Adaptation pédagogique pour dyslexique (liste de recommandations)

février 7, 2016 - 8:11 No Comments

Je viens de faire cette liste de recommandations que vous pouvez copier avant de la transmettre aux personnes intéressées (enseignants, professionnels de santé, parents… ) dans le but d’adapter la pédagogie face aux troubles dyslexiques et dysorthographiques.
Cette liste peut être adaptée à chaque enfant et adolescent. Mais dites-moi si j’ai oublié quelque chose d’essentiel. Merci ! :

Lecture :

- Ne pas lui imposer une lecture à haute voix en classe.
- Donner à l’avance les textes longs qui pourront être lus en lecture accompagnée.
- Modifier l’écrit (grande police claire et aérée en Calibri ou Arial 14 au moins, codes couleurs, etc.)
- Privilégier la lecture silencieuse ou du moins lui laisser le choix pour qu’il puisse mieux se fixer sur la compréhension.
- Laisser un temps suffisant pour la lecture des consignes.
- Autoriser le suivi avec le doigt ou le recours au cache.
- S’assurer que toutes les données écrites sont lues et comprises.
- Lire à sa place certains mots ou certaines phrases plus complexes.
- Reformuler aux besoins certaines phrases.

Production écrite :

- Proposer des exercices à trous et/ou moins longs et/ou plus simples, des QCM, etc.).
- Encourager les phrases simples en rédaction pour gagner en clarté et en réussite (les structures morphosyntaxiques complexes augmentent le nombre de fautes d’orthographe et les erreurs de formulation).

Contrôle des connaissances :

- Lui donner les énoncés pré-écrits.
- Lui lire les consignes à l’oral et reformuler au besoin.
- Privilégier le contrôle oral des connaissances en laissant de côté le contrôle écrit dès que possible.
- Accorder un 1/3 temps supplémentaire ou diminuer d’1/3 le travail de lecture et/ou d’écrit.
- Être moins exigeant par rapport à l’orthographe en dehors de la dictée adaptée au handicap.
- Privilégier la notation sur le fond et être moins exigeant sur la forme.
- Privilégier le comptage des mots justes plutôt que le nombre de fautes.
- Privilégier la notation sur la capacité d’auto correction orthographique.
- Lui donner la photocopie des corrigés.

Globalement :

- Le placer à un endroit calme et facilitant son attention.
- Privilégier l’oral dès que possible quelles que soient les matières.
- Limiter le recopiage (dactylographies, écriture d’un tiers, photocopies, clé USB, mails, etc.).
- Utiliser des moyens facilitateurs (livres audio, plan de travail incliné, ordinateur, tablette, etc.)
- Vérifier la prise de notes et l’organisation (emploi du temps, trousse, matériel pédagogique, etc.).
- Noter le plan du cours au tableau et lui indiquer la marche à suivre.
- Alléger le travail notamment à la maison (pas de surcharge en compensation du handicap).
- Ne pas l’amener à se focaliser sur son handicap mais plutôt sur ce qu’il réussit et le valorise.
- Créer et entretenir un climat de confiance pour éviter sa dévalorisation, son épuisement et son découragement.

(Hubert COLOMBEL, psychomotricien-psychothérapeute-orthophoniste)

Liste complète des mots de la réforme de l’orthographe

février 6, 2016 - 11:12 1 Comment

La réforme de l’orthographe a été approuvée par l’Académie Française et publiée au Journal Officiel dès le 6 novembre 1990. Elle est apparue au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale le 26 novembre 2015 sans tambour ni trompette. Ce n’est que maintenant que le public découvre une réforme censé simplifier l’orthographe.

C’est en effet censé être sensé. L’est-ce ? À vous de juger mais dans ce cas argüez (*) bien !

Pour découvrir cette réforme, cliquez sur le lien suivant :

>>>> orthographe recommandée <<<<

Et chers amis confrontés régulièrement à l’orthographe (orthophonistes, enseignants, etc.) cliquez sur le lien ci-dessous pour avoir accès à la liste complète des mots modifiés :

>>>> Liste complète des mots modifiés <<<

(*) argüez : forme conjuguée du verbe argüer se prononçant \aʁ.ɡɥe\ et non \aʁ.ɡe\ évidemment. Pff ! Enfin, voyons ! Et on met un tréma sur le u de gageüre pour les mêmes raisons de lutte contre toute forme d’ « ignardise » . C’est ça en fait !

Oh, mince, ils n’ont pas mis de tréma sur le u du mot « aiguille »…

Enfin bref, vivent, (pardon vive… euh… ou pas) les complexités orthographiques. Wouah, on a encore du boulot en ortho.

Bon allez, écoutons Pierre Perret, qui aime tant jongler avec les langues de Molière et de boulevard, chanter la réforme de l’orthographe :

Soyons d’accord Pierre pour écrire « imbécilité » au lieu d’ « imbécillité » , mais je ne sais pas si pour autant tout cela sera synonyme de… « tranquillité » . Quel chantier !

Suivons aussi le point de vue de l’académicien Jean d’Ormesson poussant un coup de gueule sur RTL : « Quand il y a des gens qui n’ont pas de travail, quand le niveau de vie a baissé comme il a baissé et que les agriculteurs se suicident, je refuse de parler d’accent circonflexe quand il y a des gens qui se suicident… Ce qui me choque ce n’est pas la réforme de l’orthographe, ce qui me choque c’est qu’on la sorte en ce moment ».

D’un autre côté, il faut dire que les politiques cherchent toujours à faire divagation par rapport aux dossiers essentiels, à noyer le poisson en somme. Ce n’est pas d’aujourd’hui.

Un peu de « parentalisme » (*)

janvier 17, 2016 - 11:26 No Comments

Non, non je ne veux pas rentrer dans un conflit père-mère ou homme-femme, ni développer un masculinisme face au féminisme mais plutôt défendre le concept de « parentalisme » (*) :

Je remercie tout d’abord mon fils, père de quatre enfants en bas âge et qui se démène tous les jours pour allier travail et rôle parental (en y parvenant très bien). Je suis en admiration. C’est lui qui m’a fait découvrir un article intéressant sur le net paru dans huffingtonpost.fr (**), intitulé « un papa n’est ni un baby-sitter ni un assistant, c’est un parent » (Rachel Toalson bloggeuse pour Crash Test Parents – Racheltoalson.com).

Si nous voulons que les pères s’impliquent davantage dans l’éducation des enfants, il faut leur laisser une vrai place. Bien sûr, c’est aussi à lui de prendre sa place sans attendre qu’on lui la donne. Il a une responsabilité parentale qu’il doit assumer.

On entend trop souvent l’attente à ce que le père « participe à… » Eh bien non ! Ce n’est pas ce qu’il faut dire. Le père ne doit se contenter de rester sur le côté. Ce n’est pas un subalterne. D’autant plus que lorsque l’on connaît un peu la psychologie de l’homme, ne lui laisser qu’une part de participation implique qu’il risque de rentrer en conflit ou qu’il lâche prise. C’est une question de pouvoir. Un homme a besoin de sentir un pouvoir pour exister, plus qu’une femme sans doute ; il paraît que c’est une question de testostérone… ;)

En clair, on ne doit pas considérer que c’est la mère qui élève son enfant et le père qui participe.
Si c’est bien la mère qui met au monde l’enfant, celui-ci ne doit pas être ensuite « Sa chose » avec un père qui n’est là que pour accompagner et cautionner une fusion, un symbole maternel phallique et exclusif (pour tenir
un discours psychanalytique).

Les deux parents se répartissent des rôles. Ils ont chacun leur personnalité, leur image, leur façon d’agir et de réagir. Chacun doit respecter l’autre, trouver ensemble une ligne de conduite harmonieuse, transmettre une image de père et de mère différente et complémentaire aux yeux de l’enfant. Chacune de ces images a son importance. Elles sont différentes et donc non comparables.

Au fil du temps, je vois de plus en plus de pères qui ne trouvent pas leur place dans la famille. Il ne savent plus comment agir ou réagir. Il s’ensuit par exemple une autorité paternelle absente ou inappropriée avec une mère qui est capable de dire : « pourtant, je dis à mon conjoint comment faire ». Elle ne se rend pas compte qu’elle ne lui laisse pas de liberté d’action et qu’elle casse l’image du père surtout si l’enfant entend ces propos. Et c’est alors la catastrophe. C’est ainsi que peut se construire l’enfant-roi ou l’enfant-tyran. Et il y en a de plus en plus qui consultent…

Or, il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je vois des exemples qui cassent l’image du père, de façon directe mais surtout insidieuse. (Peut-être de plus en plus d’ailleurs). Voici un exemple indirect et insidieux (histoire de prendre le plus récent) :

20160117-191038.jpg

Oui, oui. L’air de rien, il y a là un message subliminal qui glorifie la mère au détriment du père. C’est assez malsain en fait.

Chères amies, arrêtez donc de multiplier les comparaisons père-mère dans le seul but de vous auto-satisfaire et vous auto-congratuler. Je sais qu’il pourrait en être de même sur d’autres sujets concernant les hommes par rapport aux femmes… n’est-ce pas ?

Autre exemple différent mais d’actualité :
Ne croyez vous pas que les femmes seraient outrées s’il y avait un programme « Mr Bricolage et les papas ». J’imagine la volée de bois vert des féministes, à juste raison bien sûr. Or, je viens de découvrir que « Casino et les mamans » existe : un programme destiné aux femmes enceintes (là tout va bien) et… (tenez-vous bien) aux mamans d’enfants de moins de trois ans. Il est vrai qu’il n’y a sans doute que les mamans qui font les courses. Ben voyons !
Le marketing comme reflet des travers de société …

Les choses ont besoin d’évoluer sur ce plan depuis longtemps mais c’est laborieux :
Il m’a fallu par exemple batailler ferme il y a une trentaine d’années pour lutter contre le titre d’un programme de formation national intitulé « gymnastique maman-bébé ». J’ai réussi à contribuer à faire en sorte que cette formation devienne « gymnastique parent-bébé »
Quand j’avais pris à cette époque un « congé parental » pour élever ma fille, les collègues, pourtant professionnels de santé, me parlaient systématiquement de mon… « congé sans solde » .

Le poids des mots, le choc des idées. Ce n’est que quelques exemples. Bien des pères (et mères) pourraient en donner…

L’organisation social évolue. Des changements s’installent. Ce n’étaient pas forcément mieux ou moins bien avant. Il y a juste un glissement (sans doute trop rapide) dans notre société actuelle. Chacun doit y contribuer positivement au lieu de se camper dans une position qui casse l’image de l’autre.
Ah ! Le bienfait de l’écoute…

Les mentalités doivent évoluer avec le temps. Soyons alors tous vigilants pour que chacun se sente reconnu, pour un bon équilibre psycho-social, sans la sape de l’exclusion.

(*) Parentalisme : j’appelle ainsi tout ce qui vient défendre la cause des parents au même titre que le féminisme défend la cause des femmes.

(**) Pour lire l’article qui a motivé ce billet, cliquez sur la ligne ci-dessous :
>>>>Un papa n’est ni un baby-sitter ni un assistant c’est un parent (Rachel Toalson)
<<<<

Maladie de Parkinson : RÊVES ET CAUCHEMARS (par Jean-Pierre LAGADEC)

décembre 28, 2015 - 5:47 No Comments

Presque tous les Parkinsoniens sont atteints de troubles du sommeil. Ces troubles sont fréquents et très variés, comme on peut le constater à la lecture d’un article publié dans le numéro 26 du Parkinsonien Indépendant d’Août 2006, publié sous le titre : «Des troubles du sommeil aux conséquences multiples».

Depuis quelques années, je suis victime de cauchemars qui rendent mes nuits dangereuses.
Aussi après vous avoir raconté mes mésaventures nocturnes, je vous donnerai l’avis des médecins et des chercheurs en neurosciences sur les cauchemars, avant de se demander : « que peut-on faire en tant que patients ? »

Des nuits agitées

Depuis le début de ma maladie, il m’arrive parfois dans mon sommeil de m’agiter dans le lit conjugal, de lancer des coups de pied ou de bras, tout en criant ou en insultant un ennemi imaginaire. Réveillé en urgence par mon épouse, qui songe surtout esquiver les coups, je ne conserve aucun souvenir de ce cauchemar. Quand mon épouse me raconte ce que j’ai fait et dit, je suis tout à fait incapable d’en expliquer le contenu par des évènements de ma vie. Je n’ai pas d’ennemi, et je n’utilise pas de mots orduriers.

De plus, il m’est arrivé à la suite de cauchemars, des incidents qui auraient pu être plus graves. Une nuit, tombant du lit en plein sommeil, je me suis blessé légèrement et je pense que j’étais plus ou moins debout avant de tomber. J’ai continué ensuite à faire des cauchemars sans conséquence jusqu’à ce dimanche de fin Août 2015 où un nouveau cauchemar m’a envoyé aux Urgences de l’hôpital pour 5 points de suture au nez.

Certains lecteurs doivent penser que j’exagère dans la description de ces nuits agitées. A ces lecteurs sceptiques, je conseillerais la lecture d’un article intitulé : «Quand vivre son rêve, c’est le cauchemar des autres», où le docteur Delphine Oudiette évoque par exemple des tentatives de strangulation ou de défenestration. Je pense que beaucoup de Parkinsoniens sont sujets aux cauchemars. La plupart d’entre eux préfèrent ne pas en parler. Les conjointes (ou conjoints) victimes de ces extravagances se confieraient plus volontiers.

Des rêves paisibles

Tout d’abord quelques rappels sur le sommeil (Source : Institut National du Sommeil). Notre sommeil se divise en trois phases : le «sommeil léger», le «sommeil lent profond» et le «sommeil paradoxal». L’alternance entre ces trois phases forme un cycle de sommeil qui s’étale sur près de 90 minutes. Une nuit complète correspond généralement à 4, 5 ou 6 cycles, soit l’équivalent de 6 à 9 heures de sommeil.

Le sommeil paradoxal est de loin la phase la plus fascinante pour les chercheurs ! Contrairement aux précédentes, elle se caractérise par une relance très importante de l’activité cérébrale. Alors que nous sommes bien installés dans notre sommeil, c’est à ce moment que les rêves se bousculent dans notre tête. Le pouls et la respiration sont alors irréguliers. On note une atonie musculaire et la présence de mouvements oculaires rapides sous les paupières fermées. C’est cette atonie, qui permet au dormeur, en bloquant ses mouvements d’avoir des rêves paisibles. Le sommeil paradoxal représente, en moyenne, 20% de notre temps de sommeil.

Des cauchemars

Cependant, dès 1986, le psychiatre américain Carlos Schenck décrivait un trouble du sommeil paradoxal, caractérisé par une perte totale ou partielle de l’atonie musculaire et l’apparition de comportements indésirables (parler, frapper, sauter, injurier, etc…), Ce trouble a reçu la dénomination de «Trouble comportemental en sommeil paradoxal (TCSP) ou RBD en anglais. Pendant longtemps, on a considéré que ce trouble du sommeil paradoxal n’avait pas de conséquences sur la vie éveillée.

Mais des études plus récentes ont montré que les patients atteints de TCSP avaient un risque supérieur à la moyenne de voir s’installer une maladie neurodégénérative comme la maladie de Parkinson (MP), la démence à corps de Lewy (DCL) ou l’atrophie multisystématisée (AMS). Ces maladies débutent rarement de façon subite. Elles ont débuté sournoisement par atteinte des systèmes neuronaux plusieurs années avant le diagnostic clinique. D’autres études ont montré que chez un grand nombre de malades, le TCSP représente un stade précoce d’une maladie neurodégénérative, comme la maladie de Parkinson. Ce marqueur précoce pourrait permettre de détecter plus tôt de futurs Parkinsoniens et de les soigner dès que des traitements de neuroprotection seront disponibles.

Par ailleurs, il a été constaté que dans les populations de personnes diagnostiquées MP, plus d’un tiers d’entre elles étaient affligées d’un TCSP. Ces malades sont souvent atteints d’une dégradation de leurs fonctions cognitives, ce qui n’est pas le cas des malades non atteints d’un TCSP. Le TCSP est plus qu’une maladie du sommeil et présente des liens communs avec la maladie de Parkinson.

Protéger le conjoint et le dormeur

En présence de cauchemars, les solutions qui viennent immédiatement à l’esprit consistent, pour protéger le conjoint, à aménager le logement pour la nuit : lits séparés ou mieux chambres séparées. Pour protéger l’auteur des cauchemars, il y a lieu d’éloigner du lit tous les meubles qui pourraient être dangereux en cas de chute et même de prévoir des coussins amortisseurs. C’est à chacun d’imaginer les moyens d’éviter et d’amortir les chutes.

Consulter un neurologue ou un psychiatre.

Dans l’article cité en bibliographie, Carlos Schenck répond à des questions fréquemment posées sur les troubles du sommeil :

– en raison des progrès dans le diagnostic et les traitements, la plupart des troubles du sommeil peuvent être traités avec succès, par des médicaments ou un changement de mode de vie, ou les deux.
- ne pas s’inquiéter si les troubles sont peu fréquents. Par contre, si les troubles persistent et s’aggravent, on peut craindre un TCSP.
- l’ignorance est un handicap. Il est facile de nier les faits qui se sont passés pendant le sommeil. Il faut se faire raconter le contenu de ses cauchemars.
- tout le monde, même bien portant, peut avoir, pendant le sommeil, toute sorte de comportement, à partir de «basic instincts» : sexualité, nourriture, agression… etc.

En matière de traitement, Carlos Schenk préconise surtout l’utilisation du Clonazepam® (connu en France sous le nom de Rivotril®), qui selon lui serait efficace dans 90% des cas. Ce médicament a reçu en 1995 l’AMM en France où il est sur le marché depuis 1996. Son indication principale est le traitement de l’épilepsie chez l’adulte et l’enfant. Toutefois, signalons que le Rivotril® a été placé sur la liste des 77 et fait l’objet d’un suivi renforcé de pharmacovigilance. Ce médicament est disponible en pharmacie, aujourd’hui 15 septembre 2015.

Enfin, les lecteurs anglophones pourront lire avec profit le livre de Carlos Schenck : « Sleep The mysteries, the problems and the solutions » (disponible sur Amazon). Dans cet ouvrage, l’auteur traite de tous les problèmes et désordres du sommeil qui peuvent concerner tout le monde et donc les Parkinsoniens : insomnie, syndrome des jambes sans repos, apnée du sommeil, somnambulisme, terreurs nocturnes… etc, et bien entendu les TCSP.

En ce qui me concerne, autant j’avais tendance à oublier mes premières chutes, autant j’ai été perturbé par la dernière et cela m’incite à consulter un neurologue.

Biographie (accessible sur Internet)

- « Quand vivre son rêve est le cauchemar des autres » de Delphine Oudiette (scienceshumaines.com)
- « Trouble comportemental en sommeil paradoxal et maladies dégénératives » de Jean-François Gagnon (edk.fr)
- « Sleep Problems, Strange Behaviors, and When to See a Doctor», conseils de Carlos H.Schenck, MD, (health.com)

Jean-Pierre LAGADEC

N. B. : le numéro du 4e trimestre 2015 de la revue Le Parkinsonien indépendant publie ce même article. On y lit en post-scriptum qu’une lectrice attentionnée « signale que son mari évite les cauchemars en prenant chaque soir une gélule homéopathique Eschscholtz IA de « Natureactive » et pour le sommeil en général, prendre un petit de Chrono Dorm qui est de la Mélatonine. »

« Faire le boeuf »

décembre 25, 2015 - 12:40 No Comments

Je dis parfois aux personnes qui subissent des épreuves sans pouvoir trouver d’issue à la situation (tous les désagréments relationnels : violences, harcèlements, moqueries à l’école, à la maison, au travail ou ailleurs, …) de « faire le bœuf ». (*)

Par cette formule, je veux inciter la personne à tracer son chemin sans se laisser perturber par l’environnement, non pas par résignation et encore moins par soumission mais pour son propre équilibre, pour son mieux-être présent et l’épanouissement de son avenir, une façon de se centrer sur soi pour ne pas sombrer mais au contraire se renforcer, tirer profit de la situation déséquilibrante, faire preuve de résilience (**) en somme. Cette attitude impose tôt ou tard le respect à partir du moment où la personne ne se laisse pas perturber par des comportements plus ou moins pervers, en tous les cas perturbants.

C’est cette puissance de vie axée sur un processus d’évitement et non d’inertie qui inspire le respect. Imperturbable, le sujet « fait le boeuf » en traçant son sillon avec force et détermination.

Il ne faut évidemment « faire le bœuf » que quand on sait qu’une réaction de défense n’apporterait rien, voire aggraverait la situation.

Et il ne faut pas oublier que c’est en s’occupant d’abord bien de soi-même qu’on peut s’adapter et s’occuper mieux des autres.

Cette image du bœuf me vient de ma plus tendre enfance :

Émile, un voisin qui avait une petite ferme, utilisait un bœuf pour tirer sa charrue. Je savais que j’avais en face de moi un tableau particulier et devenu très rare en cette période. C’était autour des années 60. Je n’ai jamais vu ailleurs ce genre de chose.

J’étais en admiration devant cette masse corporelle en mouvement, si harmonieuse, puissante, calme, constante et efficace, un peu en contradiction par rapport au cheval qui, attelé devant lui, l’accompagnait dans l’effort avec un peu plus de fougue. Ce cheval était utile surtout en bout de champ pour donner un coup de collier et permettre au soc de sortir de terre. En effet tous ceux qui comme moi (peu nombreux à présent) ont charrué avec des chevaux savent qu’un petit emballement en bout de parcelle facilite la remontée du soc en surface avant de faire demi-tour pour tracer le sillon suivant.

Ce bœuf me donnait l’impression d’être imperturbable et Émile n’avait même pas besoin d’aiguillon ou de fouet pour le faire avancer. L’animal savait parfaitement ce qu’il devait faire et le faisait simplement, à son rythme, si bien que la « collée » (partie de terre retournée par le versoir de la charrue) était particulièrement rectiligne, régulière, parfaite. Il savait qu’il lui fallait faire cette tâche et s’y attelait placidement. Je suppose qu’Émile en était fier et le respectait.

(*) « faire le boeuf » : ne pas confondre avec « faire un bœuf », expression venant du restaurant parisien « Le bœuf sur le toit » et signifiant improviser un morceau de musique.

(**) résilience : terme issu de la physique des métaux. Elle correspond à la capacité pour le métal de retrouver sa forme d’origine. Ce terme a été repris en psychiatrie : la résilience d’une personne correspond à la capacité de maintenir, de retrouver et même de développer sa forme mental malgré les cabosses physiques et/ou psychologiques de la vie.

20151225-125314.jpg

Rosa Bonheur – Labourage nivernais (1849)

(Ce grand tableau visible au musée d’Orsay m’impressionne par son réalisme mettant en lumière jusqu’au moindre détail la noblesse de ces bœufs au labour)

halte à l’exercice illégal de la graphomotricité

octobre 15, 2015 - 1:06 No Comments

Pour défendre la prise en charge des troubles psychomoteurs par les professionnels ayant un décret de compétence en la matière, signez cette pétition en cliquant sur la ligne ci-dessous :

>>>> halte à l’exercice illégale de la graphomotricité (pétition) <<<<

La guerre des graines, dossiers édifiants

septembre 13, 2015 - 12:13 No Comments

Voilà au-moins un dossier qui n’endort pas les consciences contrairement à la plupart des émissions télévisuelles. Suivez ce document très bien ficelé de bout en bout si vous voulez comprendre comment quelques groupements internationaux, (comme Monsanto bien sûr) cherchent par tous les moyens à s’accaparer le « fichage et la privatisation du vivant » . Vous comprendrez pourquoi des agriculteurs, des chercheurs, des élus tirent la sonnette d’alarme et entrent en résistance (comme le maire de Grigny-sur-Rhône s’entourant de « semis désobéissants » . ;)

Dans ce documentaire, on vous dit que 72% des variétés de graines cultivées ont disparu en 100 ans pour ne privilégier que les graines vendues par les multinationales, ces graines étant F1, c’est-à-dire, hybrides et programmée pour ne pas être cultivable une seconde fois. Ces multinationales ont réussi à faire en sorte d’interdire à l’agriculteur le droit de vendre ou même de donner (!) les graines non-hybrides qu’il pourrait avoir en sa possession.

Il semble pourtant qu’il y ait des moyens pour éviter de se faire bouffer par ces multinationales qui, sous prétexte de permettre de mieux nourrir la planète, nous conduisent à la malbouffe.

Il y a déjà le scandale des pesticides (Monsanto vient de perdre des procès aux États-Unis et en France à ce propos), peut-être aurons-nous le scandale des hybrides.

En tous les cas, j’invite tous les spécialistes médicaux (notamment les chercheurs en gastro-entérologie, allergologie, oncologie, etc.) à se pencher sur le sujet car je ne serais pas étonné de voir un lien entre la consommation de produits hybrides et le développement de certaines pathologies (allergies, cancers, maladies neuro-dégénératives…).

Non, non, ce n’est pas une idée farfelue. Je pense être moi-même un spécialiste pour avoir enseigné les pathologies neuro-dégénératives pendant plusieurs années.

Vous savez par exemple que la maladie de Parkinson correspond à une dette en dopamine. Mais savez-vous que cette dopamine a comme précurseur la tyrosine, un acide aminé qu’on retrouve dans des aliments comme des graines (amande, cacahuète, courge, sésame) mais aussi dans les avocats, les bananes, les produits laitiers, etc. Et si les hybrides qu’on ingère ou qu’on fait ingérer aux animaux contribuaient à perturber notre propre chaîne de transformation digestive provoquant une pollution interne, porte ouverte à certaines pathologies…

Et paf !

Quand l’Homme cherche à contorsionner la Nature, la Nature, tôt ou tard reprend ses droits. C’est curieux par exemple de constater que, du fait de nos déversements de pesticides, des algues vertes se développent sur nos rivages. En réalité, on leur doit beaucoup car nous existons grâce à elles : dans la chaîne d’évolution des espèces vivantes, elles sont au début réussissant à transformer la toxicité de l’oxygène en chlorophylle, base de toute vie de notre flore terrestre qui a servi de première nourriture à la première faune terrestre. Elle était là bien avant la faune terrestre et donc bien avant nous.

Elle a beaucoup à nous apprendre et nous le fait savoir ! Et paf !

Certains spécialistes disent que ce documentaire a une vision partisane sur le sujet. Je laisse le soin à chacun d’en juger.

Mais, il est certain que la recherche agro-alimentaire peut aussi tirer profit d’expériences comme celle-ci :

Faire pousser des légumes sans eau :

« Je m’appelle Lou » et « Formidable »

août 31, 2015 - 9:50 No Comments

Le jeune Lou Boland présente le syndrome de Morsier (dysplasie septo-optique) mais a l’oreille absolu. Je vous conseille de regarder cette vidéo… formidable.

Temps de formation des paramédicaux : contraintes et libertés des gouvernants.

août 16, 2015 - 5:32 No Comments

Vous n’êtes pas sans remarquer que les auxiliaires médicaux ont du mal en France à calquer leur formation sur le cursus licence-maîtrise-doctorat (LMD) européen.

Pourquoi ?

L’une des raisons vient du fait que les Diplômes d’État sont délivrés par le Ministère de la Santé et non par les Universités, sous tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur, qui, lui, applique le cursus LMD. En conséquence, nos gouvernants, soucieux de maintenir une restriction budgétaire, ne se retrouvent pas devant une contrainte directe. De plus, au sein même de la corporation médicale, on n’a sans doute pas très envie de voir les auxiliaires médicaux devenir cadre et encore moins obtenir un doctorat paramédical avec accès à une recherche qui bousculerait l’organigramme professionnel et risquerait de faire de l’ombre à leur propre corporation. N’oublions pas « l’homme est un loup pour l’homme ». Qui peut décider du changement ? Nos gouvernants, soit, mais en consultant l’Académie de Médecine. Et qui siège à l’Académie de Médecine ? …

Cependant, il se trouve maintenant que les professionnels étrangers membres de la Communauté Européenne peuvent venir travailler en France avec une formation qui suit le cursus LMD.
Pour qu’il y ait une cohérence de diplômes, l’Europe bouscule la France. Quel imbroglio !

Ainsi la formation kiné passe à 4 ans (niveau master 1) à partir de la rentrée prochaine 2015-2016.

Mais comment les kinés ont-ils réussi à augmenter le temps de formation pendant que d’autres paramédicaux, comme les psychomotriciens, ont du mal à faire évoluer les choses dans ce sens ?

Ils ont mis en avant l’accord de Maastricht, d’autant plus qu’Il n’y a que l’Albanie et la France qui ont fait jusqu’à aujourd’hui exception en maintenant une formation kiné en trois ans.

Les orthophonistes sont déjà passés à 5 ans de formation (master 2). Pourquoi ?

Parce que la formation n’est pas sanctionnée par un Diplôme d’État mais par un Certificat de Capacité délivré par le Ministère de l’Enseignement Supérieur qui est tenu d’appliquer le cursus LMD. Maintenir une formation sur 4 ans n’avait pas de logique puisqu’une maîtrise se fait sur 5 ans dans les formations universitaires.

Mais alors, puisque l’un des premiers soucis des gouvernants est la restriction budgétaire, comment faire pour augmenter le temps de formation sans trop modifier la grille de salaire ?

C’est simple, il suffit d’augmenter le temps de formation sans que la grille de salaire ne suive la même courbe de progression. Une logique budgétaire qui ne suit pas la logique de formation mais ce n’est pas une préoccupation pour nos gouvernants de droite ou de gauche.
Ainsi la France n’hésite pas à embaucher des auxiliaires médicaux, quelle que soit la durée de formation, en ne les payant que légèrement au dessus du SMIC. Et le tour est joué.

Il ne faut pas s’étonner de voir que les hôpitaux ont du mal à trouver et à garder longtemps des auxiliaires médicaux dans leurs structures.

En réalité, nos hôpitaux, qui devraient être au top au niveau de la qualité des soins, embauchent en majorité de jeunes auxiliaires médicaux inexpérimentés ou peinent même à en trouver. Mais c’est logique. Quant à penser qu’un salaire « discount » engendre un service tout aussi « discount » , il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas car notre santé peut être aussi sauvée par la « vocation professionnelle » qui caractérise bon nombre de personnes dans le milieu hospitalier. Mais il serait bon que nos décideurs n’en profitent pas pour ne graisser la patte que de ceux qui exercent un réel pouvoir. Suivez mon regard…(*)

(*) Je veux surtout parler de ceux qui ne sortent leur Rolls ou leur Bentley que devant des palaces ou cours intérieures de certains palais des congrès après être venus s’empiffrer au sortir de conférences ; leur nom est souvent précédé d’un titre honorifique. (Ça sent le vécu, vous ne trouvez pas).

L’encoprétique : un « emmerdeur emmerdé » (*)

juillet 24, 2015 - 3:40 No Comments

À la demande de certains professionnels, vous trouverez ici mon point de vue sur l’encoprésie et ma façon d’aborder le problème.

Attention, ce billet s’adresse surtout aux soignants, oreilles chastes s’abstenir :-)

Le langage non-verbal de l’encoprétique transféré vers le langage verbal est tout ce qu’il y a de plus cru puisque scatologique.

Ma façon d’aborder ce trouble tourne autour de ce transfert de langage pour qu’il y ait une véritable prise de conscience de l’enjeu interactif tant au niveau de l’enfant qu’au niveau de l’entourage affectif. Cette approche thérapeutique directe (et évidemment contrôlée à chaque étape de soin) a l’avantage d’aller droit au but pour couper-court à un dialogue scatologique particulièrement agressif et tout aussi direct bien que non-verbal. En réalité ce dialogue non-verbal de l’encoprésie est clairement matérialisé par les excréments tout en étant masqué sournoisement pour rendre l’interaction complexe, ce qui permet à l’enfant de garder un pouvoir énorme : « faire ou ne pas faire ».

Il ne faut pas oublier que l’enfant naît en découvrant assez vite qu’il a des pouvoirs. Ses pouvoirs se situent principalement au niveau de ses orifices : c’est lui qui au final, et quel que soit le comportement de l’entourage, peut décider de goûter, de manger, de parler, d’écouter, de regarder, d’uriner, de déféquer ou pas…

L’encoprésie correspond à un mauvais contrôle fécal chez l’enfant de plus de 4 ans. Elle implique un regard médical, pédiatrique et/ou psychiatrique pour un diagnostic différentiel entre les aspects organique, fonctionnel et réactionnel. Il est aussi primordial de tenir compte de l’âge : une encoprésie à l’âge de 5 ans n’implique pas forcément une même approche qu’à l’âge de 10 ans. Il faut différencier les encoprésies primaire et secondaire, rétentive et non rétentive. De même une encoprésie qui fait suite à un abus sexuel ne doit pas être abordé de la même manière que dans le cas d’un « enfant tyran »…

Lorsque les troubles organiques sont écartés (ce qui est pratiquement toujours le cas) un suivi psychothérapeutique s’impose. Mais par qui ? Par un professionnel qui a l’habitude de prendre en charge ce genre de problème mais plus précisément un spécialiste du langage non-verbal. En effet l’encoprésie est un langage du corps et il faut mettre des mots sur ce langage du corps.
L’un de ces professionnels peut être le psychomotricien. Il peut apporter quelque chose d’intéressant en tant que personne formée et habituée aux interactions non-verbales pouvant repérer des désordres de tensions neuromotrices (paratonie, hypertonie, hypotonie, etc.) et/ou affectivo-motrices (réactions hypertoniques, troubles du Schéma Corporel, de l’Image du Corps, etc.)
Le psychomotricien n’oubliera pas de faire un bilan neuro-moteur ciblé sur les capacités de contrôle tonique de l’axe et de la ceinture pelvienne en particulier. Bien souvent l’encoprétique contrôle mal cette région, ne sait pas tendre et détendre l’axe et la partie inférieure du corps, un peu comme s’il n’investissait pas la région pelvienne. Mais alors pourquoi ? Tout semble une question de vécu plus qu’une incapacité neuromotrice.
Le plus efficace me semble être un travail de prise de conscience pour l’enfant et ses parents en évitant de « tourner autour du pot » (c’est le moment de le dire).

Le langage cru verbal doit faire écho au langage corporel tout aussi direct, tout aussi cru :

Quand on a écarté les rares problèmes physiologiques, on repère le rapport d’agressivité car ce trouble peut correspondre à une « agressivité active » (et non passive comme dans l’énurésie)
Alors que, face aux tensions relationnelles, l’énurétique « laisse pisser » , l’encoprétique au contraire « emmerde ». N’oublions pas que pour déféquer il faut pousser donc agir et non laisser aller comme quand on urine.

Mais en réalité, l’encoprétique est un « emmerdeur emmerdé ». Il est donc important de rencontrer aussi les parents pour repérer comment l’entourage affectif « emmerde » l’enfant. Parallèlement à cette prise de conscience pour les parents, il faut arriver à dire aussi à l’enfant qu’il peut utiliser sa bouche au lieu de son anus pour exprimer son mécontentement. CQFD (*)

Étant donné que le thérapeute agit face à cette pathologie comme un tiers paternant, Il est possible que l’efficacité soit renforcée si le thérapeute est de sexe masculin surtout si l’encoprétique est un garçon (transfert d’identité), ce qui est souvent le cas, évidemment (la prévalence est de 3 garçons pour une fille). Un regard psychanalytique peut nous amener à considérer l’excrément comme un symbole phallique. Ce symbole matérialise un pouvoir de l’enfant. Il déstabilise les parents qui se trouvent particulièrement démunis, particulièrement « emmerdés ». Face à cette situation, les parents essaient tout mais évidemment ne réussissent rien. Ils n’arrivent pas à avoir le pouvoir et se retrouvent dans un « dialogue de merde », éventuellement aussi entre eux, ce qui donne un « boulevard de pouvoir » à l’enfant qui a réussi à trouver « la faille », comme l’a dit si bien dans ses écrits Bruno Castets (*). Évidemment, l’encoprésie renvoie au complexe d’Œdipe. Je pense que je n’ai pas besoin de détailler sur ce point.

Ma façon de procéder en 3 étapes :

1- rencontre de l’enfant avec les deux parents pour un entretien qui permet de cerner le problème en repérant la vision et les manières d’agir et de réagir de chacun. Je m’arrange toujours pour observer furtivement les réactions de l’enfant comme le sourire en coin au moment où l’encoprésie est évoquée, le moment où certains mots ou phrases sont prononcés.

2 – bilan avec l’enfant seul (entretien et tests neuro-moteurs) ce qui permet d’avoir un profil psychomoteur qui mesure la capacité de contrôle tonique,

3 – nouvel entretien avec les parents et l’enfant pour faire un compte-rendu de la situation. Je m’adapte dans mon discours en fonction du trouble observé et de l’âge de l’enfant mais je n’hésite pas à utiliser un langage cru pour être d’autant plus percutant et clair face à ce marasme de communication largement imbibé de perversité. Le but est de stopper le lien pervers en transférant le langage non-verbale (action de salir sa culotte) en langage verbal (du style « c’est ta manière de leur dire : « je vous emmerde ! » Mais, ce serait plus simple de parler avec ta bouche plutôt qu’avec ton anus. »). Évidemment, l’enfant, qui avait le sourire en coin au premier entretien, montre à ce stade un peu plus de gravité dans son expression.
Je mets aussi l’accent sur le comportement inadapté des parents qui souvent n’ont pas une ligne de conduite commune. L’attitude oscille entre une agressivité verbale et/ou physique (exemple : mettre le slip sale sur la tête de l’enfant, oui oui, ça existe), une trop grande permissivité ou un désintérêt, tout ce qui « emmerde » en fait l’enfant. En réponse à ces attitudes parentales, l’enfant va utiliser l’encoprésie pour perturber et attirer l’attention des parents (au lieu de le mettre dans le panier à linge sale, il va par exemple cacher son slip souillé sous le lit, le but étant… qu’il soit retrouvé à un moment ou à un autre : une perversion de haute voltige !)

Il n’y a pas forcément de quatrième étape de prise en charge. Je laisse la famille repartir avec cette nouvelle vision des choses. Ils ne reprennent contact que s’ils le souhaitent un peu plus tard, ce qui est très rare.

Il faut se dire aussi qu’en ce qui me concerne, la prise en charge de l’encoprésie de l’enfant rentre le plus souvent dans un contexte de troubles associés si bien que, continuant à le suivre pour ses autres problèmes, je peux avoir connaissance de l’évolution de la situation. Presque toujours les parents reviennent en disant qu’il n’y a plus d’encoprésie pratiquement du jour au lendemain.
Je me dis que le fait d’oser parler de façon aussi crue devant les parents et surtout devant l’enfant y est certainement pour beaucoup.

J’ai évidemment pris soin d’expliquer qu’il n’est pas poli de parler aussi crûment mais que la situation m’y oblige pour aller droit au but, tenir le même langage que l’enfant et éviter de « tourner autour du pot. »

Face à l’encoprésie, il faut en somme un discours propre et net face à ce qui ne l’est pas.

(*)Je ne fais ici que reprendre les propos crus du Dr Bruno Castets dans ses cours. C’était l’un de mes profs de psychiatrie. Il a écrit des livres très intéressants et très faciles à lire (« L’insaisissable ou un autre visage de la psychiatrie », »La loi, l’enfant et la mort », « La faille »…)