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« Cause idiopathique « => cause psychologique ? C’est pas automatique.

octobre 27, 2016 - 9:41 No Comments


« Il n’y a pas de vérités premières :
il n’y a que des erreurs premières »
Gaston Bachelard (1884-1962)

Qu’est-ce qu’une « cause idiopathique » ?

La médecine, notamment occidentale, essaie toujours de garder la tête haute en évitant de se montrer impuissante face à certaines pathologies. Elle peut utiliser des termes très scientifiques et surtout très hermétiques pour expliquer la cause comme « idiopathique », plus court mais aussi plus pompeux que « dont on ne connaît pas la cause »… D’où la pirouette de l’expression « cause idiopathique » utilisée dans le titre : on vous donne au-moins une réponse logique sur une question fondamentale. En quelque sorte, le médecin vous dit : « je connais la cause, c’est une cause inconnue ! » ;)

Et la cause psychologique ?

Une autre arme infaillible est de rendre responsable le malade de son propre trouble en lui annonçant que la cause est psychologique, histoire de se défausser en tant que professionnel du soin et de retourner le patient contre lui-même, ce qui risque de ne pas arranger les choses mais qui offre l’avantage d’être « scientifiquement vraisemblable ».
En effet, on peut scientifiquement dire, par exemple, que tout le monde est plus ou moins stressé, que sur une échelle de 0 à 10, le curseur mis sur 0 est impossible (hors décès). De plus, il est vrai que le mauvais stress n’arrange jamais la santé, tout le monde le sait : un boulevard de vérité dans la recherche d’une réponse scientifique, fiable.

Ceci étant, le médecin qui annonce qu’un problème par exemple de peau est lié au stress, s’assure de dire une lapalissade du moins tant qu’il n’ajoute pas le mot « psychologique ».
Tout le monde sait que la peau (organe le plus important du corps humain) est très sensible au stress : le coup de soleil est, par exemple, lié au stress,… celui des rayons du soleil.

Heureusement, le bon sens pousse le plus souvent le médecin à éviter de dire de façon directe que le problème est psychologique, ce qui ne l’empêche pas de prescrire éventuellement une médication qui va dans ce sens. Il sait trop bien qu’il n’a pas intérêt à condamner psychologiquement son patient s’il veut le revoir.

Ceci étant, bien des pathologies ont certainement une cause première psychologique (j’avais lu un jour 5/6 des consultations médicales mais je me suis toujours demandé sur quelle base scientifique on avait pu s’appuyer pour déterminer cette proportion, alors contentons-nous de supposer : beaucoup !).

Il est cependant malvenu de dire qu’une pathologie idiopathique est liée au stress psychologique. Mais pourquoi ?

Il y a au-moins deux bonnes raisons :

1 – Tout bêtement d’abord parce qu’elle est idiopathique. Il n’y a donc rien de scientifique dans ce genre d’affirmation. On ne peut pas certifier le supposé, c’est une lapalissade, je vous le dis.

Bien sûr, certains pourraient rétorquer que le stress psychologique peut être à la base de désordres organiques. C’est vrai mais, tant qu’on n’a pas de preuves, bien malin est celui qui peut certifier l’origine d’un trouble, qui de l’œuf ou de la poule est venu le premier. Certifier une théorie plutôt qu’une autre, c’est se perdre dans les méandres de l’incertitude. Après tout les théories ne soumettent que des hypothèses et non des certitudes. Il faut s’en servir pour avancer mais en aucun cas s’enfermer dans un préjugé. De plus, il ne faut pas confondre ce qui engendre un trouble et ce qui peut l’entretenir.

2 - Il faut savoir aussi que, face à des troubles dont on ne connaît pas la cause, il est malvenu, et même surtout néfaste de dire que c’est psychologique.
Pourquoi ?
Annoncer au patient, surtout incidemment sans voie d’accès vers une solution, qu’il est responsable de son propre trouble n’arrange rien, bien au contraire, sauf peut-être pour celui qui l’annonce au malade. Une manière d’écarter d’un revers de main son propre engagement face à la pathologie pour le médecin qui laisse sortir le patient avec le sentiment coupable d’avoir créer lui-même son trouble.

Un exemple : l’ulcère de l’estomac

La médecine a eu les yeux embrumés pendant bien longtemps devant les ulcères de l’estomac, se contentant de dire que cette pathologie était liée au stress et prescrivant au passage des anti-stress au risque d’augmenter le problème.
Puis en 1981, on s’est aperçu qu’une bactérie, l’helicobacter pylori, était presque toujours la vraie responsable. Aujourd’hui, en combattant cette petite bébête, 90 % des ulcères sont traités sans récidive…

Tous les stress ne sont pas psychologiques et la cause psychologique, c’est pas automatique ! CQFD

Maladie de Parkinson : RÊVES ET CAUCHEMARS (par Jean-Pierre LAGADEC)

décembre 28, 2015 - 5:47 No Comments

Presque tous les Parkinsoniens sont atteints de troubles du sommeil. Ces troubles sont fréquents et très variés, comme on peut le constater à la lecture d’un article publié dans le numéro 26 du Parkinsonien Indépendant d’Août 2006, publié sous le titre : «Des troubles du sommeil aux conséquences multiples».

Depuis quelques années, je suis victime de cauchemars qui rendent mes nuits dangereuses.
Aussi après vous avoir raconté mes mésaventures nocturnes, je vous donnerai l’avis des médecins et des chercheurs en neurosciences sur les cauchemars, avant de se demander : « que peut-on faire en tant que patients ? »

Des nuits agitées

Depuis le début de ma maladie, il m’arrive parfois dans mon sommeil de m’agiter dans le lit conjugal, de lancer des coups de pied ou de bras, tout en criant ou en insultant un ennemi imaginaire. Réveillé en urgence par mon épouse, qui songe surtout esquiver les coups, je ne conserve aucun souvenir de ce cauchemar. Quand mon épouse me raconte ce que j’ai fait et dit, je suis tout à fait incapable d’en expliquer le contenu par des évènements de ma vie. Je n’ai pas d’ennemi, et je n’utilise pas de mots orduriers.

De plus, il m’est arrivé à la suite de cauchemars, des incidents qui auraient pu être plus graves. Une nuit, tombant du lit en plein sommeil, je me suis blessé légèrement et je pense que j’étais plus ou moins debout avant de tomber. J’ai continué ensuite à faire des cauchemars sans conséquence jusqu’à ce dimanche de fin Août 2015 où un nouveau cauchemar m’a envoyé aux Urgences de l’hôpital pour 5 points de suture au nez.

Certains lecteurs doivent penser que j’exagère dans la description de ces nuits agitées. A ces lecteurs sceptiques, je conseillerais la lecture d’un article intitulé : «Quand vivre son rêve, c’est le cauchemar des autres», où le docteur Delphine Oudiette évoque par exemple des tentatives de strangulation ou de défenestration. Je pense que beaucoup de Parkinsoniens sont sujets aux cauchemars. La plupart d’entre eux préfèrent ne pas en parler. Les conjointes (ou conjoints) victimes de ces extravagances se confieraient plus volontiers.

Des rêves paisibles

Tout d’abord quelques rappels sur le sommeil (Source : Institut National du Sommeil). Notre sommeil se divise en trois phases : le «sommeil léger», le «sommeil lent profond» et le «sommeil paradoxal». L’alternance entre ces trois phases forme un cycle de sommeil qui s’étale sur près de 90 minutes. Une nuit complète correspond généralement à 4, 5 ou 6 cycles, soit l’équivalent de 6 à 9 heures de sommeil.

Le sommeil paradoxal est de loin la phase la plus fascinante pour les chercheurs ! Contrairement aux précédentes, elle se caractérise par une relance très importante de l’activité cérébrale. Alors que nous sommes bien installés dans notre sommeil, c’est à ce moment que les rêves se bousculent dans notre tête. Le pouls et la respiration sont alors irréguliers. On note une atonie musculaire et la présence de mouvements oculaires rapides sous les paupières fermées. C’est cette atonie, qui permet au dormeur, en bloquant ses mouvements d’avoir des rêves paisibles. Le sommeil paradoxal représente, en moyenne, 20% de notre temps de sommeil.

Des cauchemars

Cependant, dès 1986, le psychiatre américain Carlos Schenck décrivait un trouble du sommeil paradoxal, caractérisé par une perte totale ou partielle de l’atonie musculaire et l’apparition de comportements indésirables (parler, frapper, sauter, injurier, etc…), Ce trouble a reçu la dénomination de «Trouble comportemental en sommeil paradoxal (TCSP) ou RBD en anglais. Pendant longtemps, on a considéré que ce trouble du sommeil paradoxal n’avait pas de conséquences sur la vie éveillée.

Mais des études plus récentes ont montré que les patients atteints de TCSP avaient un risque supérieur à la moyenne de voir s’installer une maladie neurodégénérative comme la maladie de Parkinson (MP), la démence à corps de Lewy (DCL) ou l’atrophie multisystématisée (AMS). Ces maladies débutent rarement de façon subite. Elles ont débuté sournoisement par atteinte des systèmes neuronaux plusieurs années avant le diagnostic clinique. D’autres études ont montré que chez un grand nombre de malades, le TCSP représente un stade précoce d’une maladie neurodégénérative, comme la maladie de Parkinson. Ce marqueur précoce pourrait permettre de détecter plus tôt de futurs Parkinsoniens et de les soigner dès que des traitements de neuroprotection seront disponibles.

Par ailleurs, il a été constaté que dans les populations de personnes diagnostiquées MP, plus d’un tiers d’entre elles étaient affligées d’un TCSP. Ces malades sont souvent atteints d’une dégradation de leurs fonctions cognitives, ce qui n’est pas le cas des malades non atteints d’un TCSP. Le TCSP est plus qu’une maladie du sommeil et présente des liens communs avec la maladie de Parkinson.

Protéger le conjoint et le dormeur

En présence de cauchemars, les solutions qui viennent immédiatement à l’esprit consistent, pour protéger le conjoint, à aménager le logement pour la nuit : lits séparés ou mieux chambres séparées. Pour protéger l’auteur des cauchemars, il y a lieu d’éloigner du lit tous les meubles qui pourraient être dangereux en cas de chute et même de prévoir des coussins amortisseurs. C’est à chacun d’imaginer les moyens d’éviter et d’amortir les chutes.

Consulter un neurologue ou un psychiatre.

Dans l’article cité en bibliographie, Carlos Schenck répond à des questions fréquemment posées sur les troubles du sommeil :

– en raison des progrès dans le diagnostic et les traitements, la plupart des troubles du sommeil peuvent être traités avec succès, par des médicaments ou un changement de mode de vie, ou les deux.
- ne pas s’inquiéter si les troubles sont peu fréquents. Par contre, si les troubles persistent et s’aggravent, on peut craindre un TCSP.
- l’ignorance est un handicap. Il est facile de nier les faits qui se sont passés pendant le sommeil. Il faut se faire raconter le contenu de ses cauchemars.
- tout le monde, même bien portant, peut avoir, pendant le sommeil, toute sorte de comportement, à partir de «basic instincts» : sexualité, nourriture, agression… etc.

En matière de traitement, Carlos Schenk préconise surtout l’utilisation du Clonazepam® (connu en France sous le nom de Rivotril®), qui selon lui serait efficace dans 90% des cas. Ce médicament a reçu en 1995 l’AMM en France où il est sur le marché depuis 1996. Son indication principale est le traitement de l’épilepsie chez l’adulte et l’enfant. Toutefois, signalons que le Rivotril® a été placé sur la liste des 77 et fait l’objet d’un suivi renforcé de pharmacovigilance. Ce médicament est disponible en pharmacie, aujourd’hui 15 septembre 2015.

Enfin, les lecteurs anglophones pourront lire avec profit le livre de Carlos Schenck : « Sleep The mysteries, the problems and the solutions » (disponible sur Amazon). Dans cet ouvrage, l’auteur traite de tous les problèmes et désordres du sommeil qui peuvent concerner tout le monde et donc les Parkinsoniens : insomnie, syndrome des jambes sans repos, apnée du sommeil, somnambulisme, terreurs nocturnes… etc, et bien entendu les TCSP.

En ce qui me concerne, autant j’avais tendance à oublier mes premières chutes, autant j’ai été perturbé par la dernière et cela m’incite à consulter un neurologue.

Biographie (accessible sur Internet)

- « Quand vivre son rêve est le cauchemar des autres » de Delphine Oudiette (scienceshumaines.com)
- « Trouble comportemental en sommeil paradoxal et maladies dégénératives » de Jean-François Gagnon (edk.fr)
- « Sleep Problems, Strange Behaviors, and When to See a Doctor», conseils de Carlos H.Schenck, MD, (health.com)

Jean-Pierre LAGADEC

N. B. : le numéro du 4e trimestre 2015 de la revue Le Parkinsonien indépendant publie ce même article. On y lit en post-scriptum qu’une lectrice attentionnée « signale que son mari évite les cauchemars en prenant chaque soir une gélule homéopathique Eschscholtz IA de « Natureactive » et pour le sommeil en général, prendre un petit de Chrono Dorm qui est de la Mélatonine. »

La « monométhodose infectieuse » selon Marcel

mars 22, 2015 - 5:58 No Comments

Qu’est-ce qu’un soignant sensé est censé soigner ?

UbR : Qu’appelez-vous « monométhodose infectieuse » ?

Marcel : Depuis bien longtemps dans ma vie professionnelle, j’ai repéré une maladie de soignant qui a sans doute tendance à se développer de plus en plus. Je lui donne le nom de « monométhodose infectieuse ».

C’est une maladie qui s’attrape lors de stages de formation autour d’une seule et même méthode de travail. Il s’agit d’un trouble insidieux qui semble d’autant plus toucher la population jeune, sans doute encore fragile professionnellement et souhaitant s’appuyer sur une technique de travail qui guide et rassure.

Cette maladie s’installe sournoisement et envahit l’individu au point d’atteindre le discernement, le raisonnement, l’adaptation et donc le soin approprié.

Forcément, cette pathologie vient largement perturber la capacité d’initiative du praticien : il risque de ne plus pouvoir agir correctement, de ne plus tenir compte des besoins immédiats et spécifiques du patient qu’il est censé soigner.

Le soigné devient objet de soin et non plus sujet.

Quand un malade n’est plus considéré comme sujet mais comme objet de traitement, c’est un comble n’est-ce pas ?

Cette maladie est d’autant plus virulente et insidieuse que le praticien ne s’en aperçoit pas, bien au contraire. Il a même l’impression que tout va bien depuis qu’il utilise cette méthode.
C’est elle qui décide en lui faisant suivre un protocole de soin, c’est à dire un cheminement obligatoire de prise en charge.
Un comble encore une fois.

Le praticien sort masqué en somme. Il ne peut pas être jugé dans sa pratique car il suit LA méthode.

UbR : Si le soin échoue, sera-ce la méthode qui sera en cause ?

Marcel : Que nenni ! Ce sera le patient lui-même car il n’aura pas su s’adapter à une technique qui a fait ses preuves. En tous les cas le praticien s’en sortira blanchi.

UbR : Comment se déclare la maladie ?

Marcel : Elle se déclare lors d’une formation spécifique autour d’une méthode présentée comme originale et surtout censée être unique et exclusive au point de porter un nom permettant l’exclusivité avec un petit ® pour protéger la marque de fabrique.
Bien évidemment cette formation, bien rodée sur le plan marketing, a un coût mais le praticien sort de là avec un diplôme « es bidule chouette » lui donnant l’impression d’être féru en la matière, même s’il lui faudra faire une remise à niveau, qui a un coût elle aussi bien sûr, pour continuer à bénéficier de l’estampille de la méthode et pour être inscrit sur la liste de la corporation.
Et le tour est joué.
Bien entendu, les tenants de la méthode auront pris soin de se protéger en interdisant la diffusion des techniques utilisées, du fameux protocole de soin, faisant fi de l’éthique professionnelle et prétextant qu’il est impossible d’utiliser ces moyens sans une formation spécifique. Évidemment, à leurs yeux, les autres professionnels ne peuvent être qu’incompétents dans le domaine même si toutes les méthodes ne font souvent qu’associer des techniques déjà utilisées en y mettant une touche personnelle, voire une originalité pour justifier le dépôt de la marque.
Le pire est certainement d’ailleurs d’avoir été formé par des personnes qui ne connaissent que cette méthode.

UbR : Toutes les méthodes présentent-elles le même risque ?

Marcel : Non bien sûr. Seules celles qui correspondent à certains critères sont à risque.

UbR : Quels peuvent être ces critères ?

Marcel : La liste est longue mais quand une méthode rassemble un grand nombre des critères suivants, on peut réellement se méfier :

La méthode qui :

1 – s’appuie sur une idée originale à la base souvent intéressante pour asseoir sa particularité, sa popularité voire son exclusivité,

2 – propose une formation bien orchestrée pouvant être courte mais relativement chère, voire très chère, laissant croire à une exclusivité dans le sérieux et l’efficacité,

3 – s’est organisé pour objectiver son efficacité en interne, c’est-à-dire par des membres déjà formés à cette même méthode, donnant lieu à des diffusions multiples sous forme d’articles et de livres avec graphiques à l’appui,

4 – fait signer un contrat interdisant aux stagiaires la diffusion d’informations (la préservation de la propriété intellectuelle primant sur l’éthique de soin. Enfin voyons ! Il ne faut pas non plus risquer de donner l’impression d’avoir simplement récolté des techniques déjà utilisées ailleurs),

5 – organise des stages et surtout des remises à niveau en présence de formateurs exclusivement formés à la méthode,

6 – décerne en fin de parcours un pseudo-diplôme au nom suffisamment ronflant pour épater la galerie,

7 – établie une liste des personnes déjà formées en leur imposant des remises à niveau sous peine de se voir rayé de la liste,

8 – fait un matraquage médiatique surtout auprès des hautes sphères décisionnelles, pour mieux vendre sa marchandise mettant en avant notamment les trois premiers critères énoncés ci-dessus, c’est-à-dire les trois « o » : originalité, orchestration, objectivation,

9 – chemin et succès faisant, cherche à développer le concept dans d’autres domaines, vers d’autres professions et d’autres troubles au risque de s’éloigner un peu trop du champ d’action efficace à la base et de laisser percevoir finalement une anguille sous roche (succès quand tu nous tiens…).

UbR : Comment se soigner ?

Marcel : Même si elle peut être virulente, envahissante, engluante, sclérosante, cette maladie se soigne très bien. Elle sera combattue par d’autres approches thérapeutiques complémentaires voire d’autres méthodes soit similaires, soit même aux antipodes. Une prise de conscience et un certain recul thérapeutique s’installera rapidement permettant enfin l’adaptation praticien/patient et non plus méthode/patient.

UbR : connaissez-vous vraiment des méthodes qui répondent à tous ces critères que vous venez d’énumérer ?

Marcel : oui, bien sûr !

UbR : N’exagérez-vous pas le tableau ?

Marcel : J’aimerais bien.

UbR : Comment éviter la propagation du virus ?

Marcel : En en parlant autour de vous et en partageant cet article. ;)

NDLR : propos qui n’engagent que Marcel, mais qu’en pensez-vous ?

Réingénierie de la formation de psychomotricien (pétition) et réflexion…

novembre 30, 2014 - 8:44 1 Comment

Des pétitions circulent sur le net ou ailleurs pour réclamer un niveau master dans la formation des psychomotriciens. Vous pouvez signer en cliquant sur la ligne suivante :
>>>>Je signe la pétition pour réclamer le niveau Master dans la formation des psychomotriciens

J’y ai cependant glissé le commentaire suivant qui peut paraître pessimiste alors qu’en fait, il est à mon sens réaliste. Vous avez vu des choses bouger, vous, depuis l’inscription des compétences du psychomotricien au JO en 1988, soit 14 ans après la création du DE ?

« Contrairement au Certificat de Capacité en orthophonie, les DE des auxiliaires médicaux ne s’inscrivent pas dans le cursus LMD des universités => que les DE obtiennent le niveau master ce n’est pas gagné car il faudrait changer l’organigramme de santé. Comment voulez-vous que la corporation médicale accepte que tous ces auxiliaires deviennent cadres ? Je ne me suis jamais fait d’illusion. Mais qui ne tente rien n’a rien… (Hubert Colombel, psychomotricien-orthophoniste-psychothérapeute : un dinosaure de la santé qui n’a jamais mangé de couleuvres) »

Vive la main d’œuvre étrangère ?

Peut-être que dans 30 ans on accordera un niveau master pour attirer les professionnels en les payants un peu plus que le SMIC tout simplement parce qu’il y aura un grand manque de personnes pour s’occuper de la population vieillissante. Mais, je crois qu’en réalité on fera appel à une main d’œuvre étrangère pour pouvoir continuer à sous payer. N’est-ce pas déjà le cas en médecine dans nos hôpitaux ? En effet, avant d’être inscrit à l’Ordre, un médecin étranger est « attaché associé » ou « attaché spécialiste ». Ils sont 55% dans ce cas et touchent en moyenne un salaire inférieur de 40%… Une aubaine pour la gouvernance financière.

Illustration par l’exemple :
Côté gestion de la santé tout peut aller tant qu’on ne se retrouve pas dans des situations cocasses comme celle que j’ai pu rencontrer un jour :
un médecin scolaire à l’accent à couper au couteau, venant de je ne sais quelle contrée, n’avait pas trouvé mieux que de revisiter mon diagnostic de dysorthographie en dictant, en autres cocasseries, le mot « choux » (en insistant sur le x, bien sûr) à un enfant de 6e. Elle m’avait appelé pour me dire qu’elle ne voyait pas de problème, qu’il lisait bien (forcément, il était dysorthographique et aucunement dyslexique). On ne me l’avait jamais faite celle-là. Comme j’étais en pleine consultation au moment où elle m’a appelé, je n’ai pas tiré les choses au clair mais heureusement les parents et l’enfant ont compris que les compétences en la matière ne se trouvait pas au niveau de ce médecin, sans doute parachutée de je ne sais quelle planète, une remplaçante, je l’espère.
D’ailleurs au passage, il faudrait dire à certains médecins qu’un doctorat ne donne pas les compétences en tout. Certains en ont conscience et le disent mais d’autres se permettent de brasser tellement large qu’ils arrivent à éveiller l’incrédulité du patient… Comment par exemple un médecin de médecine fonctionnel ou un pédiatre peut, en dehors de ses compétences médicales, arriver à prétendre, avec un aplomb extraordinaire, sans remuer le sourcil gauche, maîtriser aussi le domaine du langage oral et écrit ? C’est un exemple. Il y a quelque chose qui m’échappe, mais c’est une autre histoire qui mériterait qu’on s’y attarde dans un autre article…