il ignore les états d’âme de l’autre et peut même en arriver à s’ignorer lui-même. Le trouble glisse vers un dérangement psychiatrique dans l’univers psychotique.

Tout est bien sûr une question de dose car trop d’émotivité vient perturber l’équilibre de la personne. Elle souffre alors d’une grande sensibilité aux stress, réagit émotionnellement à la moindre perturbation. Cette hyperémotivité s’exprime par des manifestations variées dont elle n’a plus le contrôle.

Hyperémotivité et maladie de Parkinson

Le traitement anti-parkinsonien permet un apport dopaminergique qui vient booster différentes aires du cerveau dont la zone limbique d’où une éventuelle hypersensibilité émotionnelle liée à cet apport médicamenteux et non à une fragilité psychologique de la personne ! La situation est telle que les malades qui souffrent de ce genre de troubles tardent à en parler et en priorité les hommes qui supportent encore moins de devenir sensibles.

En clair, l’hyperémotivité constatée chez la personne qui souffre d’une pathologie parkinsonienne est en principe liée à la médication. Qu’on se le dise et qu’on le dise car nous pouvons ainsi largement rassurer le sujet et son entourage. En effet, en l’absence de connaissance de cet état de fait, le réflexe est en principe de faire le lien entre hyperémotivité et dépression. Et, comme je le dis souvent, c’est particulièrement déprimant de s’imaginer pleinement responsable de sa propre dépression. Alors que quand on apprend qu’un médicament peut en être responsable, c’est plutôt rassurant, anti-déprime même.

L’analyse doit être la même par rapport à d’éventuels comportements déviants d’addictions au jeu et/ou au sexe liés cette fois à l’hyperstimulation dopaminergique de la zone frontale.

Un ajustement médicamenteux par le neurologue améliore en principe ces soucis d’humeur (au sens psychiatrique du terme) car tous les parkinsoniens ne réagissent pas de la même manière par rapport notamment à certains agonistes dopaminergiques (Requip, etc.).

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