Maladie de Parkinson : le scandale du non-suivi orthophonique

mai 6, 2017 - 2:07 No Comments

Quel est le risque majeur dans la maladie de Parkinson ?

Dans le cas d’un syndrome parkinsonien (MPI et pathologies apparentées), la prise en charge orthophonique de toute forme de difficultés touchant la sphère haute (troubles de la voix, de l’articulation, de la mastication, de la déglutition, de la respiration, etc.) a toute son importance pour limiter le risque notamment de pneumopathie d’inhalation, l’une des principales causes de décès à terme en cas de non-stimulation (cette stimulation devant inclure dans son programme tension ET détente neuro-musculaire).
Je l’ai martelé pendant si longtemps en fac et dans les conférences que j’aimerais qu’on ne se limite plus à 5 à 6 % de consultations orthophoniques !!!
Tout ceci ne veut pas dire que tous les parkinsoniens doivent voir l’orthophoniste mais dès que la sphère haute s’enraye : oui et sans attendre. Et, croyez-moi, il n’y a pas qu’une méthode pour améliorer les choses (même si certaines voudraient prétendre le contraire) : les orthophonistes ont bien des techniques variées et ciblées dans leurs sacs pour améliorer les choses.
Il faut qu’on se le dise et que l’information circule car l’espérance de vie parkinsonienne est plus entre les mains de l’orthophoniste que bien d’autres approches.

Pourquoi avancer le mot « scandale » ?

Comme l’autruche, l’être humain a tendance à ne voir que le visible. Et la médecine, au sens large du terme, peut tomber dans le même travers pour n’agir qu’en fonction de ce qui est observable.

Par exemple un médecin peut avoir :

- le bon réflexe d’orienter un parkinsonien, qui marche avec difficulté, vers un kiné.
-> C’est normal : le plus grand risque étant la chute (conduisant à la douleur mais rarement au décès),

- ignorer l’importance d’un suivi orthophonique sous prétexte que le patient qui toussait souvent « ne tousse plus et donc va mieux » (oui, oui, cette réflexion existe, je l’ai rencontrée), alors que, sauf miracle, la réalité est inverse, le patient ayant perdu la capacité d’expectorer.
-> Ce n’est pas normal : le plus grand risque étant les encombrements (conduisant aux infections et trop souvent au décès).

Bien sûr, du côté du médecin, le scandale n’existe qu’à partir du moment où il rechigne à prescrire de l’orthophonie en pleine conscience de ces risques.

Du côté orthophonique, le scandale existe à partir du manque d’information et de formation sur le sujet. Le pire est que souvent quelques indications suffisent déjà à apporter des améliorations.

Alors nous, formateurs, professionnels de la chose, engageons notre responsabilité. C’est le pourquoi de ce billet.

Un résumé de situation sur le sujet est consultable ici :

La dysphagie parkinsonienne (écrit de Jean-Pierre Lagadec-gp29.net)

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