Maladie de Parkinson : le scandale du non-suivi orthophonique

mai 6, 2017 - 2:07 No Comments

Quel est le risque majeur dans la maladie de Parkinson ?

Dans le cas d’un syndrome parkinsonien (MPI et pathologies apparentées), la prise en charge orthophonique de toute forme de difficultés touchant la sphère haute (troubles de la voix, de l’articulation, de la mastication, de la déglutition, de la respiration, etc.) a toute son importance pour limiter le risque notamment de pneumopathie d’inhalation, l’une des principales causes de décès à terme en cas de non-stimulation (cette stimulation devant inclure dans son programme tension ET détente neuro-musculaire).
Je l’ai martelé pendant si longtemps en fac et dans les conférences que j’aimerais qu’on ne se limite plus à 5 à 6 % de consultations orthophoniques !!!
Tout ceci ne veut pas dire que tous les parkinsoniens doivent voir l’orthophoniste mais dès que la sphère haute s’enraye : oui et sans attendre. Et, croyez-moi, il n’y a pas qu’une méthode pour améliorer les choses (même si certaines voudraient prétendre le contraire) : les orthophonistes ont bien des techniques variées et ciblées dans leurs sacs pour améliorer les choses.
Il faut qu’on se le dise et que l’information circule car l’espérance de vie parkinsonienne est plus entre les mains de l’orthophoniste que bien d’autres approches.

Pourquoi avancer le mot « scandale » ?

Comme l’autruche, l’être humain a tendance à ne voir que le visible. Et la médecine, au sens large du terme, peut tomber dans le même travers pour n’agir qu’en fonction de ce qui est observable.

Par exemple un médecin peut avoir :

- le bon réflexe d’orienter un parkinsonien, qui marche avec difficulté, vers un kiné.
-> C’est normal : le plus grand risque étant la chute (conduisant à la douleur mais rarement au décès),

- ignorer l’importance d’un suivi orthophonique sous prétexte que le patient qui toussait souvent « ne tousse plus et donc va mieux » (oui, oui, cette réflexion existe, je l’ai rencontrée), alors que, sauf miracle, la réalité est inverse, le patient ayant perdu la capacité d’expectorer.
-> Ce n’est pas normal : le plus grand risque étant les encombrements (conduisant aux infections et trop souvent au décès).

Bien sûr, du côté du médecin, le scandale n’existe qu’à partir du moment où il rechigne à prescrire de l’orthophonie en pleine conscience de ces risques.

Du côté orthophonique, le scandale existe à partir du manque d’information et de formation sur le sujet. Le pire est que souvent quelques indications suffisent déjà à apporter des améliorations.

Alors nous, formateurs, professionnels de la chose, engageons notre responsabilité. C’est le pourquoi de ce billet.

Un résumé de situation sur le sujet est consultable ici :

La dysphagie parkinsonienne (écrit de Jean-Pierre Lagadec-gp29.net)

Maladie de Parkinson et hyperémotivité

février 26, 2017 - 11:07 No Comments

Éloge de l’émotivité

Avoir une émotivité est une bonne chose car ne pas en avoir est source d’inadaptation.
Une personne que rien n’émeut ne sent pas les choses, ne peut pas faire preuve d’empathie, ne peut pas se mettre à la place de l’autre, souffre d’une incapacité de décentration. Il ignore les états d’âme de l’autre et peut même en arriver à s’ignorer lui-même. Le trouble glisse vers un dérangement psychiatrique dans l’univers psychotique.

Tout est bien sûr une question de dose car trop d’émotivité vient perturber l’équilibre de la personne. Elle souffre alors d’une grande sensibilité aux stress, réagit émotionnellement à la moindre perturbation. Cette hyperémotivité s’exprime par des manifestations variées dont elle n’a plus le contrôle.

Hyperémotivité et maladie de Parkinson

Le traitement anti-parkinsonien permet un apport dopaminergique qui vient booster différentes aires du cerveau dont la zone limbique d’où une éventuelle hypersensibilité émotionnelle liée à cet apport médicamenteux et non à une fragilité psychologique de la personne ! La situation est telle que les malades qui souffrent de ce genre de troubles tardent à en parler et en priorité les hommes qui supportent encore moins de devenir sensibles.

En clair, l’hyperémotivité constatée chez la personne qui souffre d’une pathologie parkinsonienne est en principe liée à la médication. Qu’on se le dise et qu’on le dise car nous pouvons ainsi largement rassurer le sujet et son entourage. En effet, en l’absence de connaissance de cet état de fait, le réflexe est en principe de faire le lien entre hyperémotivité et dépression. Et, comme je le dis souvent, c’est particulièrement déprimant de s’imaginer pleinement responsable de sa propre dépression. Alors que quand on apprend qu’un médicament peut en être responsable, c’est plutôt rassurant, anti-déprime même.

L’analyse doit être la même par rapport à d’éventuels comportements déviants d’addictions au jeu et/ou au sexe liés cette fois à l’hyperstimulation dopaminergique de la zone frontale.

Un ajustement médicamenteux par le neurologue améliore en principe ces soucis d’humeur (au sens psychiatrique du terme) car tous les parkinsoniens ne réagissent pas de la même manière par rapport notamment à certains agonistes dopaminergiques (Requip, etc.).

Quand la LSVT® fait son marché

février 20, 2017 - 3:21 No Comments

PRÉSENTATION :

La LSVT® est une méthode américaine qui utilise la rééducation intensive pour aider les patients souffrants de la Maladie de Parkinson.

Une rééducation intensive apporte-t-elle une amélioration ?

Bien sûr ! N’importe quel « coach » (terme approprié bien dans la tendance sociale actuelle) vous dira que toute activité intensive apporte une amélioration.

Dans notre société, quand on parle d’activité, on peut faire référence au domaine intellectuel mais aussi et surtout au domaine physique.

Dans le cas présent, les progrès sont facilement mesurables en s’appuyant sur des courbes respectant les critères de fiabilité et de validité. C’est d’une logique statistique implacable.

Mesurer le bien-être est beaucoup plus difficile évidemment voire impossible. Mais notre société de consommation se préoccupe plus de la fonction que de l’être. C’est pourquoi le « coaching » a le vent en poupe et… nos centres médicaux-psychologiques sont de plus en plus débordés. Entre parenthèse, il nous faudrait peut-être un Ministère du « Bien-Être » comme au Boutant ;)

Est-ce que la LSVT® n’a d’intérêt que par le fait que c’est une rééducation intensive ?

Non, bien sûr, d’une part les personnes qui n’ont que peu de connaissances sur la maladie de Parkinson trouvent un intérêt dans les stages de formation, d’autre part l’entraînement vocal présentent un réel apport dès le début de la pathologie quand la sphère haute présente des signes de manque de dynamisme ce qui évite une dégradation dramatique de cette zone pouvant conduire à des troubles tels que la pneumopathie d’inhalation et au décès en cas de dégradation majeure. Je martèle toujours que trop peu de personnes souffrant d’un syndrome parkinsonien bénéficient d’une aide orthophonique. Cette aide n’est pas pour le confort, c’est carrément vital.

La rééducation intensive proposée par la LSVT® est-elle une panacée ?

La maladie de Parkinson se caractérise par une rétraction neuro-musculaire plus ou moins importante, une hypertonie notamment axiale, donc de la sphère haute pouvant entraîner une discordance pneumo-phonique par perte de l’amplitude de différence entre la tension et la détente, la base même de l’harmonie gestuelle. Seulement, on a tendance à oublier la prise de conscience du relâchement en ne s’axant que sur le renforcement alors que l’hypertonie est déjà trop forte.

La LSVT® semble ne pas assez prendre en compte un élément essentiel pour améliorer le mouvement : la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire, la diminution des réactions paratoniques, la relaxation psychomotrice (*). Encore faut-il avoir une formation sur ce plan mais c’est ce qui semble manquer aux tenants de cette méthode qui au passage ne réservent leur programme qu’à ceux qui auront suivi leur formation moyennant finance (**).

Pourquoi dire que la LSVT® fait son marché ?

J’ai longtemps enseigné la maladie de Parkinson au centre de formation en orthophonie à Nantes et je dois dire que la façon de la LSVT® de transmettre un savoir qu’aux seuls initiés (attitude louable sur le plan commercial, me direz-vous) en verrouillant de manière si habile toute diffusion me pose un sacré problème eu regard de notre éthique européenne, de notre façon de concevoir la transmission du savoir pour la santé de tous.

Observez l’organisation marketing de la méthode et vous verrez que tout est parfaitement rôdé sur ce plan mais à mon sens business et santé ne font pas bon ménage.

Je veux bien entendre que la méthode LSVT® ne met pas le profit au premier plan mais encore faudrait-il que les tenants de cette technique m’en apporte la preuve… en me montrant au détail leur programme de formation par exemple.

Je veux bien qu’il faille une formation pour s’initier à une technique, il n’en demeure pas moins que ceux qui se retrouvent sur la liste de formation après seulement 12 heures d’initiation et qui recrachent au bassinet au bout de deux ans au maximum pour rester sur la liste des techniciens LSVT® ne se transforment pas pour autant en seuls spécialistes de la maladie de Parkinson.

En clair, arrêtons de tout faire tourner autour de la LSVT®. Il y a bien d’autres approches tout aussi intéressantes, même si elles font moins de tapage pour se mettre en haut du panier.

On me demande parfois quelles sont « les autres méthodes qui marchent » ?

D’abord, plutôt que méthode, je préfère parler de technique ou d’approche.

Prenons juste un exemple : Il est clair que la LSVT® mise sur le renforcement moteur. C’est intéressant. Elle agit comme un « coach » sportif. Mais l’harmonie gestuelle ne se fait pas que par renforcement. Il faut qu’il y ait une échelle de différence tension/détente. Tout bon coach le sait. Alors, si le parkinsonien dysarthrique est paratonique (ce qui est plus que fréquent), il faut lui faire découvrir ou redécouvrir le relâchement volontaire pour que le mouvement retrouve mieux son naturel et son économie. Cet élément n’est pas dans le protocole LSVT®. Si à partir de là, les tenants de la méthode LSVT® l’ajoute dans leur programme, dites bien que c’est ma Propriété Intellectuelle ;)

Ce ne sont pas les méthodes exclusives qui nous font avancer mais les formations variées qui nous permettent de mieux nous adapter à chaque cas spécifique.

Personnellement, je suis allé même chercher en dehors des sentiers occidentaux… Mes formations vont de techniques asiatiques à d’autres plus occidentales telles que la relaxation thérapeutique pour parler d’autres choses que ce qui est fait en LSVT®. J’utilise aussi des techniques qui s’apparentent à ce qui se fait en LSVT® sans en porter le nom.

Encore une fois, je n’ai rien contre cette approche intensive et je n’ai rien contre le fait que certains de mes patients aillent voir des collègues LSVT®. Je ne pêche pas pour ma chapelle.

Une rééducation intensive peut avoir son intérêt surtout dans des cas spécifiques, notamment pour les MPI débutantes avec perte d’énergie axiale.

Je me méfie par contre de ce genre d’entraînement dans les cas de Parkinson Plus (représentant tout de même environ 15 % des pathologies parkinsoniennes) lorsque l’axe est bien trop hypertonique. Il est tout de même gênant d’ajouter la dysphonie à la dysarthrie… (genre de choses que j’ai rencontré après rééducation LSVT®)

Sans nier, en aucun cas, l’efficacité de la LSVT®, vous voyez bien que d’autres approches ou techniques sont possibles voire essentielles. Comme quoi, il ne faut jamais se contenter de méthodes mais chercher, se former, douter, avancer, corriger, s’adapter à chaque cas.

Pourquoi ne pas suivre qu’une méthode ?

Il est certain que tout ce que nous avons appris en formations ou en stages, si possible de manières variées, nous apprend à adapter le soin à la singularité du patient et à son état du jour. D’où l’importance de varier les formations.

Mettre en place un protocole de soin sans tenir compte de l’état du jour sous prétexte de suivre une méthode à la lettre me chagrine voire me révolte.

Un soignant ne doit être en aucun cas un répétiteur. Ce n’est pas un trouble qu’il a face à lui mais un patient porteur d’un trouble.

Mais alors pourquoi les courbes de résultats montrent une efficacité de la méthode LSVT® ?

Tout vient de la rééducation intensive. Créez n’importe quelle méthode sur le plan moteur ou neuro-moteur basée sur le conditionnement intensif et vous obtiendrez rapidement des résultats tangibles. Ce n’est pas un scoop.

Il est vrai que le reconditionnement de la mobilité de la sphère haute a toute son importance (parfois vitale) dans le cas de maladie de Parkinson et j’ai confiance dans n’importe quel professionnel intéressé par cet engagement thérapeutique, formé à la méthode LSVT® ou autres approches, peu importe pourvu qu’on s’intéresse au sujet (et non à l’objet) présent dans le cabinet.

Pourquoi certains parkinsoniens sont prêts à faire des kilomètres pour suivre cette méthodes ?

N’importe quelle personne atteinte d’une pathologie est à l’affût de tout ce qui peut améliorer son état et c’est logique. Mais il faut savoir aussi qu’une personne atteinte d’un syndrome parkinsonien peut avoir une fragilité frontale. De ce fait le discernement, le recul nécessaire peut être altéré poussant le sujet à imaginer qu’une seule méthode suffira à améliorer leur état. Il fonce donc tête baissée.

Il y a une certaine logique face à la situation de dégradation du potentiel, mais il serait bon et sain de ne pas en profiter commercialement en laissant croire que la seule issue est d’utiliser LA méthode qui a le vent en poupe.

Il en est de même du côté des professionnels de santé qui, même dans le cas de recherche d’augmentation du nombre de patients, ont tout intérêt à ne pas se contraindre à une seule méthode de travail. Il en va de leur crédibilité professionnelle et de leur adaptation à la singularité de chaque patient.

Pourtant, en lisant les commentaires à vision unilatérale LSVT® sur les réseaux sociaux, je me dis que l’élan marketing touche tous les domaines même l’orthophonie…

Quel est enfin le risque sous-jacent dans le fait d’utiliser exclusivement une méthode intensive ?

La Sécurité Sociale pourrait finir par entrer dans le jeu en accordant une prolongation de soin (avec parcimonie) que dans le cas de résultats objectivés sur un instant suffisamment court ! Sympa dans le cas de troubles dégénératifs n’est-ce pas ! Ça se fait déjà ailleurs comme… aux États Unis (tiens, tiens… d’où vient donc la LSVT® ?)

Que faire si vous n’êtes pas estampillé LSVT® ?

Faîtes confiance à votre formation professionnelle, adaptez-vous au patient en face de vous et si vous pensez manquer de techniques, faîtes comme beaucoup d’orthophonistes savent faire : formez-vous dans la diversité, allez spécifiquement piocher toute info sur le travail vocal en misant au besoin sur l’intensif, histoire de faire un traitement style « générique de LSVT®  » (***).
En effet, jusqu’à preuve du contraire, la LSVT® n’a pas le monopole du travail intensif ou alors dès demain je m’en vais déposer le brevet de l’invention de la roue.
Je n’ai personnellement pas attendu l’arrivée de cette méthode sur le marché pour proposer un travail vocal intensif et je ne suis pas évidemment le seul… (*****)

J’y ajoute une touche personnelle issue de ma formation de psychomotricien : le travail sur la prise de conscience du relâchement neuro-musculaire.

Que faire encore ?

Demander à une personne formée LSVT® de donner des exemples d’exercices… ah, non ça ce n’est pas possible en fait, elle s’est engagée à ne pas transmettre des infos… copyright oblige… même si les tenants de cette méthode ne sont pas gênés d’aller chercher des idées ailleurs, les auteurs de ces idées-ci ayant la présence d’esprit de mettre davantage en avant l’éthique professionnelle que la protection intellectuelle).

CONCLUSION

La LSVT® est une méthode de conditionnement pour objectiver des résultats rapides. Elle a certes son efficacité mais aussi ses limites. Bien d’autres approches sont intéressantes, voire complémentaires, sans avoir forcément une estampille de protection de la marque !

De grâce, chers collègues, méfiez-vous du miroir aux alouettes, ne tombez pas dans le travers de l’hyper-technicité. Je ne voudrais pas que vous souffriez de « monométhodose infectieuse » (***) en vous cachant derrière un protocole de soins qui transforme le patient non pas en sujet mais en objet de traitement, même si c’est sécurisant puisqu’en cas d’échec on peut toujours se rassurer en disant que c’est le patient qui ne s’est pas adapté à une technique qui a fait ses preuves d’efficacité, courbes à l’appui. La bonne aubaine quand on sait qu’il y a autant de parkinsoniens que de maladies de Parkinson !

Je critique surtout l’élan marketing qui veut laisser croire qu’il n’y a que la LSVT® qui marche. C’est très prétentieux de le dire et de l’écrire, pour ne pas dire litigieux…

P. S. :
Ai-je poussé le curseur un peu trop loin ?

J’aimerais bien mais c’est surtout pour secouer le cocotier et récolter les bons fruits. Alors maintenant, à vos critiques ;)

(*) une prise en charge psychomotrice peut répondre à ce besoin mais qui en a l’idée ?…

(**) Voici ce qu’étaient les tarifs de formation LSVT® LOUD (destinée aux orthophonistes) les 13 et 14 octobre 2016 à Paris (pour seulement 12 H 30 en deux jours) :

-> 595 € pour les petits nouveaux (pas 599 c’est réservé au domaine commercial, voyons ! Mais pas 600 non plus, c’est trop cher.)

-> 310 € pour la personne déjà certifiée pour pouvoir rester sur la liste de certification qui n’est valable que pour deux ans !
[Les tenants de cette méthode :
- soit pensent que les stagiaires ont des pertes importantes de mémoire (une perte de plus de 50% en deux ans, c'est mathématique),
- soit proposent plus de 50 % de nouveautés tous les deux ans (c'est mathématique),
- soit veulent que les certifiés crachent à nouveau au bassinet pour conserver l'estampille LSVT® mais ce serait être mauvaise langue que de l'imaginer.]

-> 410 € pour les étudiants (un rabais s’impose mais papa-maman peuvent peut-être payer).

Il faut dire que maintenant il existe aussi la LSVT BIG® pour les kinés (et ergos) dans les mêmes conditions d’organisation. La démonstration que j’ai vue s’apparente au taï-chi-chuan sans en porter le nom ; une présentation si mécanique occultant sa source essentielle de respiration et de détente mais c’est vrai que c’était un exposé très rapide…
Toujours avec l’idée d’une rééducation intensive avec évidemment l’estampille LSVT®, je me demande si on ne va pas nous pondre la même chose à destination des orthoptistes, des neuro-psychologues, des psychomotriciens, … (bien que ceux-ci soient difficilement « 
méthodables« , on ne les a pas, en principe, formatés dans ce sens)
D’autres méthodes ont déjà brûlé ainsi leurs ailes par le passé. Permettez-moi de taire leur nom…

(***) C.f. : le billet suivant :
la monométhodose infectieuse

(****) voir le billet suivant :
Quand le soignant devient médicament

(*****) par exemple Johnson et Pring ont proposé une méthode de stimulation intensive des fonctions laryngo-respiratoires, de la prosodie, de l’articulation en 1990 alors que la LSVT® date de 1994. Et bien d’autres travaux datent d’avant 1994 comme ceux de Downie et al. (1981), Scott et Caird (1983), Hanson et Metter (1983), Robertson et Thomson (1984), Rubow et Swift (1985), Le Dorze et al. (1992), Adams et Lang (1992)… pour ne lister que certains de ceux cités dans le livre la maladie de Parkinson dirigé par le Pr André Rascol (p. 227 et suivantes, Acanthe, Masson, Paris, 1998).

« Psychorééducateur » = psychomotricien

décembre 17, 2016 - 11:17 1 Comment

« Psychorééducateur » n’est autre que l’ancienne appellation de psychomotricien.
Pour histoire, il faut rappeler que c’est surtout la corporation des kinés qui a réussi pendant quelques années à empêcher les psychomotriciens de conserver cette appellation par peur du nouveau DE apparu en 1974 (décret n° 74-112 du 15 février 1974).
Ils pensaient qu’en conservant cette appellation, le « psychomotricien » risquait de leur faire de l’ombre ! Qu’on se le dise !
Heureusement, les psychomotriciens ont retrouvé leur appellation d’origine en 1985 (décret 85-188 du 7 février 1985), les « psychorééducateurs » de l’époque apportant la preuve que leur approche est différente de celle des kinés.

Conclusion : les psychomotriciens ont été contraints de porter le nom improbable de « psychorééducateur » entre 1974 et 1985.
Une autre particularité de cette période : le concours. Il avait lieu en fin de première année, sanctionnait les capacités en lien direct avec la profession (psychiatrie, anatomie, neurologie, physiologie, psychologie, psychomotricité, etc.).
En glissant ce concours avant l’entrée en formation, en créant une sélection sans véritable lien direct avec les compétences requises dans la profession, on ne sélectionne maintenant que ceux qui sont conditionnés dans l’art d’être des « bêtes à concours » formatés en école prépa. On rejette au passage des personnes particulièrement motivées et au profil intéressant mais qui n’auront pas su répondre à des sujets qui n’ont rien ou peu à voir avec les connaissances et compétences requises dans la profession.
Quel gâchis !
Et je suis bien placé pour dire que ce n’est pas limité aux concours d’accès à la formation de psychomotricien…


N. B. : j’ai écris ce billet sur mon Iphone qui reconnaît le terme de « psychorééducateur » mais s’évertue à souligner en rouge celui de « psychomotricien », comme quoi il y a encore du boulot pour la reconnaissance du métier. Je dis toujours que les syndicats devraient s’intéresser aussi et surtout à ce volet car si les dictionnaires rechignent à reconnaître ce mot, c’est plus que problématique !

IMPORTANT : Comment repérer une information fausse sur internet ?

novembre 19, 2016 - 4:33 No Comments

PARTAGEZ CETTE PAGE pour LUTTER CONTRE la CIRCULATION de HOAX sur INTERNET

Internet est un moyen de communication fabuleux. Mais des informations erronées ou frauduleuses (hoax en anglais) circulent autant que celles qui sont pertinentes.

Comment faire le tri ?

Beaucoup de personnes partagent sur les réseaux sociaux des informations qui leur semblent évidemment essentielles (disparition de personnes, virus, etc.).
Les gens mal intentionnés qui créent les canulars se servent évidemment du sensationnel pour titiller la fibre émotionnelle et altruiste des personnes qui se font ainsi pigeonner, ce qui devrait pourtant au contraire éveiller le soupçon avant de partager sur la toile.

Comment vérifier le vrai du faux (« fake » en anglais) ?

Dès que vous avez un doute, il est très simple de vérifier l’information en se servant justement d’internet. Il suffit de noter quelques mots-clés dans les moteurs de recherche pour interroger les sites spécialisés dans la lutte contre les informations fausses (comme Hoaxbuster, Hoaxkiller, …)

Exemple :

Prenons l’exemple de la photo ci-dessous qu’on vient de me balancer sur ma page Facebook :

20161119-150950.jpg

Tout est fait pour donner l’impression de vérité : feuille à entête, photocopie, contenu accrocheur, etc.

En réalité, c’est un hoax qui circule depuis 1999 en version française et dans sa version d’origine depuis 1998 outre-atlantique.

Il ne m’a pas fallu une minute pour le savoir en tapant : hoax ace.

Est-ce important de vérifier avant de partager ?

Oui, pour ne pas pourrir davantage internet surtout face à certaines situations (comme la disparition de personne, etc.), tous les faits qui provoquent des réactions venant pourrir le travail d’enquêteurs, la police, la gendarmerie, etc.

CONCLUSION :

Au moindre doute, VÉRIFIER VOS SOURCES avant de partager les informations en tapant dans un moteur de recherche des mots-clés comme hoax ou fake en plus de mots ou phrases repérés dans le document reçu.

C’est simple, utile, indispensable !

Ici pas de hoax, pas de fake, pas de pub, pas de pépettes, pas de flouze, pas d’oseille etc. (Ouf, ça fait du bien n’est-ce pas ?), alors PARTAGEZ sans modération !

Signé : UbR, Bonisseur de La Toile

« Cause idiopathique « => cause psychologique ? C’est pas automatique.

octobre 27, 2016 - 9:41 No Comments


« Il n’y a pas de vérités premières :
il n’y a que des erreurs premières »
Gaston Bachelard (1884-1962)

Qu’est-ce qu’une « cause idiopathique » ?

La médecine, notamment occidentale, essaie toujours de garder la tête haute en évitant de se montrer impuissante face à certaines pathologies. Elle peut utiliser des termes très scientifiques et surtout très hermétiques pour expliquer la cause comme « idiopathique », plus court mais aussi plus pompeux que « dont on ne connaît pas la cause »… D’où la pirouette de l’expression « cause idiopathique » utilisée dans le titre : on vous donne au-moins une réponse logique sur une question fondamentale. En quelque sorte, le médecin vous dit : « je connais la cause, c’est une cause inconnue ! » ;)

Et la cause psychologique ?

Une autre arme infaillible est de rendre responsable le malade de son propre trouble en lui annonçant que la cause est psychologique, histoire de se défausser en tant que professionnel du soin et de retourner le patient contre lui-même, ce qui risque de ne pas arranger les choses mais qui offre l’avantage d’être « scientifiquement vraisemblable ».
En effet, on peut scientifiquement dire, par exemple, que tout le monde est plus ou moins stressé, que sur une échelle de 0 à 10, le curseur mis sur 0 est impossible (hors décès). De plus, il est vrai que le mauvais stress n’arrange jamais la santé, tout le monde le sait : un boulevard de vérité dans la recherche d’une réponse scientifique, fiable.

Ceci étant, le médecin qui annonce qu’un problème par exemple de peau est lié au stress, s’assure de dire une lapalissade du moins tant qu’il n’ajoute pas le mot « psychologique ».
Tout le monde sait que la peau (organe le plus important du corps humain) est très sensible au stress : le coup de soleil est, par exemple, lié au stress,… celui des rayons du soleil.

Heureusement, le bon sens pousse le plus souvent le médecin à éviter de dire de façon directe que le problème est psychologique, ce qui ne l’empêche pas de prescrire éventuellement une médication qui va dans ce sens. Il sait trop bien qu’il n’a pas intérêt à condamner psychologiquement son patient s’il veut le revoir.

Ceci étant, bien des pathologies ont certainement une cause première psychologique (j’avais lu un jour 5/6 des consultations médicales mais je me suis toujours demandé sur quelle base scientifique on avait pu s’appuyer pour déterminer cette proportion, alors contentons-nous de supposer : beaucoup !).

Il est cependant malvenu de dire qu’une pathologie idiopathique est liée au stress psychologique. Mais pourquoi ?

Il y a au-moins deux bonnes raisons :

1 – Tout bêtement d’abord parce qu’elle est idiopathique. Il n’y a donc rien de scientifique dans ce genre d’affirmation. On ne peut pas certifier le supposé, c’est une lapalissade, je vous le dis.

Bien sûr, certains pourraient rétorquer que le stress psychologique peut être à la base de désordres organiques. C’est vrai mais, tant qu’on n’a pas de preuves, bien malin est celui qui peut certifier l’origine d’un trouble, qui de l’œuf ou de la poule est venu le premier. Certifier une théorie plutôt qu’une autre, c’est se perdre dans les méandres de l’incertitude. Après tout les théories ne soumettent que des hypothèses et non des certitudes. Il faut s’en servir pour avancer mais en aucun cas s’enfermer dans un préjugé. De plus, il ne faut pas confondre ce qui engendre un trouble et ce qui peut l’entretenir.

2 - Il faut savoir aussi que, face à des troubles dont on ne connaît pas la cause, il est malvenu, et même surtout néfaste de dire que c’est psychologique.
Pourquoi ?
Annoncer au patient, surtout incidemment sans voie d’accès vers une solution, qu’il est responsable de son propre trouble n’arrange rien, bien au contraire, sauf peut-être pour celui qui l’annonce au malade. Une manière d’écarter d’un revers de main son propre engagement face à la pathologie pour le médecin qui laisse sortir le patient avec le sentiment coupable d’avoir créer lui-même son trouble.

Un exemple : l’ulcère de l’estomac

La médecine a eu les yeux embrumés pendant bien longtemps devant les ulcères de l’estomac, se contentant de dire que cette pathologie était liée au stress et prescrivant au passage des anti-stress au risque d’augmenter le problème.
Puis en 1981, on s’est aperçu qu’une bactérie, l’helicobacter pylori, était presque toujours la vraie responsable. Aujourd’hui, en combattant cette petite bébête, 90 % des ulcères sont traités sans récidive…

Tous les stress ne sont pas psychologiques et la cause psychologique, c’est pas automatique ! CQFD

Bienvenue sur ce blog interactif

septembre 4, 2016 - 11:00 No Comments

Faites comme Hubert Colombel, qui regroupe ici ses écrits, proposez les vôtres ou des références intéressantes. Nous souhaitons que ce site soit un lieu d’échanges et même d’édition gratuite pour vous.

Petit test de perception des couleurs

juin 2, 2016 - 11:26 No Comments

Comment trouver les nº ADELI, FINESS et RPPS ?

mai 22, 2016 - 12:22 No Comments

Qui n’a pas été un jour confronté aux problèmes de codes professionnels (absence de numéro sur une prescription médicale, blocage administratif dans le cas d’une demande d’accord préalable, difficultés pour retrouver le nº FINESS d’un établissement de soins, etc…) ?

Le site logicmax.com vous guide dans la procédure pour les retrouver. Il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

>>>>Comment retrouver les nº ADELI, FINESS et RPPS ?<<<<
Sinon, pour consulter directement les annuaires, cliquer ci-dessous :

>annuaire des n° ADELI des professionnels de santé équipés d’une CPS < (*)

>annuaire des n° FINESS des établissements de soins<

Il faut savoir que s’il n’est pas possible de retrouver une référence, les caisses peuvent vous sortir du pétrin en vous donnant parfois au pire… un numéro fictif. Donc, à chaque problème, une solution. Cool !

(*) CPS = Carte de Professionnel de Santé

Quand l’enfant lit ou écrit en miroir

mai 16, 2016 - 6:22 No Comments

Les perceptions et productions en miroir sont fréquemment observées notamment par les psychomotriciens qui sont amenés à suivre ce genre de troubles. Ce n’est pas un gros problème sur le long terme car ces enfants s’en sortent toujours à partir du moment où il n’y a pas de troubles associés qui cristallisent le phénomène (manque de confiance, etc.). Il est donc très important que les adultes qui s’occupent de l’enfant n’aient pas une démarche de focalisation sur le trouble, tout au plus des moyens pour fixer la perception (ex : «b » comme bébé dans le ventre de la maman… à condition de repérer le sens de lecture, etc.).

Le pédagogue ne doit en aucun cas :
- amener ces enfants à travailler les lettres miroir dans le même moment car ils ont justement cette plasticité de voir les lettres en miroir (il ne faut réserver cette démarche que dans le suivi rééducatif et encore avec beaucoup de doigté),
- dire que « la lettre est à l’envers », pour la même raison.
En clair, il faut amener l’enfant trop doué pour voir les formes en miroir à ne plus reconnaître la symétrie des formes (exactement comme l’adulte qui est obligé de réfléchir pour constater que 3 et ɛ sont les mêmes formes). On ne lui a jamais appris cette symétrie et c’est tant mieux.

Moralité : apprendre c’est aussi désapprendre : qu’un triangle ait la pointe en haut ou en bas, nous disons toujours que c’est un triangle mais ce n’est pas le cas pour les chiffres et les lettres.
L’enfant doit s’y conformer aussi psychologiquement : si un enfant me dit qu’il a fait un chiffre ou une lettre à l’envers, je lui réponds : « non, c’est un gribouillis ! » ou s’il me dit qu’il a fait son 3 à l’envers, je lui dis la réalité : il vient d’écrire une lettre grecque (le « 3 à l’envers » n’existe pas dans notre code de lecture ….)